Maurice Blanchot donne quelque part une définition singulière de l'amitié, associée à l'épreuve du temps. Il se distingue ainsi de ces écrivains et philosophes qui situent l'amitié dans un rapport immédiat de proximité, d'intimité ou d'affinité éléctive avec cet autre semblable. Certaines personnes, sûres de leur jugement, prétendent de cette manière établir, par je-ne-sais quel examen théorique des yeux ou du coeur, des idées, une construction hiérarchique distinguant "l'ami", "le pote", "le copain", "le collègue", "le camarade". Ils s'enorgueillissent ainsi de catégorisations sociales, idéologiques, avant tout symboliques et politiques, comme autant d'étapes à franchir avant de les atteindre. C'est admettre que l'amitié se donne ou se gagne... que l'ami n'est qu'un autre soi-même. Aristote -en représentant de la Grêce Antique- estimait d'ailleurs que la seule amitié véritable était basée sur la vertu. La conception de Maurice Blanchot se détache de cette notion (de réciprocité) puisqu'il définit l'amitié à partir d'un constat, une présence, face à l'épreuve du temps et de l'espace, malgré la distance ou l'absence, introduisant l'idée d'un rapport inconditionnel les laissant être.
vendredi 16 janvier 2009
"Un blog est la chose qui entend le plus de bêtises"
Si je vous parlais d'un blog tenu par un écrivain, à qui penseriez-vous?
Voici le profil de cet autre OMNIPRESENT:
Sexe : Male
Statut : Libertin(e)
Age : 72
Zodiaque: Sagittaire
Ville : Ars-en-Ré
Région : Poitou-Charentes
Pays: FRANCE
Statut : Libertin(e)
Age : 72
Zodiaque: Sagittaire
Ville : Ars-en-Ré
Région : Poitou-Charentes
Pays: FRANCE
http://blogs.myspace.com/philippe_sollers
The Black Forest (Barbez)
Le groupe Barbez sort un album intitulé "Force of Light" dédié au poète allemand Paul Ceylan.
Un homme au comptoir
Je me brûle au café, je me crame, j'avale des fumées, des souvenirs interdits. Noyant les cicatrices et l'intranquilité. Je bois, j'avale des gorgées d'éternité, une bière au comptoir et regarde celui qui campe derrière la glace: ce démon d'albâtre, les ailes rouges de son nez, ses yeux mouillants de désespoir... Et je bois à celui qui meurt, à celui qui lui cède la place. Je bois à tous ceux-là, en m'enivrant de l'ivresse de n'être plus tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Je bois tel que je voudrais boire, comme je voudrais être ailleurs.
mardi 13 janvier 2009
L'Art d'Aimer
Avec la coupe sertie d'azur,
Je l'attends
Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et du soir,
Je l'attends
Avec la patience du cheval sellé pour les sentiers de montagne,
Je l'attends,
Avec le bon goût du prince raffiné,
Je l'attends
Avec sept coussins remplis de nuées légères,
Je l'attends
Avec le feu féminin omniprésent,
Je l'attends
Avec le parfum masculin du sarcal drapant le dos des chevaux,
Je l'attends
Et ne t'impatiente pas. Si elle arrivait après son heure,
Attends-la
Et si elle arrivait avant,
Attends-la
Et n'effraie pas l'oiseau posé sur les nattes,
Et attends-la
(...)
Et converse avec elle, comme la flûte avec la corde craintive du violon,
Comme si vous étiez les deux témoins de ce vous réserve un lendemain,
Et attends-la
Et polis la nuit, bague après bague,
Et attends-la
Jusqu'à ce que la nuit te dise :
Il ne reste plus que vous deux au monde.
Alors porte-la avec douceur vers ta mort désirée
Et attends-la !...
Mahmoud DARWICH (1999)
Je l'attends
Auprès du bassin, des fleurs du chèvrefeuille et du soir,
Je l'attends
Avec la patience du cheval sellé pour les sentiers de montagne,
Je l'attends,
Avec le bon goût du prince raffiné,
Je l'attends
Avec sept coussins remplis de nuées légères,
Je l'attends
Avec le feu féminin omniprésent,
Je l'attends
Avec le parfum masculin du sarcal drapant le dos des chevaux,
Je l'attends
Et ne t'impatiente pas. Si elle arrivait après son heure,
Attends-la
Et si elle arrivait avant,
Attends-la
Et n'effraie pas l'oiseau posé sur les nattes,
Et attends-la
(...)
