mercredi 10 décembre 2008

Le monde du Meshugah

une large étendue d'eau stagnante, curieux site naturel dans cette zone, en laquelle les mouettes pataugent, nagent et glissent, se désaltèrent ou se reposent, cette mare s'est formée des milles et une pluies récentes sur une surface vierge, inutilisée par l'industrie, une jachère, au substrat probable de caillasses, de gravillons et de sable tassés, bordée sur trois côtés, contre lesquels elle se forma, se contient et ne se disperse pas, d'un talus de terre aux dimensions égales de hauteur et de largeur fabriqué par une tractopelle, du Port de Commerce, l'un des panneaux de sens interdit de la rue Traverse s'orne d'un malicieux sourire à la peinture blanche sur son fond rouge en plus de nombreux autocollants aux slogans contestataires ou sociaux sur ses joues, plus loin sur la peinture blanche du mur d'un immeuble qui assoit l'escalier marche après marche, sur sa gauche, majestueux, en le descendant, dépliant à travers le Cours d'Ajot quelques scènes maritimes, ce verbe conjugué "SABOTONS" en lettres capitales noires, sous une fenêtre accessible aisément, sans effort d'équilibriste mais peut-être de contortioniste, auprès d'autres inscriptions et dessins assourdis, délavés, éreintés, flétris mais tenaces, mal effacés par le jet granuleux et puissant des services municipaux, futur palimpseste, des fumées se tordaient en s'élevant de quelques cheminées d'entrepôts ou de navires siégeant en rade ou pénétrant à l'abri des digues, une nuée de moucherons sensibles au courant d'air faisait du yo-yo et, en contrebas du mur, sur la route menant à la quatre-voies, une file ininterrompue de voitures s'accordéonaient de concert, se talonaient, se poursuivaient, au-dessus du Château, du Port Militaire et au-delà les nuages tournaient à l'aigre, soudain un bolide blanc gicla ivre conduit par un jeune homme déterminé, son lascar d'acolyte à ses côtés, sous influx nerveux, siffla la rue Duquesne sur la voie de gauche, évitant les molles voitures embouteillées qui, à la queue leu leu, sur la voie requise, filaient doux, s'essuya au premier rond-point sur un quart de sa surface, dans le sens des folles aiguilles d'une montre et tourna à gauche vers la rue de Siam, le long des bâtiments de La Poste, bruyamment, de façon exubérante, le gyrophare bleue sur le toit, sirène hurlante, à la Starsky et Hutch

mardi 9 décembre 2008

Le monde de Meshugah

deux autres boules rouges le long du tronc pour un total de quinze, le parapluie noir acheté lors d'un marché, à Londres, si sensible, pend, inerte, accroché par sa lanière, à la pédale du vélo de course rouge empoussiéré, lui même suspendu en hauteur au plafond du garage, et ressemble ainsi à une araignée qui, sur le dos, ferait la morte, une ruée de feuilles sur la route comme la charge de milliers de sabots, non seulement le mois de décembre mais aussi celui de septembre sont calligraphiés en japonais et les dix autres probablement sur le sapin décoré, des petits paquets cadeaux, une gelée blanche dont les cristaux scintillaient sourdement s'était déposée sur toutes les surfaces, toits des maisons, voitures, haies, pelouses... en ce froid matin, la bouche exhalait des vapeurs blanches, un chat miaulait tendrement à une porte, l'horizon devenait safran, fauve puis rougissait de se coucher, la pluie se remet à tomber, intermittente, un type se soutenant au mur, une jambe raide, à l'une des entrées des Halles saint Louis, éclairée et abritée, soulevait avant de les reposer les quelques cannettes de bière qui traînaient là, dépité,

lundi 8 décembre 2008

La Tzigane


La Tzigane savait d'avance
Nos deux vies barrées par les nuits
Nous lui dîmes adieu et puis
De ce puits sortit l'Esperance
L'amour lourd comme un ours privé
Dansa debout quand nous voulûmes
Et l'oiseau bleu perdit ses plumes
Et les mendiants leurs Avé

On sait très bien que l'on se damne
Mais l'espoir d'aimer en chemin
Nous fait penser main dans la main
À ce qu'a prédit la tzigane

Apollinaire, G. 1913, Alcools

samedi 6 décembre 2008

Jailer (Asa)

