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dimanche 21 avril 2013

Le grand blues des policiers marseillais

Rédigé par Frédéric Ploquin le Vendredi 19 Avril 2013

Rien ne va plus dans la police marseillaise, où le manque d'effectifs criant déstabilise les troupes. Et perturbe la "reconquête" du territoire annoncée en haut lieu. Le directeur départemental de la sécurité publique aurait pris les choses en main.
 
Après les ripoux de Marseille, voilà les policiers de la capitale phocéenne au bord de la crise de nerf. Le « burn out » guette une bonne partie des effectifs de la sécurité publique dans le premier arrondissement, le territoire de l’élu socialiste Patrick Menucci, englobant une partie du Vieux port. Au point qu’ont été saisis voilà quelques jours le « pôle vigilance suicide » et la « cellule veille » du ministère de l’Intérieur.
Les conditions de travail se seraient dégradées au fil des semaines, comme le rapporte cette note adressée le 11 avril dernier par la hiérarchie intermédiaire au commandant : « A la suite de divers incidents, dysfonctionnements et autres problèmes de service qui subsistent, les fonctionnaires sont aujourd’hui excédés par cette situation, qui mène certains d’entre eux à parler de « suicide pour que les choses bougent ». (Une gardienne de la paix a même été désarmée jeudi 18 avril à la demande de son époux).
En cause, le manque « cruel » d’effectifs qui ne permettrait pas de faire face aux missions élémentaires. Avec une seule Police secours pour trois, voire cinq arrondissements, les gardiens de la paix du premier arrondissement estiment qu’ils ne peuvent plus fonctionner. Le ton de la note ne laisse pas place au doute quant à l’urgence de la situation, comme en témoigne cet autre extrait :
« Ces conditions de travail sont intolérables et nuisent à la sécurité de l’ensemble, c’est pourquoi, avant qu’un acte grave et lourd de conséquences ne se produise, nous sollicitons les saisines immédiates du « Pôle de vigilance suicide » afin d’assister l’ensemble des fonctionnaires de l’USG 01 dont la situation professionnelle leur cause aujourd’hui des atteintes psychologiques grandissantes, nonobstant les graves dysfonctionnements internes » que les diverses réunions n’auraient pas permis d’aplanir. « Il serait très dommageable pour tous, poursuit l’auteur, que ce « cri d’alarme » ne soit pas perçu ni même considéré par l’autorité hiérarchique comme un « appel au secours » lancé par les fonctionnaires, abandonnés hiérarchiquement au niveau de la Division centre. La routine tue, aujourd’hui c’est le silence méprisant qui va conduire au suicide ».
Le dossier serait désormais entre les mains des conseillers du ministère de l’Intérieur. Un coup de blues qui devrait pousser la direction générale de la police nationale à accélérer sa remise en cause du management, un des chantiers ouverts par le patron de la police, Claude Baland. D'autant que sur le front des quartiers Nord et des trafics de stupéfiants, la nouvelle équipe mise en place se targue d'engranger des résultats plutôt positifs. Des succès obtenus au prix d'une mobilisation intense...

 

mardi 2 avril 2013

L'Etat tente la reconquête de 39 cités de Marseille

Le Monde 

Le contribuable va devoir payer la défense de Guérini

Selon La Provence, le conseil général des Bouches-du-Rhône a voté vendredi 29 mars la prise en charge par la collectivité des frais juridiques de Jean-Noël Guérini, président PS de ce même conseil général, et Jean-David Ciot, député du département.
 
Au terme d'un vote vendredi matin, communistes, indépendants et la majorité des socialistes se sont prononcés en faveur d'un paiement de la défense au pénal de M. Guérini, et du licenciement de M. Ciot. La droite a voté contre. A gauche, note La Provence, seuls Michel Pezet, Marie-Arlette Carlotti et Janine Ecochard se sont abstenus.
 
M. Guérini avait été mis en examen le 5 mars pour détournement de fonds publics dans l'affaire du licenciement abusif présumé de M. Ciot, actuel premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, également mis en examen.
 
La justice s'intéresse aux indemnités touchées par M. Ciot au printemps 2011 lors de son licenciement après neuf années passées au cabinet de M. Guérini. Elle soupçonne derrière ce licenciement transactionnel une démission arrangée, destinée notamment à permettre à M. Ciot de se présenter aux élections législatives en juin 2012, à l'issue desquelles il a été élu député d'une circonscription d'Aix-en-Provence.
 
Le contribuable financera la défense de Guérini

 
La Provence - Marseille / Publié le vendredi 29 mars 2013 à 12H32

Au budget ce matin, le Conseil général des Bouches-du-Rhône vote la prise en charge des frais juridiques par la collectivité pour la défense au pénal de Jean-Noël Guérini et le licenciement de Jean-David Ciot.
La droite a voté contre. A gauche, seuls Michel Pezet qui a pris la parole, Marie-Arlette Carlotti et Janine Ecochard se sont abstenus. Communistes, indépendants et la majorité des socialistes ont voté pour. Le rapport a été adopté, le contribuable paiera.