Et converse avec elle, comme la flûte avec la corde craintive du violon,
Comme si vous étiez les deux témoins de ce vous réserve un lendemain,
Et attends-la
Et polis la nuit, bague après bague,
Et attends-la
Jusqu'à ce que la nuit te dise :
Il ne reste plus que vous deux au monde.
Alors porte-la avec douceur vers ta mort désirée
Et attends-la !...
Mahmoud DARWICH (1999)
Entretien de Mahmoud Darwich
Extrait « Des mots de minuit » du 28 novembre 2001, retranscrit sur le blog de l'émission de FRANCE 2.
Entretien avec Mahmoud DARWICH,
Alerter la modération
Mahmoud DARWICH: J’écris avec des stylos précis, avec des stylos à encre et la température n’est pas très importante, s’il fait extrêmement chaud de sorte que je puisse le supporter, mais il faut que psychologiquement la température ne soit ni trop chaude ni trop froide. Il faudra que je maîtrise mes émotions, et la relation de mes émotions avec ma conscience font que la température est adéquate, mais j’espère, je souhaite que cela se passe dans un environnement, dans la beauté, ou dans un environnement humain, le plus calme le plus pacifique possible, mais cela ce sont des souhaits auxquels on ne peut arriver uniquement à travers de la poésie et l’écriture elle-même.
Je vis à Ramallha depuis plusieurs année maintenant, et j’écris à Ramalla dans les mêmes conditions, les mêmes habitudes. J’écris le matin dans les heures matinales, et je consacre souvent deux heures à trois heures pour essayer d’écrire, mais je ne réussis pas toujours à écrire, mais je me consacre à cela en attendant ce qu’on peut appeler une préparation, à un état psychologique que l’on appelle l’inspiration en arabe, lorsque l’on doit écrire il faut attendre cette inspiration, parce que l’inspiration peut passer sans que je sois là, et donc je me prépare à cette attente.
Philippe LEFAIT: Est-ce que parfois les bruits de la guerre vous envahissent ou vous parasitent dans ce travail de perception, dans ce travail de saisissement et d’inspiration du poète ?
Mahmoud DARWICH: Il est clair que les conditions de la guerre sont l’ennemi le plus important de l’écriture poétique, car la poésie est un appel humain, un appel vers la liberté, vers la coexistence entre les hommes, un appel pour écrire l’histoire et la vie. Il est clair que la vie est l’opposé de cela est donc on ne peut pas écrire sous les bombardements dans un environnement de guerre, de même que la guerre est loin de moi physiquement, mais la guerre ne peut pas être loin, car je vis dans une société qui malheureusement est dans un état d’émotion très importante, dans une violence à tel point que ça devient une routine, quelque chose de quotidien, et la chose la plus dure dans notre quotidien c’est que cette vie est devenue quotidienne et routinière et cette sauvagerie de la vie est devenu quelque chose de routinier et s’adapter à cela est quelque chose de très difficile humainement.
Philippe LEFAIT: L’an dernier chez Gallimard était publié une série de poèmes que vous avez choisi (traduit par Elias Sanbar) qui couvre la période 1966-1999 « La terre nous est étroite » ; Voici un extrait d’un poème qui s’appelle « L’art d’aimer ». "Je l’attends, Auprès du bassin des fleurs du chèvrefeuille et du soir, Je l’attends, Avec la patience du cheval scellé pour les sentiers de montagne, Je l’attends, Avec le bon goût du prince raffiné et beau, Je l’attends, Avec sept coussins remplis de nuées légères, Je l’attends, Avec le feu de l’encens féminin omniprésent, Je l’attends, Avec le parfum masculin du santal drapant le dos des chevaux, Je l’attends. Et ne t’impatiente pas, si elle arrivait après son heure, Attends là, Et si elle arrivait avant, Attends la, Et n’effraies pas l’oiseau posé sur ses nattes, Et attends la, Qu’elle prenne place, apaisée comme le jardin à sa pleine floraison, Et attends la, Qu’elle respire cet air étranger à son cœur, Et attends la, qu’elle soulève sa robe, Qu’apparaissent ses jambes, nuage après nuage, Et attends la, Et mène la à une fenêtre qu’elle voit une lune noyée dans le lait, Et attends la, Et offre lui, l’eau avant le vin, et ne regarde pas la paire de perdrix sommeillant sur sa poitrine Et attends la."
