mardi 11 septembre 2012

"Open Data!"

RSLN : Que représente le développement de l’open data dans la grande aventure du numérique ?
 
Bernard Stiegler : C’est l’aboutissement d’une rupture majeure déjà largement entamée, et qui n’a rien à voir avec les précédentes. Toutes les technologies monopolisées par l’industrie de la culture, au sens large du terme, pendant un siècle, sont en train de passer entre les mains des citoyens.
 
C’est un événement d’une ampleur comparable à l’apparition de l’alphabet qui, comme technique de publication, c’est à dire de rendu public, est au fondement de la res publica, tout comme à ce qui s’est déroulé après Gutenberg et la Réforme, généralisant l’accès à l’écriture imprimée et au savoir.
 
À présent, toutes les activités industrielles, culturelles et scientifiques laissent désormais une trace numérique que chacun peut exploiter grâce à des outils de plus en plus accessibles. Il s’agit d’un enjeu plus que majeur : c’est un changement d’époque. Et pour penser le phénomène d’open data qui est en un aspect singulier, il faut réfléchir aux métadonnées : ce sont elles qui rendent les données actives.
 
RSLN : L’Open data n’est qu’un maillon de cette révolution…
 
Bernard Stiegler : Chacun d’entre nous non seulement utilise désormais les outils numériques, mais participe à travers leurs pratiques à la production des métadonnées. Or, les métadonnées jouent un rôle déterminant dans les destin humain depuis la protohistoire : on a découvert aux XIXè et XXè siècles des tablettes d’argile couvertes d’écriture cunéiforme qui décrivaient le contenu d’autres tablettes – ce sont les premiers systèmes d’indexation connus : les premières métadonnées. 
 
Celui qui maitrise la production des métadonnées a un pouvoir sur la mémoire collective : il peut conditionner les débats publics et les apprentissages. Avec le numérique, cette production qui était autrefois top down devient bottom up, ce qui modifie la production et la diffusion des savoirs, qui n’est plus l’apanage des seuls pouvoirs constitués (politiques, religieux, industriels…) – l ’exemple typique de ce transfert étant Wikipédia. 
 
Bien sûr, le mouvement est très désordonné et encore peu analysé, outre que, si certains créent des métadonnées de façon consciente, beaucoup le font sans s’en rendre compte via les cookies qui se « déposent » dans leurs ordinateurs ou en s’auto-indexant sur le web via Facebook ou sur leurs blogs. 
 
Des idéologies différentes
 
 
RSLN : Comment ce désordre peut-il devenir vertueux ?
 
Bernard Stiegler : Le dessin de la société de demain dépendra de la prise conscience de l’importance de ce phénomène. Si elle est insuffisante, nous nous exposons à une véritable robotisation de la société, dont seuls quelques-uns auront la maitrise. Il faut donc absolument en délibérer de façon publique et raisonnée. 
obama cameron 
C’est dans le contexte de cette nouvelle possibilité démocratique que l’open data vient s’inscrire. Quantité de pouvoirs détiennent des données qu’ils ne veulent pas abandonner parce que leur pouvoir même repose sur cette rétention de l’information. En même temps, nous savons que le secret peut être nécessaire – qu’il s’agisse de celui qui protège la vie privée, ou de celui qui permet d’éviter la guerre, et qui inscrit dans le temps réel de al décision un temps différé qui est aussi celui de la réflexion. 
 
Reste que la démocratie est toujours liée à un processus de publication – c’est à dire de rendu public – qui rend possible un espace public : alphabet, imprimerie, audiovisuel, numérique. La critique avancée par Platon de l’usage de l’écriture par les Sophistes nous montre que cela comporte aussi bien des dangers. 
 
C’est à une refondation totale de la chose publique qu’il va falloir procéder – et ici, il ne faut pas laisser ce devenir se produire à la seule initiative du monde économique, c’est à dire des seuls intérêts privés, dont la crise économique nous montre qu’ils ne coïncident jamais avec le bien public.
 
RSLN : Le mouvement Open data naissant semble néanmoins répondre à des objectifs et même des idéologies parfois très différentes ? 
 
Bernard Stiegler : C’est vrai. Ainsi, pour Barack Obama et Al Gore qui le conseille, il s’agit sans doute de reconstituer un pouvoir critique inspiré des Lumières et des « pères fondateurs » contre l’hégémonie des industries culturelles. 
 
Alors que dans l’esprit du néo-libéral David Cameron en Grande-Bretagne, l’objectif consiste plutôt à court-circuiter les services publics. 
 
 
RSLN : Justement, le développement de l’Open data peut-il résister aux exigences de rentabilité qui ne sont pas évidentes à court terme ? 
 