Jean-Noël Guérini en garde à vue à Marseille

Le Monde 02.04.2013
Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône devait être entendu dans un des volets d'un vaste dossier portant sur des marchés publics présumés frauduleux dans le département. 
Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône devait être entendu dans un des volets d'un vaste dossier portant sur des marchés publics présumés frauduleux dans le département. | AFP/GERA





Le sénateur PS Jean-Noël Guérini est arrivé chez les gendarmes à Marseille pour être entendu en garde à vue dans le cadre d'un des volets d'un vaste dossier portant sur des marchés publics présumés frauduleux.
 
Le dossier pour lequel M. Guérini a été placé en garde à vue, à la demande du juge d'instruction Charles Duchaine – qui avait obtenu du Sénat une nouvelle levée de l'immunité parlementaire de l'élu en décembre – porte sur des malversations financières de grande ampleur touchant à des marchés publics de collectivités de Haute-Corse et des Bouches-du-Rhône. Il implique des membres présumés du grand banditisme, dont Bernard Barresi, arrêté en 2010 après dix-huit ans de cavale.
Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, arrivé seul, sans ses avocats dans un premier temps, devait être entendu par les enquêteurs à la mi-janvier, mais il avait été hospitalisé pour une péritonite.
Dans sa demande de levée d'immunité, le juge Duchaine avait évoqué un dossier "à caractère mafieux", précisant qu'il n'envisageait aucune mesure de détention ou de contrôle judiciaire à l'encontre de M. Guérini à l'issue de sa garde à vue et d'une éventuelle nouvelle mise en examen.
 
DES MARCHÉS SUSPECTS
L'enquête a identifié une série de sociétés ayant remporté des marchés dans des conditions suspectes auprès de collectivités, et dont les dirigeants étaient proches du frère de M. Guérini, Alexandre, un entrepreneur spécialisé dans les déchets, mais aussi du milieu marseillais.
De source proche du dossier, on indique que le sénateur pourrait être déféré à l'issue de sa garde à vue devant un juge pour une possible mise en examen, notamment pour des faits de trafic d'influence. Son frère Alexandre pourrait de nouveau être placé en garde en vue avant la fin de la semaine.
 
Jean-Noël Guérini est aussi mis en cause pour avoir "arrangé" le licenciement de Jean-David Ciot, élu depuis député PS d'Aix-en-Provence et responsable de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, et pour sa part mis en examen pour recel de détournement de fonds publics.
 
Malgré ses ennuis judiciaires, Jean-Noël Guérini a réaffirmé sa volonté de demeurer à son poste et a annoncé qu'il briguerait sa propre succession. C'est l'une des raisons qui ont poussé le Parti socialiste français à mettre sous tutelle la fédération des Bouches-du-Rhône, fragilisée par plusieurs affaires de corruption et paralysée par des querelles locales en vue des élections municipales de 2014. Vendredi, le conseil général des Bouches-du-Rhône a voté la prise en charge par la collectivité des frais juridiques de Jean-Noël Guérini et de Jean-David Ciot, député du département.

dimanche 14 octobre 2012

Marseille : des Roms déjà chassés jeudi par des habitants à nouveau évacués

La police a procédé mardi 2 octobre à l'évacuation en urgence d'une trentaine de Roms installés dans le nord de Marseille sur un parking géré par la ville, a annoncé la préfecture des Bouches-du-Rhône, après leur fuite jeudi d'un précédent camp sous la pression d'habitants.

"La police nationale a procédé à l'évacuation du campement en exécution d'un arrêté municipal d'expulsion motivé par la dangerosité du site", a précisé la préfecture dans un communiqué. Elle indique que ces familles "ont décliné" l'aide au retour qui leur a été proposée par les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et, refusé "une formule d'hébergement en hôtel pour quarante-huit heures" présentée "aux familles des 13 enfants présents sur le site". La mairie de Marseille avait déposé plainte dès leur installation dimanche "pour occupation illicite et dégradation de bien public".

Jeudi soir, ces Roms avait été chassés de leur campement par la pression d'habitants hostiles de la cité des Créneaux, dans le 15e arrondissement de Marseille. Après le départ des familles, les affaires qu'ils n'avaient pas emportées avaient été incendiées.