Am in chains you’re in chains too I wear uniforms, you wear uniforms too Am a prisoner, you’re a prisoner too Mr Jailer

I have fears you have fear too I will die, you sef go die too Life is beautiful don’t you think so too Mr Jailer

Am talking to you jailer Stop calling me a prisoner Let he who is without sin- Be the first to cast the stone Mr Jailer

You suppress all my strategy You oppress every part of me What you don’t know, you’re a victim too Mr Jailer

You don’t care about my point of view If I die another will work for you So you threat me like a modern slave Mr Jailer

You don’t care about my point of view If I die another will work for you So you threat me like a modern slave Mr Jailer

If you walking in a market place Don’t throw stones Even if you do you just might hit One of your own Life is not about your policies All the time So you better rearrange your Philosophies and be good to your fellow man jailer

I hear my baby say I wan be president I wan chop money From my government What he don’t know Be say Mr Jailer

vendredi 5 décembre 2008

Le monde du Meshugah

destin douloureux que celui de ce parapluie noir londonien, un brin pigeon, si fragile, si frêle, ne supportant pas le vent échevelé et capricieux et roublard du Finistère, moribond tantôt, le voilà devenu hémiplégique à jamais, un bord pantelant telle une jambe folle, c'est le droïde déglingué et psychotique d'Alien vivant la risée infernale de son dernier tango sanglant comme un spi en grande pompe dressé dans les quarantièmes rugissants, la police brestoise montée sur leur fier scooter de moucheron exerçait son dur labeur quotidien, aux portes de la librairie Dialogues, en ayant immobilisé un véhicule qui quitta derechef les lieux, de leur radio, une façon de police-info en continu, une voix féminine délicieuse débitait onctueusement et précisément les nouvelles incessantes des tâches en urgence dont ils allaient devoir se coltiner, pourtant ils semblaient heureux car ils souriaient, ailleurs une femme ronde décore de façon "japonisante", avec des éventails rouges, le sapin à 600 euros, 26 milliards d'euros, de la bibliothèque Neptune, planté sous les escaliers, près de la salle multimédia, à l'une des entrées de la section jeunesse, et papote aimablement, les mains sur les hanches ou les bras croisés sous sa poitrine opulente, de longs très longs colliers de perles blanches ou rouges y serpentent, enorgueillie par son oeuvre qui fait arrêter le passant curieux, une de ses amies avait calligraphié le mot "décembre" sur un bristol qui pendait non loin de l'étoile bicolore chapeautant ou coiffant le sapin le plus gros car il y a en fait deux sapins, mais le plus petit était demeuré caché jusque là, tenus en laisse par des filins afin qu'ils ne tombent pas ou ne s'enfuient pas, le vent levé il plut de nouveau et c'étaient de grosses gouttes furieuses de tomber de si haut, calligraphie qu'elle était allée chercher dans un livre dès lors il n'y avait pas d'erreurs possibles, des éclairs sans tonnerre, au pied des entrées des commerces de Brest des petits sapins blancs ont été installés empotés, deux grands triangles emboîtés perpendiculairement en leurs médianes formant ainsi quatre triangles carrés ou ailes du sapin, à treize boules rouges insérées dans les treize trous correspondants, trois d'entre elles rangées verticalement par triangle blanc carré ou par aile et la dernière placée à l'angle formé d'un des côtés avec son hypoténuse, le tronc du sapin, en son faîte,

jeudi 4 décembre 2008

Le monde du Meshugah

un collier vert maintenant inutile lui entourait toujours le cou, l'odeur s'en était allé, un homme efflanqué, en imperméable, une serviette en toile à la main, une casquette rouge vissée sur le crâne aux cheveux gris, sortit de la bibliothèque d'Etudes en sifflotant le refrain de L'Internationale, sa foulée est aussi longue que celle de "l'homme qui marche" de Giacometti, pour rejoindre celle de Neptune, la pluie torrentielle persiflait, le tonnerre et les éclairs aveuglaient, assommaient et éclataient et faisaient frémir les murs et les usagers, les lecteurs qui lançaient leurs regards anxieux mais émerveillés vers le ciel d'un bleu orageux à travers les vitres, les emprunteurs surpris, sur le trottoir dans cet enfer un homme passa abriter sous un parachute tendu, rigide et rouge, la grêle ne voulut pas se faire oublier et ses billes cavalcadaient et tambourinaient sur le parapluie londonien, la semelle les pressait et les éclatait croustillantes, collantes et glissantes comme de la meringue glacée, les rues convulsaient, ondulaient, des vagues poussées par les rafales s'y formaient brusquement, fugitives, à l'existence éphémère le temps d'une bourrasque,