Bernard Stiegler : Je défends le modèle de l’économie de la contribution, qui prend en compte ce que les économistes appellent des externalités positives, où il s’agit de valoriser des activités qui sont exercées en dehors du marché, et qui procèdent aussi du développement de l'empowerment, au sens où en parle Amartya Sen. Pendant la période du baby boom, le travail d’éducation de la mère qui s’exerçait en dehors de la sphère économique était parfaitement pris en considération – et je ne crois pas que l’on puisse monétariser cette activité en en faisant du « service ».
 
L’intelligence collective est devenue la principale valeur économique. Les meilleures idées naissent dans ces terreaux fertiles et ces savoirs communs qui n’ont généralement pas de modèle immédiatement rentable et relèvent de la « pollinisaiton ».
 
Le résultat est beaucoup plus intéressant que ce que peuvent nous imposer l’Etat jacobin ou les grandes entreprises, dont l’intelligence devrait être de se mettre au service de la valorisation de toutes ces nouvelles plantes en germe. Le rôle de la puissance publique est, sans doute dans le cadre de partenariats public-privé, de favoriser la création d’espaces capables de favoriser ces processus de valorisation.

lundi 10 septembre 2012

"Une" du Libé du 10 Septembre 2012


KILL BILL – Une femme enceinte décapite son violeur en Turquie


Uma Thurman dans Kill Bill, de Quentin Tarantino.
Uma Thurman, alias "Black Mamba", l'héroïne de Kill Bill qui assouvit sa vengeance à la pointe de son katana, vient de trouver un avatar dans la réalité. En Turquie, une femme enceinte de 26 ans a tué puis décapité l'homme qui avait abusé d'elle pendant plusieurs mois avant de jeter sa tête dans le square du village, rapportent le Daily Mail et la presse turque (1, 2, 3) Quand la police l'a interpellée, cette jeune mère de deux enfants a lancé : "Voici la tête de celui qui a joué avec mon honneur. Tout le monde aurait insulté mes enfants. Désormais, personne ne pourra le faire. J'ai lavé mon honneur. Les gens parleront de mes enfants comme étant ceux de la femme qui a lavé son honneur."

La jeune femme, enceinte de cinq mois, demande aux autorités de l'autoriser à avorter malgré le fait que les dix semaines de grossesse prévues par la loi turque soient dépassées depuis longtemps. Celle qui est devenue une héroïne pour des groupes féministes turcs avait été violée pendant des mois par son agresseur, qui avait pris des photos d'elle nue et menaçait de les envoyer à ses parents si elle refusait de coucher avec lui. Elle s'est finalement procuré un revolver, lui a tiré dessus à dix reprises, dont plusieurs fois dans les parties génitales, avant de lui couper la tête et de la jeter dans un square. L'autopsie a révélé que l'homme avait également été poignardé au ventre avant de mourir.

Blog Big Browser, le 04.09.2012.  
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr

lundi 3 septembre 2012

Les cinq phrases à retenir de la convention républicaine

Le Monde, 31.08.2012. 

"Vous savez qu'il y a un problème dans sa présidence, parce que le jour où vous étiez le plus fier a été le jour où vous avez voté pour lui" - Mitt Romney

Il "est temps de mettre derrière nous les déceptions de ces quatre dernières années, de mettre de côté les divisions et les reproches", devrait-il aussi déclarer.La phrase la plus affutée de la convention, lancée par Mitt Romney dans un discours d'acceptation qui a été qualifié de passable par la plupart des observateurs. Le candidat désormais officiel du Parti républicain s'en est pris au bilan économique de son adversaire, mais également à sa manière de gouverner.

Il a tenté de convaincre les républicains, mais aussi les millions de personnes qui suivaient son discours à la télévision, que c'était lui, désormais, qui incarnait le changement. "Je sais que, il y a quatre ans, beaucoup d'Américains se sont enthousiasmés pour les possibilités offertes par un nouveau président. Mais aujourd'hui (...), pour la première fois, la majorité des Américains doutent que leurs enfants auront un meilleur futur. J'aurais aimé que le président Obama réussisse, car je veux que l'Amérique réussisse. Mais ses promesses ont cédé la place à la déception et à la division. Ce n'est pas quelque chose que nous avons à accepter".

Entre deux passages très personnels, où il a essayé de partager ses expériences personnelles, sa vie de famille ou sa religion, Mitt Romney a martelé son message économique, ramené à sa plus simple signification, alors que le pays connaît un taux de chômage de 8,3 % : "Ce dont a besoin notre pays aujourd'hui n'est ni compliqué ni profond. Ce dont l'Amérique a besoin, c'est d'emplois. De beaucoup d'emplois". Il a promis de créer 12 millions d'emplois, l'indépendance énergétique en 2020 et la réduction des déficits.

Le monde à part des hassidim

Par Véronique Falez, Le Monde, 02.09.2012.