Une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les circonstances de ce premier départ et du petit incendie qui a suivi. Deux personnes ont été entendues en qualité de témoin samedi. Selon le parquet, elles ont affirmé avoir tenté de faire enlever les déchets dans la soirée de jeudi, après le départ des Roms. En l'absence de réponse, ils ont mis le feu à des détritus qui se trouvaient sur le campement, une version corroborée par le rapport de police, qui n'avait pas constaté de violences physiques et n'avait interpellé personne.

mardi 2 octobre 2012

Corruption : quatre policiers de la BAC de Marseille arrêtés

 Le Figaro, 02.10.2012

Ces enquêteurs, qui ne sont pas officiers de police judiciaire, sont soupçonnés de «vols et extorsions en bande organisée, violences aggravées, acquisition et transport de stupéfiants».

Une voiture sort de l'enceinte de la brigade anti-criminalité du nord de Marseille.

Quatre policiers de la BAC nord de Marseille ont été interpellés puis placés en garde à vue mardi matin par la police des polices (DGPN) pour une affaire présumée de corruption. Il s'agit d'enquêteurs de l'équipe de jour de la BAC qui ne sont pas officiers de police judiciaire. Leur garde à vue pourra durer jusqu'à 96 heures. La DGPN a notamment fouillé les vestiaires de ces enquêteurs ainsi que leurs domiciles, a précisé le procureur de la République. Divers documents ont été saisis à cette occasion. D'autres interpellations sont prévues, a par ailleurs indiqué le magistrat. Selon une source proche de l'enquête, sept policiers sont visés au total.

Selon le porte-parole de la DGPN, Pascal Garibian, les interpellations se sont déroulées dans le cadre d'une commission rogatoire pour «vols et extorsions en bande organisée, violences aggravées, acquisition et transport de stupéfiants». Les deux premiers chefs, de nature criminelle, sont passibles respectivement de 15 et 20 ans de réclusion. L'affaire a débuté en novembre 2011 quand la justice a eu vent, via le préfet de police de l'époque, Alain Gardère, et la délégation régionale de l'IGPN à Marseille, de «faits troublants» et de «renseignements assez convergents» concernant des fonctionnaires de la BAC nord. Une information judiciaire menée par deux juges d'instruction avait été lancée le 22 février.

Les policiers sont soupçonnés d'avoir volé des produits stupéfiants ou de l'argent prélevés sur des dealers qu'ils avaient interpellés, ou de s'en être fait remettre par eux, et d'avoir fait de même avec des vendeurs de cigarettes à la sauvette. «Un certain nombre d'entre eux, apparemment, se payaient sur la bête ou prélevaient leur dîme en espèces ou en nature à des fins sans doute personnelles, ou peut-être pour accomplir leur travail d'infiltration du milieu délinquant», a affirmé M. Dallest. Le magistrat a précisé que le dossier dépassait le simple «fait individuel» mais qu'on était «dans une pratique assez répandue au sein de ce service et depuis assez longtemps», évoquant des «faits troublants, très suspects», qui se sont déroulés dans Marseille intra-muros.

 «Une instruction criminelle de vaste ampleur»
«Pour l'instant, a ajouté le procureur, nous sommes dans une instruction criminelle de vaste ampleur, qu'il faudra approfondir ultérieurement», soulignant que si des faits nouveaux étaient avérés - la corruption, notamment, n'est pour l'instant pas visée par l'instruction -, «ils feront l'objet d'un réquisitoire supplétif». Évoquant la motivation des fonctionnaires interpellés, M. Dallest a lancé plusieurs hypothèses: «L'appât du gain», «rendre service» ou «des raisons professionnelles d'infiltration», soulignant qu'à ce stade de l'enquête la hiérarchie n'était pas impliquée. «Il ne faut pas stigmatiser l'ensemble des fonctionnaires d'un service mais déterminer s'il y a eu des brebis galeuses au sein de ce service», a-t-il martelé, ajoutant que tout le travail d'enquête serait de «dépasser les rumeurs, les accusations, le qu'en-dira-t-on».

Cette affaire survient alors que les têtes viennent de changer au sommet de la police marseillaise, avec l'arrivée d'un nouveau directeur départemental de la Sécurité publique, Pierre-Marie Bourniquel, d'un nouveau préfet de police des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Bonnetain, et d'un nouveau directeur de la police judiciaire, Christian Sainte. Pour David-Olivier Reverdy, représentant zonal adjoint du syndicat de policiers Alliance, «il est urgent d'attendre maintenant le résultat de l'enquête. S'il y a une tâche dans un service, on ne peut jeter l'opprobre sur toute la police marseillaise comme on a souvent tendance à le faire».

Début septembre, un comité interministériel sur la criminalité à Marseille, présidé par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, avait réuni une quinzaine de ministres, notamment Manuel Valls (Intérieur), Christiane Taubira (Justice), dans la deuxième ville de France, théâtre de multiples règlements de comptes souvent liés au trafic de drogue. Une opération «mains propres» avait déjà eu lieu dans la police marseillaise à l'été 2010 sur fond de coup de filet dans le milieu du grand banditisme.

dimanche 16 septembre 2012

Ayrault fait du destin de Marseille une question d'intérêt national

La Provence, le jeudi 06 septembre 2012.