mercredi 3 décembre 2008

Le monde du Meshugah

dans son costard à paillettes le ciel furibard en pétard s'écroula et se déversa sans vergogne, s'adressant au fumeur accoudé au rebord de la fenêtre abritée sous son grand et solide parapluie : "qu'il fait froid! [un temps] c'est l'hiver!", les caniveaux s'enfiévrèrent, les trottoirs firent courir des ruisseaux impétueux et puissants, des torrents capricieux dévalaient vers les gueules pleines et repues des égouts, ce parapluie noir de Londres est à l'agonie, soulevé et retourné, les minces tiges de sa crinoline, de l'armature métallique, se courbent, glissent, s'échappent, se tordent et se cassent, s'effondre, ce parapluie meurt à petit feu, "AU FEU LES PRISONS!" écrit en lettres capitales noires sur le mur blanc de l'ancien garage faisant face à la bibliothèque Neptune dont les vastes locaux sont, maintenant, à louer, nul ne patientait sous l'ondée formidable, c'est à cette heure que le long du cinéma Liberté le pied se presse, les talons résonnent, le pas s'allonge, les cuisses forcent, le buste se courbe, les bras scandent une marche rythmée et forcée, ce sont des automates pressés et tendus et nerveux à l'idée d'être en retard, de manquer le début du film, d'être freinés dans une file d'attente, en groupe, seul ou alors en couple main dans la main, bras dessus bras dessous, même foulée et cadence semblable, ils sont portés par un même élan (l'amour? l'envie de faire pipi?), d'aucuns fument devant la série des lourdes portes vitrées, au-dessous des petites affiches des films et des horaires des séances, avant de s'y engouffrer happés par le puissant courant d'air chaud, sous l'ondée chacun se pressait et, le haut du corps abrité sous un parapluie, la tête sous un chapeau ou une capuche, râlait et se plaignait, des crises économique, alimentaire, financière et monétaire, industrielle, environnementale, immobilière, sanitaire, la bruine, frisquette, s'éparpillait, passagère et matinale, la ville demeura invisible de la route, de la perspective à travers champs qui s'y ouvre, qu'empruntait l'autobus, perdue, emmitouflée sous le ciel bas brumeux, le soleil et le bleu réapparurent enfin, un léger vent se faisait sentir, le chat roux passa le portail, s'en allant vers l'arrière de la maison puis, soudain, comme inquiet, d'une allure pressée, vivement revint au plus court et franchit la barrière pour disparaître,

mardi 2 décembre 2008

Le monde du Meshugah

un cloporte sans aucun doute, "voire de provoquer le déraillement du train des réformes mises en place par le gouvernement", un lombric pareille à une brindille dans la nuit se traîna de tout son long en ondulant sur le sol devenu glissant, une forte et âcre odeur nauséabonde venait du quartier des rosiers, de Meaux, la pointe d'un nuage éclatait d'un rose intense au lever du soleil cependant que plus au Nord le ciel se paraît de rose pâle et les nuages gris-blancs et immobiles paraissaient sans profondeur découpés dans du papier, les lourds nuages gris tandis qu'un téléphone sonne férocement sans qu'elle sache le nom de cette vibrante et entêtante et folle musique masturbatoire mais s'excusa trottinaient, paisiblement, vers le Sud, sans hâte, Nantes redeviendrait la capitale de la Bretagne : car celle-ci compte quatre départements "magnifiques", et ne lui dit-on pas que celle-là en est sa capitale alors que c'est les Pays de Loire; les journaux locaux font part dans leurs pages de l'effervescence et de l'émoi suscités par cette contradiction soulevée du plus haut de l'Etat, souriant, encourageant presque heureux, des filaments blancs pelotonnés grouillaient, s'étant entretenu avec le centenaire du vendredi enfin reposé, calmé, massé, la colère retombée, détendu et assagi, prêt à endurer sa leçon d'histoire, un chat à la tête démolie était étendu, une puissante grêle se mit à tomber soudainement et certaines billes blanches restèrent accrochées aux ardoises comme soudées, les os de ses pattes apparaissaient à vif et les vers y fourmillaient telle une pelote vivante, des Pères Noël répétitifs assiègent les augustes façades grises et délavées des maisons et des immeubles, sans originalité, suspendus, pendus ou simplement posés contre le rebord d'une fenêtre, soumis aux milles intempéries, il maigrissait à vue d'oeil pour n'être plus sur la fin qu'une couverture de poils, creuse, vide, un chapelet de petits os fragiles en lieu de ses pattes, de même que le Parti Socialiste, dégonflé,