Le hassidisme a été fondé au XVIIIe siècle en Europe de l'Est.En Israël, on trouve actuellement un lieu unique où les juifs ultraorthodoxes, caftans noirs, chapeau noir et longues papillotes, côtoient de bon coeur des laïcs en short et en débardeur. Leurs regards ne s'évitent pas, ils convergent en direction des films, photos, costumes et documents réunis par le Musée d'Israël à Jérusalem, pour une exposition consacrée aux hassidim. Ce courant du judaïsme haredi - ultraorthodoxe - est certainement le plus mystérieux. Mouvement de renouveau religieux fondé au XVIIIe siècle en Europe de l'Est, le hassidisme conjugue deux objectifs majeurs : le refus du changement, de la modernité et la communion joyeuse avec Dieu, pratiquée sans réserve par le chant et la danse.

Les passants de Jérusalem croisent chaque semaine durant le shabbat les pères de famille hassidim coiffés d'un schtreimel, ce large chapeau en fourrure de forme cylindrique. Mais leur style vestimentaire hérité de leurs ancêtres, l'usage du yiddish et leur mode de vie centré sur l'étude et la famille font de leur communauté un monde à part.

"Il s'agit de la première exposition au monde sur les hassidim, personne n'avait jamais osé, note Ester Muchawsky-Schnapper, la commissaire de l'exposition. J'avais peur de heurter leurs sentiments, qu'ils n'acceptent pas ce travail objectif d'ethnographe, et qu'un rabbin dise "c'est inacceptable, il ne faut pas aller voir cette exposition"."

Tout au contraire, les hassidim s'y pressent. Il y a encore quelques semaines, ils ne savaient pas où se trouvait le Musée d'Israël, mais l'exposition affiche d'excellents taux de fréquentation, avec une moyenne de 1 500 visiteurs par jour, dont, régulièrement, 20 % d'ultraorthodoxes.

La curiosité des uns n'est pas celle des autres. Les laïcs courtement vêtus passent rapidement la première salle de l'exposition, où s'attardent à l'inverse les hassidim, bouleversés par les premières éditions de recueils enfermés dans les vitrines : des livres qui gardent les empreintes des premiers rabbins qui ont fait l'expansion du hassidisme. La pièce maîtresse pour les visiteurs hassidim est une étroite couronne en or, sertie de pierres précieuses, ciselée par un joaillier de Vienne au XIXe siècle, et dont l'illustre Rebbe de Shtefanesht ornait ses rouleaux de la Torah.

"A peine cette pièce était-elle arrivée de Londres, du Musée Victoria & Albert, que trois "cours" ont appelé pour demander à toucher la couronne", s'amuse Ester Muchawsky-Schnapper. Le monde hassidique est en effet organisé en "cours", constituées autour d'un rebbe , le terme yiddish pour nommer celui qui a toute autorité sur sa communauté. "Il est bien plus qu'un rabbin, il est le père de toute la cour. Par exemple, si un hassid a un problème de santé, il va d'abord consulter son rebbe, explique la conservatrice du Musée. Comme on le voit dans les films de l'exposition, les fidèles donnent au rebbe un papier avec leurs souhaits existentiels, car ses prières sont plus proches de Dieu. Certains rebbe ont fait des miracles, et dans ce cas on conserve leurs habits comme les reliques d'un saint. Elles sont si précieuses qu'aucune famille n'a accepté de les prêter au Musée le temps de l'exposition."

Les laïcs, "ceux de Tel-Aviv", comme les appellent sévèrement certains religieux, observent longuement les costumes, les caftans, les manteaux en soie et velours, la forme des chapeaux. De loin, ils semblent tous identiques, pourtant ils disent tout de l'identité du hassid qui le porte. Deux films retiennent particulièrement l'attention des visiteurs novices. Celui d'un mariage hassidique où l'on voit la timide mariée, le visage couvert d'un voile blanc, danser avec le rebbe, reliés l'un à l'autre par une longue ceinture de soie blanche. Et celui d'une fête de Pourim, au cours de laquelle les hommes de la communauté ont le devoir de boire à en perdre tout discernement.

"Ce monde est tellement fermé, c'est inédit de le découvrir", s'exclame Sarah, qui habite Jérusalem et se dit religieuse. Beaucoup de collègues arabes de la conservatrice du Musée se sont précipités à l'exposition, curieux de voir comment vivent ces hommes aux costumes d'antan et au regard fuyant, et que l'on découvre dans leur intimité joyeux et chaleureux. Kadia, âgée d'une cinquantaine d'années, retrouve sur les photos certaines coutumes pratiquées par ses grands-parents religieux. "C'est merveilleux de permettre l'accès aux bons côtés de cette communauté, et d'utiliser l'art pour dresser un pont entre religieux et non-religieux", affirme-t-elle.