Le Premier ministre a dévoilé le plan du gouvernement à la suite du comité interministériel de cet après-midi.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le 5 septembre 2012 à Paris_1
Photo - AFP - Patrick Kovarik
Jean-Marc Ayrault a réuni jeudi plusieurs ministres avec l'intention de bâtir un plan global d'action contre la criminalité et l'économie souterraine qui gangrènent certains quartiers de l'agglomération marseillaise, gravement touchés par les violences.

Mis à jour à 20h30. Jean-Marc Ayrault a promis la fin de "l'inertie" à Marseille, gangrenée par des règlements de compte, avec l'envoi de renforts policiers, une réforme administrative pour développer l'agglomération et un accueil plus précoce à l'école dans les zones prioritaires.
Entouré d'une quinzaine de ministres, le chef du gouvernement a présenté à l'issue d'un comité interministériel un plan global d'action destiné à "sortir Marseille de ses difficultés". "Trop d'inertie a duré", a-t-il déploré. "Le destin de l'agglomération marseillaise est une question d'intérêt national", a lancé le Premier ministre, convaincu que l'agglomération avait "des atouts extraordinaires", même si la sécurité s'y est dégradée dans certains quartiers, sur fond de trafics de drogue.
Pour faire face à cette situation, M. Ayrault, qui se rendra à Marseille lundi et mardi pour rencontrer des acteurs de terrain, a annoncé l'envoi de 205 policiers et gendarmes afin de lutter contre une délinquance qui "prend de nouveaux contours toujours plus violents". "Une zone de sécurité prioritaire a déjà été décidée pour les quartiers nord. Une nouvelle le sera pour les quartiers du sud de la ville qui sera engagée dès le début de l'année prochaine", a promis M. Ayrault.
Pour lutter contre l'économie souterraine, les douanes et les services fiscaux seront mobilisés pour "lutter contre certaines situations, y compris patrimoniales, qui montrent qùà l'évidence certaines personnes ou familles vivent du trafic" de stupéfiants, a mis en garde M. Ayrault. Le volet judiciaire est également musclé, avec "de nouvelles directives pénales" et "le renforcement des moyens de l'administration pénitentiaire", du parquet, mais aussi des éducateurs en milieu ouvert pour la délinquance des mineurs. La Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille, chargée de la lutte contre la criminalité organisée, sera aussi renforcée.
Pour améliorer la coordination des forces de sécurité sur le terrain, un poste de préfet de police de plein exercice sera créé, a également annoncé M. Ayrault, qui n'a pas souhaité se prononcer sur le sort d'Alain Gardère, préfet délégué à la sécurité de Paca nommé par Nicolas Sarkozy. "Des nominations" interviendront "dans les prochains jours, les prochaines semaines", a-t-il toutefois annoncé, se refusant à "stigmatiser" qui que ce soit.

L'accueil des moins de 3 ans doublé d'ici 2017. Déterminé à apporter une réponse globale et pas uniquement sécuritaire à la situation marseillaise, M. Ayrault a également promis une nouvelle organisation administrative. Le but est de rassembler en une seule métropole les 6 structures intercommunales qui forment actuellement l'agglomération marseillaise où vivent 1,8 million de personnes.
Cette métropole doit permettre en particulier de régler la question des transports publics, peu efficaces, et d'accélérer le développement économique du site. "C'est la plus importante des annonces", a réagi le député PS des Bouches-du-Rhône, Patrick Mennucci. "Ca va permettre de travailler dans la cohérence car cela donnera une direction politique à la ville et à son agglomération", a-t-il jugé. Valérie Boyer, députée UMP des Bouches-du-Rhône, a salué "une prise de conscience sur la situation de la ville", mais espère "que ce ne sera pas que strass et paillettes".
Les programmes de rénovation urbaine vont pour leur part passer au rythme supérieur. Quant au projet d'autoroute L2, qui doit permettre le contournement de la ville mais a pris du retard, il doit être achevé en 2016, a annoncé le Premier ministre. Le plan gouvernemental comprend aussi un volet éducatif, avec un coup d'accélérateur donné à la pré-scolarisation des moins de trois ans dans les zones prioritaires. L'objectif du gouvernement est de passer en cinq ans de moins de 15% dans ces zones à 30%. L'internat va aussi être promu. Sur le plan universitaire, le pôle Aix-Marseille, première université française par ses effectifs, se voit fixer l'objectif d'intégrer le "top 100" des classements internationaux.

samedi 1 septembre 2012

A Marseille, guerre de positions sur le recours à l’armée

Libération, 30.08.2012.  Par O. Bertrand et L. Bretton

L’élue socialiste Samia Ghali veut faire appel aux militaires pour endiguer le grand banditisme qui sévit dans la cité phocéenne. La proposition divise, à droite comme à gauche.


