Propos de Pierre Bourdieu sur le rôle du savant dans la société, la pensée et le rapport aux événements.
lundi 29 juin 2009
Whatever happens !
http://www.dailymotion.com/video/x9o0n8_message-to-the-young-people-of-iran_news
http://www.dailymotion.com/user/BernardHL/video/x9o0mf_exclusifadresse-a-la-jeunesse-irani_news
mardi 23 juin 2009
La peur et l'avenir
lundi 22 juin 2009
jeudi 18 juin 2009
LEVI
qui se jouait là dans cette rue sans adresse
Et qu'un nom ne ramènera pas
Mais quelque chose de cet air me revient sans cesse
Et qui sait ton nom et celui de ma détresse
Et qui t'appelle en rêve et te rappelle souvent
T'arrachant en passant au destin de la rue
Jeté ce cri comme une prière sonnant l'alerte
En espérant qu'il te parvienne
Mais rien ne fait
Chaque fois retombe et meurt
Dans le grain sourd et la rumeur
au monde
Je vois
Et je revois sans cesse
Cette ombre noire (de notre siècle)
qu'un visage emporte
Et ne retourne pas
lundi 15 juin 2009
Prosopopées
Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.
Personne pure, ombre divine,
Qu'ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !... tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !
Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l'apaiser,
A l'habitant de mes pensées
La nourriture d'un baiser,
Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d'être et de n'être pas,
Car j'ai vécu de vous attendre,
Et mon coeur n'était que vos pas.
P. Valéry, Charmes, Ed. Gallimard
jeudi 11 juin 2009
Le mal est fort comme le pardon
samedi 6 juin 2009
"Bird's Lament" (Moondog)
Je vous invite à découvrir l'histoire extraordinaire de ce cher Moondog, compositeur, percussionniste qui hantait les rues de Manhattan en costume de Vicking durant les années 60-70, et qui fut un jour accueilli par une bonne étoile, qui crut en lui, quelque part de l'autre côté du Rhin. C'est ainsi que le barbu insolite à la grande toge, qui écumait les rues de N-Y comme un SDF, fut produit et sortit quelques disques extraordinaires, aux orchestrations d'un autre genre... M-O-O-N-D-O-G
mardi 2 juin 2009
Le rSa de A à Z
Le RSA, revenu de solidarité active, est une aide financière pour les personnes qui travaillent mais dont les revenus sont limités. Il remplace le RMI (revenu minimum d’insertion), l’API (allocation de parent isolé), prime de retour à l’emploi et primes d’intéressement proportionnel et forfaitaire à la reprise d’activité.
Qui est concerné ?
Pour prétendre au RSA, voici les prérequis (en dehors des conditions de revenus):
- Comme pour le RMI, il faut être âgé de plus de 25 ans (sauf pour les jeunes parents).
- Et résider en France «de manière stable, effective et permanente».
Sur demande, pour les salariés à revenus modestes. Pour bénéficier du premier versement, le 6 juillet prochain, les dossiers doivent être déposés au plus tard le 15 juin à la Caf, la MSA ou au Conseil général.
- par Internet : sur le site de la Caf, de la msa ou le site officiel www.rsa.gouv.fr
- par téléphone: en appelant le 39 39 (coût d’une communication locale depuis un poste fixe et inclus sans surtaxe dans les forfaits mobiles)
Automatique, pour les bénéficiaires des minima sociaux. Le RSA sera automatiquement versé à compter du 6 juillet, à la place du RMI et de l’API. Il n'y a pas de démarche à faire.
Il n’y a pas de limitation de durée. Le RSA est présenté comme un dispositif durable, permettant de cumuler revenu et allocation aussi longtemps que nécessaire. Le montant diminue à mesure qu’augmentent les revenus professionnels du bénéficiaire.
Selon Martin Hirsch, l’instigateur du RSA, les bénéficiaires du RSA gagneront «en moyenne 110 euros en plus par mois».
Pour les sans-emploi, le RSA donne-t-il les mêmes droits que le RMI ?
En dehors de l’allocation proprement dite, les bénéficiaires du RMI disposaient de droits connexes, accordés d’office (aides au transport, centres de loisir, restauration scolaire, aides aux vacances….) Désormais, avec le RSA, ce n’est pas le statut qui détermine les avantages mais les revenus disponibles. L’objectif étant ainsi d’éviter les effets de seuils.
Concernant la couverture maladie universelle, le dégrèvement de la taxe d’habitation, l’exonération de la redevance télévisuelle, les sans-emploi (jusqu’ici allocataire du RMI) gardent les mêmes droits. Pour les autres, (qui travaillent donc), tout dépend des revenus et de la situation familiale. Exemple: un salarié à temps partiel (800 euros par mois) avec un enfant à charge touche 278 euros de RSA et a droit à la CMU. Et sera redevable de la taxe d’habitation, à hauteur de 25 euros.
Objectifs affichés par le gouvernement
- Le RSA devrait permettre à 700 000 personnes de franchir le seuil de pauvreté (fixé à 800 euros pour ne personne seule). Aujourd’hui, en France, sept millions de personnes vivent avec moins de 800 euros par mois. (Lire sur LibéLille plusieurs témoignages d'allocataires à Maubeuge où le RSA a été expérimenté avant d'être abandonné.)
- Inciter au retour à l’emploi, en cumulant aides et revenus. Objectif: garantir que toute heure travaillée se traduise par plus d’argent dans le porte-monnaie. Avec le RMI, ce n’était pas le cas: en acceptant un temps partiel, un salarié pouvait perdre l’allocation (et les droits connexes) sans pour autant avoir plus d’argent à la fin du mois. Dans certains cas, il n'était pas «rentable» de travailler.