L'exposition constitue un petit miracle en Israël. Des hassidim heureux de se dévoiler et d'être célébrés au musée. Des laïcs passionnés par ces étranges voisins. Mais hors du musée, la magie est vite rompue. La tension est forte depuis que l'Etat cherche le moyen de partager le fardeau du service militaire avec les orthodoxes, jusqu'à présent exemptés. Plus anecdotique, cette querelle qui agite actuellement deux villes voisines au nord-ouest de Jérusalem, Modi'in et Modi'in Ilit. La première rassemble des habitants laïcs et religieux. La seconde est une colonie ultraorthodoxe de Cisjordanie. Le maire de Modi'in Ilit s'est engagé à interdire son futur site archéologique aux visiteurs non-haredim. Par mesure de rétorsion, le maire de Modi'in menace d'interdire son parc aux ultraorthodoxes. Ce pourrait être une fable, mais c'est un cas d'école.

vchocron@gmail.com

"A World Apart Next Door - Glimpses into the Life of Hasidic Jews".
Jusqu'au 1er décembre, Musée d'Israël, Jérusalem

samedi 1 septembre 2012

A Marseille, guerre de positions sur le recours à l’armée

Libération, 30.08.2012.  Par O. Bertrand et L. Bretton

L’élue socialiste Samia Ghali veut faire appel aux militaires pour endiguer le grand banditisme qui sévit dans la cité phocéenne. La proposition divise, à droite comme à gauche.


Faut-il déployer la troupe dans les quartiers Nord ? C’est la proposition que formule une socialiste, Samia Ghali, sénatrice et maire des XVe et XVIe arrondissements de Marseille (une partie des quartiers Nord). Dans une interview parue hier dans la Provence, l’élue, qui a grandi dans l’une de ces cités, a demandé l’intervention de l’armée pour «désarmer les dealers» et établir des barrages à l’entrée de certains quartiers, afin d’en interdire l’accès aux clients des trafics.

Un homme de 25 ans a été tué lors d’un règlement de comptes dans le XIVe arrondissement de Marseille mercredi soir.
(Photo Gérard Julien. AFP)
«Abandon». C’est un «cri d’alarme», a-t-elle précisé. Il a été largement entendu, et très diversement commenté. «L’armée, a répondu François Hollande, n’a pas sa place pour contrôler les quartiers de notre République. […] C’est le travail de la police, qui doit d’ailleurs être renforcée encore à Marseille, que de faire en sorte que soient éradiqués cette violence, cette criminalité et ces trafics.» Sur la même ligne, Jean-Marc Ayrault a appelé à se méfier «des formules toutes faites qui ne règlent rien», et a annoncé la tenue, jeudi, d’un comité interministériel consacré à la situation de Marseille, qui a connu mercredi soir son 14e règlement de comptes de l’année (19e pour l’ensemble de l’agglomération). «On ne va pas laisser Marseille devenir Naples», a promis hier le chef du gouvernement. La réunion doit «montrer la détermination du gouvernement à ne pas laisser les choses dériver comme cela s’est fait depuis des années», a-t-il ajouté. «Quand vous laissez à l’abandon, que vous avez un taux de chômage de 70% parmi les jeunes, que les logements sont dégradés, qu’on laisse l’école se déglinguer, alors se met en place une économie souterraine.»

Samia Ghali s’est dit satisfaite, hier, de cette annonce. Elle a reçu dans la matinée un appel du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, pour qui il est hors de question de faire appel à l’armée, car «il n’y a pas d’ennemi intérieur» à Marseille. «Ce n’est pas une fin en soi, a précisé la sénatrice à Libération. Si on me met des effectifs de police en nombre suffisant, avec du matériel et des véhicules en bon état, cela me va très bien. Mais j’ai le sentiment que lorsque l’on demande des renforts, on ne les a jamais. C’est pour ça que j’ai jeté un pavé dans la mare. La situation devient dramatique.»
Elle a raconté que, mercredi soir, les auteurs du dernier règlement de comptes ont «arrosé» si largement qu’un automobiliste voisin a retrouvé 14 impacts sur sa voiture. Localement, les réactions à ses propositions ont débordé largement du clivage gauche-droite. Patrick Mennucci, député et maire socialiste des Ier et VIIe arrondissements, proche de la sénatrice, a approuvé l’idée de «bloquer la route aux acheteurs qui se rendent en voiture sur les spots de vente de stupéfiants». Bruno Gilles, sénateur et maire UMP des IVe et Ve arrondissements, a salué le «courage politique» de l’élue et a trouvé logique de déployer l’armée, «puisque c’est une véritable guerre qu’il faut livrer aux trafiquants de drogue». Il propose de lancer«une enquête ou un référendum citoyen auprès de tous les habitants d’un arrondissement ou d’un quartier afin de les associer à cette lutte, de savoir ce qu’ils attendent, quelles solutions ils préconisent».