Faut-il déployer la troupe dans les quartiers Nord ? C’est la proposition que formule une socialiste, Samia Ghali, sénatrice et maire des XVe et XVIe arrondissements de Marseille (une partie des quartiers Nord). Dans une interview parue hier dans la Provence, l’élue, qui a grandi dans l’une de ces cités, a demandé l’intervention de l’armée pour «désarmer les dealers» et établir des barrages à l’entrée de certains quartiers, afin d’en interdire l’accès aux clients des trafics.

Un homme de 25 ans a été tué lors d’un règlement de comptes dans le XIVe arrondissement de Marseille mercredi soir.
(Photo Gérard Julien. AFP)
«Abandon». C’est un «cri d’alarme», a-t-elle précisé. Il a été largement entendu, et très diversement commenté. «L’armée, a répondu François Hollande, n’a pas sa place pour contrôler les quartiers de notre République. […] C’est le travail de la police, qui doit d’ailleurs être renforcée encore à Marseille, que de faire en sorte que soient éradiqués cette violence, cette criminalité et ces trafics.» Sur la même ligne, Jean-Marc Ayrault a appelé à se méfier «des formules toutes faites qui ne règlent rien», et a annoncé la tenue, jeudi, d’un comité interministériel consacré à la situation de Marseille, qui a connu mercredi soir son 14e règlement de comptes de l’année (19e pour l’ensemble de l’agglomération). «On ne va pas laisser Marseille devenir Naples», a promis hier le chef du gouvernement. La réunion doit «montrer la détermination du gouvernement à ne pas laisser les choses dériver comme cela s’est fait depuis des années», a-t-il ajouté. «Quand vous laissez à l’abandon, que vous avez un taux de chômage de 70% parmi les jeunes, que les logements sont dégradés, qu’on laisse l’école se déglinguer, alors se met en place une économie souterraine.»

Samia Ghali s’est dit satisfaite, hier, de cette annonce. Elle a reçu dans la matinée un appel du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, pour qui il est hors de question de faire appel à l’armée, car «il n’y a pas d’ennemi intérieur» à Marseille. «Ce n’est pas une fin en soi, a précisé la sénatrice à Libération. Si on me met des effectifs de police en nombre suffisant, avec du matériel et des véhicules en bon état, cela me va très bien. Mais j’ai le sentiment que lorsque l’on demande des renforts, on ne les a jamais. C’est pour ça que j’ai jeté un pavé dans la mare. La situation devient dramatique.»
Elle a raconté que, mercredi soir, les auteurs du dernier règlement de comptes ont «arrosé» si largement qu’un automobiliste voisin a retrouvé 14 impacts sur sa voiture. Localement, les réactions à ses propositions ont débordé largement du clivage gauche-droite. Patrick Mennucci, député et maire socialiste des Ier et VIIe arrondissements, proche de la sénatrice, a approuvé l’idée de «bloquer la route aux acheteurs qui se rendent en voiture sur les spots de vente de stupéfiants». Bruno Gilles, sénateur et maire UMP des IVe et Ve arrondissements, a salué le «courage politique» de l’élue et a trouvé logique de déployer l’armée, «puisque c’est une véritable guerre qu’il faut livrer aux trafiquants de drogue». Il propose de lancer«une enquête ou un référendum citoyen auprès de tous les habitants d’un arrondissement ou d’un quartier afin de les associer à cette lutte, de savoir ce qu’ils attendent, quelles solutions ils préconisent».

Jean-Claude Gaudin, sénateur et maire (UMP) de la ville, a dénoncé au contraire les propositions de la socialiste : «Mobiliser l’armée face au grand banditisme n’est en aucun cas une solution. La population de ces cités le vivrait comme un véritable appel à la guerre civile ! La seule réponse cohérente est de déployer, dans les plus brefs délais, de nouveaux moyens policiers, formés à gérer ce genre de conflits sur le terrain.» Sur la même longueur d’onde, Eugène Caselli, président socialiste de la communauté urbaine de Marseille, a rappelé que «dans une République, c’est à la justice et à la police de s’occuper de la sécurité des citoyens». Selon lui, «nous ne sommes pas en situation de révolte urbaine, l’armée n’apporterait rien face aux trafiquants». Il a appelé à un travail en profondeur, sur la sécurité, mais aussi sur les transports, le développement économique, l’école, la formation… Cela «dans une communauté urbaine qui est la plus pauvre de France au niveau des recettes fiscales, mais l’avant-dernière en matière de dotations globales de fonctionnement».