dimanche 30 novembre 2008

La médiatisation des affaires judiciares

Le retour de Bertrand Cantat annoncé dans les studios d'enregistrement et sur la scène publique est l'occasion de mesurer le degré de popularité du système disciplinaire qui correspond à notre société. On s'aperçoit que les questions relatives à la réinsertion d'un ancien détenu et plus fondamentalement au principe même de la peine et du pénitencier, qui sous-entend la notion de rachat, ne sont pas intégrées et au contraire majoritairement rejetées. On en déduit que la peine désigne un principe moral irréalisable. On peut estimer sur ce point que la médiatisation des affaires judiciaires, dans un premier temps mal acceptée, constitue une charge allant à l'encontre de son déroulement. Les dérives de l'affaire d'Outreau ont récemment montré l'influence exercée par les médias dans le déroulement de l'instruction dirigée par le jeune juge alors chargé de l'enquête. De nombreuses chroniques judiciaires et autres feuilletons occupent depuis longtemps maintenant une place centrale dans les colonnes des journaux et magazines de presse. On se souvient que de nombreux écrivains ont couvert, par le passé, des affaires célèbres en prenant parfois position, ce qui a aussi contribué dans bien des cas à toucher l'opinion. On peut dès lors admettre que la place attribuée au journalisme et le relais porté par ce dernier constitue un élément intégré à la prise de connaissance des faits juridiques notamment lorsqu'il assure une forme de contre-pouvoir allant dans le sens d'une reconstitution de la réalité. L'apparition de ce volet d'investigation et d'information dans le monde télévisuel a semble-t-il contribué à transformer le mode de représentation de l'organisation judiciaire et de ces acteurs, par l'introduction de l'image et le recours aux techniques audiovisuelles, de tournage et de montage, dans un milieu clos duquel s'échappait jusqu'à présent le seul rapport d'un journaliste. On pourrait simplement estimer qu'il s'opère un changement de technique, mais au-delà du commentaire et du propos, on voit apparaitre une nouvelle force de conviction, à travers des vertus démonstratives associées à l'image qui s'impose d'elle-même comme objective. La télévision, capable de représenter la réalité, devient un instrument de vérité ou de vraisemblance. On comprend aussi le caractère incidieux de cette entrée dans le cercle intime de la justice et le secret de l'instruction. On ne compte plus les documentaires, reconstitutions, émissions spécialisées, vrai-faux objets qui fleurissent sur le petit écran et couvrent de près ou de loin ce volet. C'est que le monde juridique représente un marché lucratif, intégrant les aspects de la polémique, de la controverse, du populisme et les ficèles du feuilleton associant la peur, la violence et le voyeurisme. L'entrée des caméras dans cette sphère gardée secrète, voire invisible, au sein des tribunaux, les prisons, dans une moindre mesure, au nom des libertés fondamentales, soulève de nombreuses questions dans la mesure où cela constitue un élément nouveau qui rompt avec une ligne politique et morale adoptée il y a deux siècles. Le retour du visible, avec l'apparition et la diffusion de l'image nous renvoie à la particularité du châtiment, pratiqué autrefois. On observe une simple substitution du lieu d'exposition de la punition qui ne s'opère plus sur la place publique mais à l'échelle du réseau audiovisuel. Mais on peut surtout craindre que cette nouvelle intrusion constitue un élément contraignant du point de vue du principe social et moral qui s'effectue derrière l'application du jugement et de la peine. Le traitement médiatique des affaires judiciaires est conçu de telle sorte qu'il s'impose de façon arbitrale, et compromet l'équilibre juridique dans la recherche d'une forme de réparation idéale pour le maintien de la société. Le comportement outrancier des médias à cet égard nous amène incidieusement à oublier et mépriser l'intimité des deux parties engagées dans un procès, l'intimité des blessures et des souffrances endurées par la ou les victimes, la responsabilité et les remords de l'accusé face à ses actes, etc. Ce qui ressort des affaires citées précédemment. Cela traduit plus généralement une entreprise de vulgarisation des faits, d'infantilisation et d'aliénation des individus et de leurs droits les plus fondamentaux et représente un danger évident pour l'équilibre d'un système démocratique. Ces dérives sont également inquiétantes si l'on considère que la condamnation peut s'effectuer en dehors du cadre légitime de la justice, par la pression et le pouvoir d'un jury autoproclamé et que le condamné peut être jugé pour un autre crime que celui qu'il a commis.