Jean-Claude Gaudin, sénateur et maire (UMP) de la ville, a dénoncé au contraire les propositions de la socialiste : «Mobiliser l’armée face au grand banditisme n’est en aucun cas une solution. La population de ces cités le vivrait comme un véritable appel à la guerre civile ! La seule réponse cohérente est de déployer, dans les plus brefs délais, de nouveaux moyens policiers, formés à gérer ce genre de conflits sur le terrain.» Sur la même longueur d’onde, Eugène Caselli, président socialiste de la communauté urbaine de Marseille, a rappelé que «dans une République, c’est à la justice et à la police de s’occuper de la sécurité des citoyens». Selon lui, «nous ne sommes pas en situation de révolte urbaine, l’armée n’apporterait rien face aux trafiquants». Il a appelé à un travail en profondeur, sur la sécurité, mais aussi sur les transports, le développement économique, l’école, la formation… Cela «dans une communauté urbaine qui est la plus pauvre de France au niveau des recettes fiscales, mais l’avant-dernière en matière de dotations globales de fonctionnement».

Empires. Le comité interministériel de jeudi promet cette approche transversale, en réunissant notamment le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, Christiane Taubira (Justice), Vincent Peillon (Education), François Lamy (Ville), Pierre Moscovici (Economie et Finances) et la marseillaise Marie-Arlette Carlotti (Lutte contre l’exclusion). «L’idée, comme à Amiens cet été, est de rétablir l’ordre pour ensuite intervenir en profondeur», explique l’entourage du Premier ministre. Mais Marseille propose une situation particulière. Les nombreuses petites cités de la ville ne sont pas soumises aux violences que connaissent nombre de grands quartiers français. En revanche, les trafics y sont dispersés et implantés en profondeur et depuis très longtemps. Certains territoires sont contrôlés au point que les visiteurs occasionnels sont interrogés sur leurs raisons de leur venue, parfois fouillés. C’est le cas à la Castellane, l’ancien quartier de la famille Zidane, que François Lamy, ministre de la Ville, est venu ausculter discrètement cet été.

L’enlisement économique de la ville a permis à des familles de trafiquants de bâtir des empires qui suscitent des appétits. La circulation accrue des armes fait le reste. Dans un marché de l’emploi devenu atone bien avant la crise, depuis la plongée du port en fait, elles sont parfois le premier employeur du quartier. Seuls des moyens massifs peuvent aider à sortir la ville de l’ornière. Tous les élus le savent. Les socialistes, qui se sont servis de l’exemple de la ville pour illustrer l’échec de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité, savent en plus qu’ils seront largement jugés là-dessus.

Marseille : Appeler l'armée ne réglera pas les problèmes

L'Humanité, le 30.08.2012.
 
Il faut mettre fin aux règlements de compte meurtriers qui touchent la région marseillaise depuis quelques mois. Cette situation est grave.

Mais ce n'est certainement pas en faisant quadriller la ville par l'armée que l'on pourra y faire face. Son métier n'est pas de lutter contre le crime. Cela ne règlera pas les problèmes. Les habitants des quartiers, en plus des difficultés d'emploi, de logement, de pouvoir d'achat n'ont pas besoin qu'on les fasse vivre dans des camps militarisés. C'est par les vertus de l'État de droit, de la démocratie et de la justice sociale que l'on pourra réellement changer les choses.

Il faut démanteler les trafics grâce à une police d'investigation dotée de moyens suffisants, il faut répondre,  aux problèmes sociaux qui sont particulièrement forts à Marseille. La pauvreté qui règne dans les quartiers est le résultat de longues années de politiques libérales qui ont détruit l'économie et l'emploi au profit des marchés financiers.

Pour en sortir, il faut des choix courageux qui pourront empêcher que les trafiquants y fassent leur terrain de jeu et y détruisent des vies.

Il faut proposer un avenir aux jeunes en les sortant du chômage et de la précarité qui sont leur quotidien. Marseille, trop longtemps délaissée, doit faire l'objet d'un effort particulier de l'État avec un véritable plan de relance. C'est avec les habitants, les associations, les éducateurs, les enseignants, les travailleurs sociaux, les agents des services publics que les autorités doivent agir. Ce sont eux qui doivent colorer de leur soif de vivre les quartiers de Marseille.