Empires. Le comité interministériel de jeudi promet cette approche transversale, en réunissant notamment le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, Christiane Taubira (Justice), Vincent Peillon (Education), François Lamy (Ville), Pierre Moscovici (Economie et Finances) et la marseillaise Marie-Arlette Carlotti (Lutte contre l’exclusion). «L’idée, comme à Amiens cet été, est de rétablir l’ordre pour ensuite intervenir en profondeur», explique l’entourage du Premier ministre. Mais Marseille propose une situation particulière. Les nombreuses petites cités de la ville ne sont pas soumises aux violences que connaissent nombre de grands quartiers français. En revanche, les trafics y sont dispersés et implantés en profondeur et depuis très longtemps. Certains territoires sont contrôlés au point que les visiteurs occasionnels sont interrogés sur leurs raisons de leur venue, parfois fouillés. C’est le cas à la Castellane, l’ancien quartier de la famille Zidane, que François Lamy, ministre de la Ville, est venu ausculter discrètement cet été.

L’enlisement économique de la ville a permis à des familles de trafiquants de bâtir des empires qui suscitent des appétits. La circulation accrue des armes fait le reste. Dans un marché de l’emploi devenu atone bien avant la crise, depuis la plongée du port en fait, elles sont parfois le premier employeur du quartier. Seuls des moyens massifs peuvent aider à sortir la ville de l’ornière. Tous les élus le savent. Les socialistes, qui se sont servis de l’exemple de la ville pour illustrer l’échec de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité, savent en plus qu’ils seront largement jugés là-dessus.

Marseille : "L'armée au secours des cités"


La Provence, le 30 août 2012.

S. Ghali. Photo Guillaume Ruoppolo
La sénatrice PS maire des 15e et 16e arrondissements Samia Ghali veut des barrages militaires pour stopper les trafics

"Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir", estime la sénatrice-maire socialiste des 15e et 16e arrondissaements.

Face à l'insécurité et au trafic de drogue qui gangrènent certaines cités de Marseille, où le sang a encore coulé cet été, la sénatrice-maire PS des 15e et 16e arr. prône le recours à l'armée et le retour du service militaire.

Votre secteur fait partie des zones de sécurité prioritaires que vient d'instaurer le ministre de l'Intérieur. Qu'allez-vous proposer à Manuel Valls que vous allez rencontrer prochainement ?
Samia Ghali : Après ce nouvel été sanglant, il faut que les vérités soient dites. Je pense que les autorités ne mesurent pas la gravité de la situation. Les tueries qui se succèdent à Marseille deviennent une attraction médiatique nationale. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, le premier employeur des jeunes dans certaines cités, c'est le trafic de stupéfiants. La drogue fait vivre des familles entières. Les armes prolifèrent . On se tue pour un oui ou pour un non. Si rien ne bouge, on se dirige tout droit vers un système à l'américaine, avec des gangs qui se font la guerre sur des territoires où la loi n'a plus court.

La police, dont les effectifs doivent être renforcés dans les zones de sécurité prioritaires, est-elle devenue impuissante ?
S.G. : Ça ne sert plus à rien d'envoyer un car des CRS pour arrêter des dealers. Quand dix d'entre eux sont arrêtés, dix autres reprennent le flambeau ! C'est comme combattre une fourmilière. Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et puis pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir.

Vous réclamez des sanctions contre les acheteurs de drogue, alors qu'à gauche nombreux sont ceux qui prônent la dépénalisation de la consommation de cannabis.
S.G. : C'est facile de tenir ce discours assis dans un bureau quand vos enfants sont bien à l'abri ! Je ne supporte pas ces pseudo-gaucho-intello-bobo qui vous disent que fumer un chichon, ce n'est pas grave. Moi j'ai grandi dans une cité, je sais ce que c'est que les dégâts de la drogue. Une étude scientifique vient d'ailleurs de démontrer les ravages du cannabis sur le cerveau. J'ai vu des mères pleurer en demandant à la police d'arrêter leurs enfants qui se droguaient et les dealers qui leur vendaient leurs doses. On ne peut s'indigner le jour de l'existence des trafics et aller le soir acheter du cannabis ou de la coke dans les quartiers nord.

Comment aider les jeunes à ne pas tomber dans ces réseaux ?
S.G. : La plupart veulent s'en sortir, même ceux qui sont déjà dans les trafics. Dealer, ce n'est pas un idéal de vie. Mais sans travail, il n'y a pas d'issue. Avec la crise, on ne trouve même plus de petits boulots en intérim pour tenir quelques mois. C'est pourquoi je propose de rétablir une forme de service militaire qui permettrait à des jeunes descolarisés, sans emploi, sans formation de sortir de leur quartier, et même de quitter Marseille pour 8 mois, un an. Pour apprendre la discipline bien sûr, mais surtout pour découvrir un autre univers, une autre réalité que celle de la cité. Et retrouver espoir.