A ton étoile (Noir Désir/Tiersen)

vendredi 28 novembre 2008

Le monde du Meshugah

"on est tous des stars en All-Star", un climat de coalition règne désormais au Parti Socialiste avec une montée des marches tout en sourire des deux amies devant caméras de télévision et photographes de la presse politique ou people afin de rejoindre le nouveau bureau de "Martine" tandis que, debout, Nicolas Sarkozy, revenu des Etats-Unis, en tribune, le doigt tendu et vengeur de la main droite, admonestait, s'emportait, s'agitait, grondait, s'essuyant une goutte de sueur qui perlait ou se frottant ou se grattant ou n'est-ce qu'un tic du bout de ce même doigt le coin de son sourcil droit, au Congrès des maires de France, l'air farouche et coléreux, car nul n'est au-dessus des lois de la République, se tournant vers un public sur sa gauche un peu en retrait, afin de renforcer son avertissement ou de n'en exclure personne, hors cadre de la caméra de la télévision exclusivement braquée sur lui, avec cependant un plan large vers la salle des maires assis, la pluie abondante de la nuit avait laissé place à un ciel bleu, le soleil y faisait du rase-motte, parsemé de quelques nuages blancs sans un souffle de vent, un escargot s'était hissé jusqu'en haut de la haie puis disparut, une araignée momifiait sa proie, d'autres compères, tapies dans leur trou et n'y laissant apparaître que certaines de leurs pattes, prêtes à bondir, bilaient dans l'obscurité du garage sur la venue de quelques chalands naïfs et intrépides le long du mur, en maraude, embusquées, France culture fêtait ce vendredi les cent ans de Claude Lévi-Strauss, "ce grand esprit de notre temps",

mardi 25 novembre 2008

Le monde du Meshugah

s'invectivaient en se postillonant sournoisement des Frêche ou Fabius selon le camp auquel ils appartenaient, car il y aurait eu triche selon le camp de "Ségolène", en appelaient augustement aux grands Anciens, pour ainsi magiquement retrouver une dignité égarée et une légitimité absente, ces imminents hommes politiques ayant fondés et dirigés le Parti, Jean Jaurès ou Léon Blum, ameutaient de futures manifestations rue de Solferino, se braquaient les uns les autres, certains menaçant d'aller en justice, d'autres de revoter, les mêmes peut-être, "Parti Suicidaire" à la Une de Libération, scission ou implosion, énervement des uns agacement des autres, les politologues de tout poil à cran s'enflammaient à leur tour en proie à l'abattement, à la fatalité, saisis d'écoeurement mêlé d'une amère ironie, proposaient des solutions pour sortir de cette impasse au nom de l'amitié qui unit, en dernière analyse et d'après ce qu'elles mêmes semblent prétendre en l'insérant, ce mot d'amitié, dans leurs discours hargneux et emphatiques, tout ce monde houleux rangé en deux fronts : les Royalistes et les Aubryistes, chacun insultant l'autre d'archaïsme pour mieux se draper des oripeaux de la modernité tant désirée : cet esprit de changement, de radicalité ou de changement radical, cette vision politique en phase avec son époque... ce Parti est en crise, de même que la finance, les banques, l'économie, l'industrie, le Chivu, l'automobile, Libourne saint-Seurin ou Arsenal... Nicolas Sarkosy et Carla Bruni-Sarkosy couraient amoureusement et dignement dans les rues nocturnes de Washington, une commission dite de récolement siégait et étudiait dans "une ambiance de camarades" les résultats du vote et devait conclure en la victoire de "Martine" avec 102 voix d'avance, les caméras de la télévision française à leur suite,