La Provence, le jeudi 06 septembre 2012.
Le Premier ministre a dévoilé le plan du gouvernement à la suite du comité interministériel de cet après-midi.
| Photo - AFP - Patrick Kovarik |
Jean-Marc Ayrault a réuni jeudi plusieurs
ministres avec l'intention de bâtir un plan global d'action contre la
criminalité et l'économie souterraine qui gangrènent certains quartiers
de l'agglomération marseillaise, gravement touchés par les violences.
Mis à jour à 20h30. Jean-Marc Ayrault a promis la fin de "l'inertie"
à Marseille, gangrenée par des règlements de compte, avec l'envoi de
renforts policiers, une réforme administrative pour développer
l'agglomération et un accueil plus précoce à l'école dans les zones
prioritaires.
Entouré d'une quinzaine de ministres, le chef du
gouvernement a présenté à l'issue d'un comité interministériel un plan
global d'action destiné à "sortir Marseille de ses difficultés". "Trop d'inertie a duré", a-t-il déploré. "Le destin de l'agglomération marseillaise est une question d'intérêt national", a lancé le Premier ministre, convaincu que l'agglomération avait "des atouts extraordinaires", même si la sécurité s'y est dégradée dans certains quartiers, sur fond de trafics de drogue.
Pour
faire face à cette situation, M. Ayrault, qui se rendra à Marseille
lundi et mardi pour rencontrer des acteurs de terrain, a annoncé l'envoi
de 205 policiers et gendarmes afin de lutter contre une délinquance qui
"prend de nouveaux contours toujours plus violents". "Une
zone de sécurité prioritaire a déjà été décidée pour les quartiers nord.
Une nouvelle le sera pour les quartiers du sud de la ville qui sera
engagée dès le début de l'année prochaine", a promis M. Ayrault.
Pour lutter contre l'économie souterraine, les douanes et les services fiscaux seront mobilisés pour
"lutter contre certaines situations, y compris patrimoniales, qui
montrent qùà l'évidence certaines personnes ou familles vivent du
trafic" de stupéfiants, a mis en garde M. Ayrault. Le volet judiciaire est également musclé, avec "de nouvelles directives pénales" et "le renforcement des moyens de l'administration pénitentiaire",
du parquet, mais aussi des éducateurs en milieu ouvert pour la
délinquance des mineurs. La Juridiction interrégionale spécialisée
(Jirs) de Marseille, chargée de la lutte contre la criminalité
organisée, sera aussi renforcée.
Pour améliorer la coordination
des forces de sécurité sur le terrain, un poste de préfet de police de
plein exercice sera créé, a également annoncé M. Ayrault, qui n'a pas
souhaité se prononcer sur le sort d'Alain Gardère, préfet délégué à la
sécurité de Paca nommé par Nicolas Sarkozy. "Des nominations" interviendront "dans les prochains jours, les prochaines semaines", a-t-il toutefois annoncé, se refusant à "stigmatiser" qui que ce soit.
L'accueil des moins de 3 ans doublé d'ici 2017. Déterminé
à apporter une réponse globale et pas uniquement sécuritaire à la
situation marseillaise, M. Ayrault a également promis une nouvelle
organisation administrative. Le but est de rassembler en une seule
métropole les 6 structures intercommunales qui forment actuellement
l'agglomération marseillaise où vivent 1,8 million de personnes.
Cette
métropole doit permettre en particulier de régler la question des
transports publics, peu efficaces, et d'accélérer le développement
économique du site. "C'est la plus importante des annonces", a réagi le député PS des Bouches-du-Rhône, Patrick Mennucci. "Ca va permettre de travailler dans la cohérence car cela donnera une direction politique à la ville et à son agglomération", a-t-il jugé. Valérie Boyer, députée UMP des Bouches-du-Rhône, a salué "une prise de conscience sur la situation de la ville", mais espère "que ce ne sera pas que strass et paillettes".
Les
programmes de rénovation urbaine vont pour leur part passer au rythme
supérieur. Quant au projet d'autoroute L2, qui doit permettre le
contournement de la ville mais a pris du retard, il doit être achevé en
2016, a annoncé le Premier ministre. Le plan gouvernemental comprend
aussi un volet éducatif, avec un coup d'accélérateur donné à la
pré-scolarisation des moins de trois ans dans les zones prioritaires.
L'objectif du gouvernement est de passer en cinq ans de moins de 15%
dans ces zones à 30%. L'internat va aussi être promu. Sur le plan
universitaire, le pôle Aix-Marseille, première université française par
ses effectifs, se voit fixer l'objectif d'intégrer le "top 100" des
classements internationaux.
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