Un gouvernement de gauche peut-il réussir dans le domaine de la sécurité ?
S.G. : Ne plus avoir peur en rentrant chez soi, ce n'est ni de gauche ni de droite. Il s'agit aujourd'hui d'une question de moyens, qui manquent à Marseille. Le gouvernement doit faire un effort particulier pour cette ville, qui a accumulé beaucoup de retard en matière de logement, de transport, de mixité sociale. La création de zones de sécurité prioritaires, que je réclame depuis des années, est un premier pas.

Comptez-vous porter au Parlement des propositions de lois relatives à la sécurité ?
S.G. : Je voudrais faire voter un texte qui inclut les familles victimes, menacées, celles qui ont perdu un enfant, dans le dispositif Dalo, avec obligation de relogement prioritaire. Je travaille sur un autre texte qui permettrait d'accorder un crédit d'impôts aux foyers qui s'équipent de caméras de surveillance.

Propos recueillis par Sophie MANELLI

"L'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers", selon Hollande





Le Monde.fr avec AFP | 30.08.2012.

"L'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers." Comme Manuel Valls plus tôt dans la journée, le président de la République a balayé la proposition d'une élue socialiste de Marseille qui en appelait aux militaires pour lutter contre les trafics de drogue.
Samia Ghali, sénatrice socialiste.La sénatrice et maire PS des 15e et 16e arrondissements de la ville, Samia Ghali, s'exprimait jeudi dans un entretien accordé à La Provence, après qu'un homme de 25 ans eut été tué d'une rafale de kalachnikov, mercredi soir, dans les quartiers nord de Marseille. Depuis le début de l'année, quatorze personnes ont été tuées dans de tels règlements de comptes dans la ville, dix-neuf dans la région marseillaise.
"La gendarmerie peut être présente dans certaines zones, elle l'est. Et c'est le travail de la police, qui doit d'ailleurs être renforcée encore à Marseille, que de faire en sorte que soit éradiqués cette violence, cette criminalité et ces trafics", a déclaré François Hollande lors d'un point de presse avec le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

COMITÉ INTERMINISTÉRIEL EN SEPTEMBRE
En marge d'un déplacement en région parisienne consacré à l'éducation, le premier ministre a lui invoqué la nécessité de "montrer la détermination du gouvernement à ne pas laisser les choses dériver" dans cette ville. D'où la réunion, le 6 septembre, d'un comité interministériel consacré à l'élaboration d'un "programme d'action pour l'agglomération marseillaise". "Il est hors de question que l'armée puisse répondre à ces drames et à ces crimes. Il n'y a pas d'ennemi intérieur" à Marseille, avait assuré devant la presse le ministre de l'intérieur, qui a prôné "une réponse globale, en profondeur et particulièrement forte" à la criminalité.

Plus tard dans la journée, on apprenait de source policière qu'un nouveau directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) serait prochainement nommé dans les Bouches-du-Rhône. Pierre-Marie Bourniquel, actuel DDSP de la Gironde, qui avait auparavant occupé ces fonctions dans les Alpes-Maritimes, remplacera Pascal Lalle à Marseille.
"Aujourd'hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n'y a que l'armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d'abord. Et puis pour bloquer l'accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir", affirme Samia Ghali dans La Provence.

"Après ce nouvel été sanglant, il faut que les vérités soient dites. Je pense que les autorités ne mesurent pas la gravité de la situation. Les tueries qui se succèdent à Marseille deviennent une attraction médiatique nationale", déplore l'élue, dont les arrondissements viennent d'être classés parmi les zones de sécurité prioritaire (ZSP) du ministère de l'intérieur.

GESTICULATIONS ET INACTION DU GOUVERNEMENT
De son côté, Valérie Rosso-Debord, déléguée générale de l'UMP, estime dans un communiqué que "les propos de Samia Ghali, qui réclame le recours à l'armée, devraient faire réagir l'Etat. (...) Cette ville n'a pas besoin de symboles mais d'une vraie politique de sécurité qui la sorte de l'ornière de la délinquance et du banditisme".
"Qu'une élue socialiste réclame l'intervention de l'armée pour mener une guerre contre les trafiquants en dit long sur les désarrois des élus socialistes face aux gesticulations et à l'inaction du gouvernement Ayrault en matière de lutte contre la délinquance et le banditisme", a indiqué Bruno Beschizza, secrétaire national de l'UMP à l'emploi des forces de sécurité.

NOUVELLE FUSILLADE 
Le meurtre de mercredi a eu lieu dans les quartiers nord de Marseille, dans le 14e arrondissement de la ville. L'homme a été pris pour cible peu après 23 heures boulevard Casanova, alors qu'il circulait dans une Twingo noire conduite par une jeune femme, a précisé le procureur de la République Jacques Dallest, présent sur les lieux.