Pierre Dharréville, secrétaire de la Fédération PCF des Bouches-du-Rhône

A Marseille, la sécurité cherche toujours sa tête

30.08.2012. Vu de l'intérieur, http://delinquance.blog.lemonde.fr

A Marseille, Manuel Valls avait décidé de se laisser du temps, pour mettre en place une équipe solide et cohérente (directeur départemental de la sécurité publique, préfet délégué à la sécurité, préfet délégué à l'égalité des chances et préfet de région). Le ministre pourrait être contraint d'accélérer le mouvement après la polémique provoquée par l'appel à une intervention de l'armée dans les quartiers nord de la sénatrice PS Samia Ghali. D'autant plus que deux de ces postes sont actuellement vacants.

Première étape, la nomination d'un directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). Il n'y en a plus depuis juillet, et le départ de Pascal Lalle à la direction centrale. Selon nos informations, c'est Pierre-Marie Bourniquel, 61 ans, actuellement en poste à Bordeaux, qui va hériter du poste. Dans le milieu des commissaires, l'homme est surnommé "l'Amiral", car il a effectué l'essentiel de sa carrière dans le sud et jamais très loin de la mer (Perpignan, Toulon, Nice). Il devait prendre ses fonctions à la fin septembre. Le mouvement va probablement se précipiter.

Le cas d'Alain Gardère
Le ministre souhaitait, dans un deuxième temps, remplacer la chaîne préfectorale. Raphaël Le Méhauté, préfet délégué à l'égalité des chances, est parti au mois d'août, nommé secrétaire général du comité interminitériel de prévention de la délinquance (CIPD). Il reste deux hommes proches de l'ancien pouvoir: Hugues Parant, préfet de région, et Alain Gardère, préfet délégué à la sécurité, nommé par Claude Guéant en août 2011 à la suite d'un précédent coup de chaud médiatico-criminel à Marseille.

La cas d'Alain Gardère pourrait être réglé plus rapidement que prévu. Il est complexe. Politiquement, déjà, parce que l'homme a réussi à s'attirer les faveurs d'une partie du PS local, et notamment du député et maire du premier secteur (2e et 7e arrondissements, dans le centre) Patrick Mennucci. "Il a sécurisé le centre-ville avec les CRS, donc Mennucci est content", ironise-t-on Place Beauvau.
Il s'agit ensuite de trouver le remplaçant adéquat. Un homme susceptible de tenir tête aux syndicats, particulièrement puissants à Marseille, et de maîtriser les enjeux de sécurité publique comme de police judiciaire. Jeudi 30 août, le cabinet du ministre de l'intérieur ne tenait toujours pas son candidat idéal.

Laurent Borredon

Marseille : "L'armée au secours des cités"


La Provence, le 30 août 2012.

S. Ghali. Photo Guillaume Ruoppolo
La sénatrice PS maire des 15e et 16e arrondissements Samia Ghali veut des barrages militaires pour stopper les trafics

"Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir", estime la sénatrice-maire socialiste des 15e et 16e arrondissaements.

Face à l'insécurité et au trafic de drogue qui gangrènent certaines cités de Marseille, où le sang a encore coulé cet été, la sénatrice-maire PS des 15e et 16e arr. prône le recours à l'armée et le retour du service militaire.

Votre secteur fait partie des zones de sécurité prioritaires que vient d'instaurer le ministre de l'Intérieur. Qu'allez-vous proposer à Manuel Valls que vous allez rencontrer prochainement ?
Samia Ghali : Après ce nouvel été sanglant, il faut que les vérités soient dites. Je pense que les autorités ne mesurent pas la gravité de la situation. Les tueries qui se succèdent à Marseille deviennent une attraction médiatique nationale. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, le premier employeur des jeunes dans certaines cités, c'est le trafic de stupéfiants. La drogue fait vivre des familles entières. Les armes prolifèrent . On se tue pour un oui ou pour un non. Si rien ne bouge, on se dirige tout droit vers un système à l'américaine, avec des gangs qui se font la guerre sur des territoires où la loi n'a plus court.

La police, dont les effectifs doivent être renforcés dans les zones de sécurité prioritaires, est-elle devenue impuissante ?
S.G. : Ça ne sert plus à rien d'envoyer un car des CRS pour arrêter des dealers. Quand dix d'entre eux sont arrêtés, dix autres reprennent le flambeau ! C'est comme combattre une fourmilière. Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et puis pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir.

Vous réclamez des sanctions contre les acheteurs de drogue, alors qu'à gauche nombreux sont ceux qui prônent la dépénalisation de la consommation de cannabis.
S.G. : C'est facile de tenir ce discours assis dans un bureau quand vos enfants sont bien à l'abri ! Je ne supporte pas ces pseudo-gaucho-intello-bobo qui vous disent que fumer un chichon, ce n'est pas grave. Moi j'ai grandi dans une cité, je sais ce que c'est que les dégâts de la drogue. Une étude scientifique vient d'ailleurs de démontrer les ravages du cannabis sur le cerveau. J'ai vu des mères pleurer en demandant à la police d'arrêter leurs enfants qui se droguaient et les dealers qui leur vendaient leurs doses. On ne peut s'indigner le jour de l'existence des trafics et aller le soir acheter du cannabis ou de la coke dans les quartiers nord.