- Un encouragement à la précarité. La CGT voit dans le RSA «un dispositif pérenne d’assistance généralisée aux entreprises». Cela va encourager «les employeurs à développer le temps partiel, les bas salaires et à ne pas reconnaître le travail par sa juste rémunération». «Pour augmenter le taux d’emploi et réduire la pauvreté, il faut plus qu’un RSA», poursuit la CGT qui propose «une taxation sur le travail précaire» et «l’abrogation de l’inique paquet fiscal».
- Autre inquiétude: la dégradation du contexte économique compromet sérieusement le retour à l’emploi des plus précaires, l’un des principaux objectifs du RSA. C’est ce que montre le rapport final sur l’évaluation des expérimentations du RSA, publié la semaine dernière. (Lire la version pdf)
- Les exclus du RSA: Les jeunes, de moins de 25 ans, pourtant frontalement touchés par la crise, sont exclus du système du RSA.
- Surcharge de travail attendu pour le Pôle emploi (né de la fusion Assedic-Unedic), puisque les allocataires du RSA ont l'obligation d'entreprendre des démarches pour une meilleure insertion sociale et professionnelle. Réponse de Martin Hirsch, dans une interview au Parisien vendredi: on a «prévu une période de transition de neuf mois au cours desquels toutes les personnes concernées seront reçues et orientées afin de bénéficier d'un accompagnement sur mesure.»
lundi 1 juin 2009
dimanche 31 mai 2009
Les mensonges du RSA
Presque rien à rajouter. Une seule question, à quand de vraies mesures de création d'emploi en contrat à durée indeterminé et payés de manière à assurer la vie des gens et non leur survie. Le RSA c'est également un appareil de contrôle et de répression formidable pour contraindre les gens déjà travailleurs précaires à continuer d'accepter des contrats mal payés, à temps partiels pour des durées variables qui parfois ne sont que d'un jour. Le travail à la tâche redevient la norme qu'on connaissait en début de 19 siècle. Tu te lèves tous les jours pour chercher du taf, un jour t'en as mais le lendemain c'est plus qu'incertain. Cette mesure met donc l'accent sur cette logique et occulte complétement les problématiques sociales lourdes qui se développent dans notre société dont par exemple celle du logement. Comment trouver du travail quand t'es SDF voire même comment ne pas le perdre. Le RSA remplace également l'allocation parent isolé. La plupart des bénéficiaires sont des femmes vivant seules avec un plusieurs enfants qui connaissent déjà des problématiques de garde d'enfant ne serait ce que pour la recherche d'emploi. A t on parlé du développement de la constructions de crèches, de logements sociaux, de créations d'emplois pérennes, d'augmentation des salaires, de gel du montant des loyers ?
samedi 30 mai 2009
Le pari du RSA
En dépit de la récession, le revenu de solidarité active (RSA) va remplacer, à compter du 1er juin, comme c'était prévu, le revenu minimum d'insertion (RMI), instauré par Michel Rocard en 1990. C'est une bonne nouvelle et un pari. Le RSA est la grande réforme sociale du quinquennat de Nicolas Sarkozy, comme les 35 heures pour Lionel Jospin et Martine Aubry, entre 1997 et 2002. Quitte à ce que le RSA ait le même effet boomerang que les 35 heures... M. Sarkozy assume ce risque.
C'est il y a quatre ans, en 2005, que Martin Hirsch, alors président d'Emmaüs France, soucieux de faire du combat contre la pauvreté une cause nationale, avait inventé le RSA. Il s'agissait de sortir du "piège à pauvreté" qu'était devenu un RMI dont les bénéficiaires avaient intérêt à ne pas travailler pour ne pas perdre leurs prestations. Avec le RSA, qui a été expérimenté depuis plus d'un an dans 33 départements et concerne 3,1 millions de foyers (6,8 millions de personnes), se met en place un outil juste et astucieux qui favorisera le retour à l'emploi en garantissant un revenu tiré du travail supérieur à celui de l'assistance.
Devenu haut-commissaire aux solidarités actives, après avoir fait inscrire son RSA dans le programme présidentiel de Ségolène Royal, M. Hirsch s'est battu avec énergie pour faire passer une réforme qui prenait à rebrousse-poil une grande partie de la droite, jusqu'au sein du gouvernement. Il a ainsi obtenu un financement par une taxe sur les revenus de patrimoine et de placement qui, bouclier fiscal oblige, exonère, au grand dam de la gauche et des syndicats, les plus hauts revenus.
Le RSA est une réforme socialement juste qui a besoin de la croissance pour être efficace économiquement. Sa mise en oeuvre en pleine récession est à hauts risques. M. Hirsch espère que le RSA va soutenir le pouvoir d'achat des travailleurs pauvres, avec la distribution de 1,5 milliard d'euros en année pleine à des bénéficiaires prompts à consommer. Le nouvel outil devrait ainsi jouer d'abord un rôle d'amortisseur face au choc de la crise.
Le pari sera d'autant plus difficile à tenir que Pôle emploi a les pires difficultés, alors que le chômage explose, à remplir ses missions d'accompagnement personnalisé des chômeurs. Alors que de 300 000 à 400 000 demandeurs de RSA vont solliciter Pôle emploi d'ici un an, il est déjà débordé. L'autre effet pervers tient à la qualité des emplois offerts. En temps de crise, le patronat sera tenté de faire du RSA une trappe à bas salaires. Si, au final, la réforme devait réduire la pauvreté au profit de la précarité, le pari serait perdu.