Une trentaine de douilles, apparremment tirées par une Kalachnikov, ont été retrouvées sur la scène du crime, où les policiers procédaient aux premières constatations.Le couple se trouvait à un feu rouge quand les deux occupants d'un autre véhicule ont tiré à courte distance sur la victime, la criblant de balles avec un fusil d'assaut de type kalachnikov. La conductrice, très choquée, "n'a été que très légèrement blessée par des éraflures. Il est miraculeux qu'elle ait survécu", a souligné M. Dallest.


Une trentaine de douilles ont été retrouvées sur le lieu du crime, où les policiers procédaient aux premières constatations, protégés des regards des curieux par une bâche sombre, et recueillaient les premiers témoignages. L'homme, originaire des quartiers nord, était "connu des services de police pour différentes infractions", a ajouté le procureur. Selon une source proche de l'enquête, la victime a été identifiée et serait notamment mise en cause dans des affaires liées au trafic de drogue.

Un homme grièvement blessé par balle dans le quartier de La Viste à Marseille

Afp, le 31.08.2012.

Un homme de 44 ans a été grièvement blessé par balle dans la nuit de vendredi à samedi dans un bar des quartiers nord par un braqueur de 46 ans qui a été interpellé, a-t-on appris de sources concordantes. Les faits sont survenus vers 23 heures dans la cité de La Viste (15e arrondissement).

Le suspect, armé d'un fusil, selon une source proche de l'enquête, est entré dans l'établissement, "vraisemblablement pour voler la caisse", et a tiré un coup de feu, a précisé à l'AFP Christophe Barret, procureur de la République adjoint.

Les clients ont alors tenté de le maîtriser et "dans l'échauffourée, l'un d'entre eux a été touché à la jambe". Transportée à l'hôpital nord de Marseille, la victime se trouvait samedi matin au bloc opératoire, les médecins ne pouvant se prononcer à ce stade sur son état, a indiqué un porte-parole de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille.

Le tireur, qui avait auparavant braqué un camion-pizza près de l'étang de Berre, a été placé en garde à vue à la Sûreté départementale, en charge de l'enquête. "Nous ne sommes pas du tout dans un règlement de comptes, pas du tout dans le grand banditisme", a souligné M. Barret.

Gaudin appelle à classer "tout Marseille en zone de sécurité prioritaire"

Le Monde, 01.09.2012.



Jean-Claude Gaudin, sénateur et maire UMP de Marseille.

Le débat autour de la violence qui touche la Cité phocéenne se poursuit. Vendredi 31 août, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, est revenu sur les remous provoqués par le 14e règlement de comptes en huit mois, jeudi, et les déclarations chocs de la sénatrice socialiste Samia Ghali, qui demande l'intervention de l'armée dans les quartiers nord.
  
"Si le premier ministre, qui a tenu des propos caricaturaux jeudi [il a estimé que la ville était "à la dérive", NDLR], s'intéresse à la question, je lui demande de classer toute la ville en zone de sécurité prioritaire (ZSP), comme cela a été fait à Lille. Il n'est pas acceptable que seules les circonscriptions de députés socialistes soient classées, et pas les autres", a-t-il déclaré dans une interview au Figaro.

Le maire UMP a par ailleurs réaffirmé que l'envoi de l'armée à Marseille serait contre-productif : "C'est une solution ubuesque condamnée par tout le monde et qui pourrait amener à une guerre civile. Marseille n'en est pas là. Ici, il y a des gens qui travaillent et qui sont exaspérés par la mauvaise publicité faite autour de ces règlements de comptes."

Et Jean-Claude Gaudin de rappeler que sa ville compte 3 000 policiers d'Etat et deux compagnies de CRS. Les 350 policiers municipaux vont en outre être "dotés armes non létales, comme les Flash-Ball, et de gilets pare-balles".

dimanche 15 juillet 2012

Feux du 14 Juillet

Le "Château" brûlait: bambous, plumeaux, arbustes, herbes sèches, canisses, les restes de voitures dont les carcasses trônaient là depuis des années. Le désespoir béant de cette terre en friche qui marquait le passage entre les hauteurs abandonnées de l'Estaque et la "Gare". Les gens d'en haut regardaient l'oeuvre des fusées qu'ils avaient lancés plus tôt. Nous étions quelques uns en bas, ceux du voisinage qui n'avaient pas daigné descendre sur le port pour assister au spectacle annuel, hypnotisés d'un même feu, par ses grandes flammes qui charriaient dans le vent, léchant le flanc de la colline. Ce feu, c'était celui du 14 juillet. C'était le feu d'une révolte maladroite, de jeunes miséreux s'en prenant à l'abandon, au cours des arbres et d'une nature improbable. De l'autre côté, parmi ceux qui se joignirent à notre groupe de spectateurs, on entendit monter les relents nauséabonds d'une autre colère et d'une même misère: le cri de l'indignation, l'appel à la vengeance des "électeurs frontistes" en quête d'un bouc émissaire.