Comment aider les jeunes à ne pas tomber dans ces réseaux ?
S.G. : La plupart veulent s'en sortir, même ceux qui sont déjà dans les trafics. Dealer, ce n'est pas un idéal de vie. Mais sans travail, il n'y a pas d'issue. Avec la crise, on ne trouve même plus de petits boulots en intérim pour tenir quelques mois. C'est pourquoi je propose de rétablir une forme de service militaire qui permettrait à des jeunes descolarisés, sans emploi, sans formation de sortir de leur quartier, et même de quitter Marseille pour 8 mois, un an. Pour apprendre la discipline bien sûr, mais surtout pour découvrir un autre univers, une autre réalité que celle de la cité. Et retrouver espoir.

Un gouvernement de gauche peut-il réussir dans le domaine de la sécurité ?
S.G. : Ne plus avoir peur en rentrant chez soi, ce n'est ni de gauche ni de droite. Il s'agit aujourd'hui d'une question de moyens, qui manquent à Marseille. Le gouvernement doit faire un effort particulier pour cette ville, qui a accumulé beaucoup de retard en matière de logement, de transport, de mixité sociale. La création de zones de sécurité prioritaires, que je réclame depuis des années, est un premier pas.

Comptez-vous porter au Parlement des propositions de lois relatives à la sécurité ?
S.G. : Je voudrais faire voter un texte qui inclut les familles victimes, menacées, celles qui ont perdu un enfant, dans le dispositif Dalo, avec obligation de relogement prioritaire. Je travaille sur un autre texte qui permettrait d'accorder un crédit d'impôts aux foyers qui s'équipent de caméras de surveillance.

Propos recueillis par Sophie MANELLI

"L'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers", selon Hollande





Le Monde.fr avec AFP | 30.08.2012.

"L'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers." Comme Manuel Valls plus tôt dans la journée, le président de la République a balayé la proposition d'une élue socialiste de Marseille qui en appelait aux militaires pour lutter contre les trafics de drogue.
Samia Ghali, sénatrice socialiste.La sénatrice et maire PS des 15e et 16e arrondissements de la ville, Samia Ghali, s'exprimait jeudi dans un entretien accordé à La Provence, après qu'un homme de 25 ans eut été tué d'une rafale de kalachnikov, mercredi soir, dans les quartiers nord de Marseille. Depuis le début de l'année, quatorze personnes ont été tuées dans de tels règlements de comptes dans la ville, dix-neuf dans la région marseillaise.
"La gendarmerie peut être présente dans certaines zones, elle l'est. Et c'est le travail de la police, qui doit d'ailleurs être renforcée encore à Marseille, que de faire en sorte que soit éradiqués cette violence, cette criminalité et ces trafics", a déclaré François Hollande lors d'un point de presse avec le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

COMITÉ INTERMINISTÉRIEL EN SEPTEMBRE
En marge d'un déplacement en région parisienne consacré à l'éducation, le premier ministre a lui invoqué la nécessité de "montrer la détermination du gouvernement à ne pas laisser les choses dériver" dans cette ville. D'où la réunion, le 6 septembre, d'un comité interministériel consacré à l'élaboration d'un "programme d'action pour l'agglomération marseillaise". "Il est hors de question que l'armée puisse répondre à ces drames et à ces crimes. Il n'y a pas d'ennemi intérieur" à Marseille, avait assuré devant la presse le ministre de l'intérieur, qui a prôné "une réponse globale, en profondeur et particulièrement forte" à la criminalité.

Plus tard dans la journée, on apprenait de source policière qu'un nouveau directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) serait prochainement nommé dans les Bouches-du-Rhône. Pierre-Marie Bourniquel, actuel DDSP de la Gironde, qui avait auparavant occupé ces fonctions dans les Alpes-Maritimes, remplacera Pascal Lalle à Marseille.
"Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et puis pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir", affirme Samia Ghali dans La Provence.

"Après ce nouvel été sanglant, il faut que les vérités soient dites. Je pense que les autorités ne mesurent pas la gravité de la situation. Les tueries qui se succèdent à Marseille deviennent une attraction médiatique nationale", déplore l'élue, dont les arrondissements viennent d'être classés parmi les zones de sécurité prioritaire (ZSP) du ministère de l'intérieur.

GESTICULATIONS ET INACTION DU GOUVERNEMENT
De son côté, Valérie Rosso-Debord, déléguée générale de l'UMP, estime dans un communiqué que "les propos de Samia Ghali, qui réclame le recours à l'armée, devraient faire réagir l'Etat. (...) Cette ville n'a pas besoin de symboles mais d'une vraie politique de sécurité qui la sorte de l'ornière de la délinquance et du banditisme".
"Qu'une élue socialiste réclame l'intervention de l'armée pour mener une guerre contre les trafiquants en dit long sur les désarrois des élus socialistes face aux gesticulations et à l'inaction du gouvernement Ayrault en matière de lutte contre la délinquance et le banditisme", a indiqué Bruno Beschizza, secrétaire national de l'UMP à l'emploi des forces de sécurité.

NOUVELLE FUSILLADE 
Le meurtre de mercredi a eu lieu dans les quartiers nord de Marseille, dans le 14e arrondissement de la ville. L'homme a été pris pour cible peu après 23 heures boulevard Casanova, alors qu'il circulait dans une Twingo noire conduite par une jeune femme, a précisé le procureur de la République Jacques Dallest, présent sur les lieux.

Une trentaine de douilles, apparremment tirées par une Kalachnikov, ont été retrouvées sur la scène du crime, où les policiers procédaient aux premières constatations.Le couple se trouvait à un feu rouge quand les deux occupants d'un autre véhicule ont tiré à courte distance sur la victime, la criblant de balles avec un fusil d'assaut de type kalachnikov. La conductrice, très choquée, "n'a été que très légèrement blessée par des éraflures. Il est miraculeux qu'elle ait survécu", a souligné M. Dallest.


Une trentaine de douilles ont été retrouvées sur le lieu du crime, où les policiers procédaient aux premières constatations, protégés des regards des curieux par une bâche sombre, et recueillaient les premiers témoignages. L'homme, originaire des quartiers nord, était "connu des services de police pour différentes infractions", a ajouté le procureur. Selon une source proche de l'enquête, la victime a été identifiée et serait notamment mise en cause dans des affaires liées au trafic de drogue.

Un homme grièvement blessé par balle dans le quartier de La Viste à Marseille

Afp, le 31.08.2012.

Un homme de 44 ans a été grièvement blessé par balle dans la nuit de vendredi à samedi dans un bar des quartiers nord par un braqueur de 46 ans qui a été interpellé, a-t-on appris de sources concordantes. Les faits sont survenus vers 23 heures dans la cité de La Viste (15e arrondissement).

Le suspect, armé d'un fusil, selon une source proche de l'enquête, est entré dans l'établissement, "vraisemblablement pour voler la caisse", et a tiré un coup de feu, a précisé à l'AFP Christophe Barret, procureur de la République adjoint.

Les clients ont alors tenté de le maîtriser et "dans l'échauffourée, l'un d'entre eux a été touché à la jambe". Transportée à l'hôpital nord de Marseille, la victime se trouvait samedi matin au bloc opératoire, les médecins ne pouvant se prononcer à ce stade sur son état, a indiqué un porte-parole de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille.

Le tireur, qui avait auparavant braqué un camion-pizza près de l'étang de Berre, a été placé en garde à vue à la Sûreté départementale, en charge de l'enquête. "Nous ne sommes pas du tout dans un règlement de comptes, pas du tout dans le grand banditisme", a souligné M. Barret.

Gaudin appelle à classer "tout Marseille en zone de sécurité prioritaire"

Le Monde, 01.09.2012.



Jean-Claude Gaudin, sénateur et maire UMP de Marseille.

Le débat autour de la violence qui touche la Cité phocéenne se poursuit. Vendredi 31 août, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, est revenu sur les remous provoqués par le 14e règlement de comptes en huit mois, jeudi, et les déclarations chocs de la sénatrice socialiste Samia Ghali, qui demande l'intervention de l'armée dans les quartiers nord.
  
"Si le premier ministre, qui a tenu des propos caricaturaux jeudi [il a estimé que la ville était "à la dérive", NDLR], s'intéresse à la question, je lui demande de classer toute la ville en zone de sécurité prioritaire (ZSP), comme cela a été fait à Lille. Il n'est pas acceptable que seules les circonscriptions de députés socialistes soient classées, et pas les autres", a-t-il déclaré dans une interview au Figaro.

Le maire UMP a par ailleurs réaffirmé que l'envoi de l'armée à Marseille serait contre-productif : "C'est une solution ubuesque condamnée par tout le monde et qui pourrait amener à une guerre civile. Marseille n'en est pas là. Ici, il y a des gens qui travaillent et qui sont exaspérés par la mauvaise publicité faite autour de ces règlements de comptes."

Et Jean-Claude Gaudin de rappeler que sa ville compte 3 000 policiers d'Etat et deux compagnies de CRS. Les 350 policiers municipaux vont en outre être "dotés armes non létales, comme les Flash-Ball, et de gilets pare-balles".