Mahmoud DARWICH: La guerre ne peut pas tuer l’amour. L’un des objectifs de la guerre est, très en général, de tuer l’amour chez l’homme, l’amour entre l’homme et la femme, l’amour entre les hommes, et les relations entre les peuples. C’est la victoire du sentiment humain. Il constitue une arme pour faire la guerre à la guerre, car le poète combat la guerre à travers l’amour, et l’amour de la nature et l’amour de l’homme, et l’amour de la liberté en tout premier lieu, et bien sûr, je ne peux réaliser ce rêve, uniquement dans la poésie. Mais je ne peux créer une réalité calme et humaine au travers de la poésie, et c’est l’une des formes de ma résistance par l’esthétique qui me protège de la violence de la réalité.
Ce que je voulais dire à travers ce poème, c’est de dire que la guerre est un obstacle, entre les amants, entres les amoureux, entres les êtres humains. Il ne s’agit pas d’une agression contre un peuple, mais d’une agression contre l’être humain pour qu’il vive ses sentiments, sa jeunesse et ses émotions, et sans forcément donner la carte d’identité de celle que j’aime ou que j’aurais aimé.
Entretien avec Mahmoud DARWICH,
Alerter la modération
Mahmoud DARWICH: J’écris avec des stylos précis, avec des stylos à encre et la température n’est pas très importante, s’il fait extrêmement chaud de sorte que je puisse le supporter, mais il faut que psychologiquement la température ne soit ni trop chaude ni trop froide. Il faudra que je maîtrise mes émotions, et la relation de mes émotions avec ma conscience font que la température est adéquate, mais j’espère, je souhaite que cela se passe dans un environnement, dans la beauté, ou dans un environnement humain, le plus calme le plus pacifique possible, mais cela ce sont des souhaits auxquels on ne peut arriver uniquement à travers de la poésie et l’écriture elle-même.
Je vis à Ramallha depuis plusieurs année maintenant, et j’écris à Ramalla dans les mêmes conditions, les mêmes habitudes. J’écris le matin dans les heures matinales, et je consacre souvent deux heures à trois heures pour essayer d’écrire, mais je ne réussis pas toujours à écrire, mais je me consacre à cela en attendant ce qu’on peut appeler une préparation, à un état psychologique que l’on appelle l’inspiration en arabe, lorsque l’on doit écrire il faut attendre cette inspiration, parce que l’inspiration peut passer sans que je sois là, et donc je me prépare à cette attente.
Philippe LEFAIT: Est-ce que parfois les bruits de la guerre vous envahissent ou vous parasitent dans ce travail de perception, dans ce travail de saisissement et d’inspiration du poète ?
Mahmoud DARWICH: Il est clair que les conditions de la guerre sont l’ennemi le plus important de l’écriture poétique, car la poésie est un appel humain, un appel vers la liberté, vers la coexistence entre les hommes, un appel pour écrire l’histoire et la vie. Il est clair que la vie est l’opposé de cela est donc on ne peut pas écrire sous les bombardements dans un environnement de guerre, de même que la guerre est loin de moi physiquement, mais la guerre ne peut pas être loin, car je vis dans une société qui malheureusement est dans un état d’émotion très importante, dans une violence à tel point que ça devient une routine, quelque chose de quotidien, et la chose la plus dure dans notre quotidien c’est que cette vie est devenue quotidienne et routinière et cette sauvagerie de la vie est devenu quelque chose de routinier et s’adapter à cela est quelque chose de très difficile humainement.
Philippe LEFAIT: L’an dernier chez Gallimard était publié une série de poèmes que vous avez choisi (traduit par Elias Sanbar) qui couvre la période 1966-1999 « La terre nous est étroite » ; Voici un extrait d’un poème qui s’appelle « L’art d’aimer ». "Je l’attends, Auprès du bassin des fleurs du chèvrefeuille et du soir, Je l’attends, Avec la patience du cheval scellé pour les sentiers de montagne, Je l’attends, Avec le bon goût du prince raffiné et beau, Je l’attends, Avec sept coussins remplis de nuées légères, Je l’attends, Avec le feu de l’encens féminin omniprésent, Je l’attends, Avec le parfum masculin du santal drapant le dos des chevaux, Je l’attends. Et ne t’impatiente pas, si elle arrivait après son heure, Attends là, Et si elle arrivait avant, Attends la, Et n’effraies pas l’oiseau posé sur ses nattes, Et attends la, Qu’elle prenne place, apaisée comme le jardin à sa pleine floraison, Et attends la, Qu’elle respire cet air étranger à son cœur, Et attends la, qu’elle soulève sa robe, Qu’apparaissent ses jambes, nuage après nuage, Et attends la, Et mène la à une fenêtre qu’elle voit une lune noyée dans le lait, Et attends la, Et offre lui, l’eau avant le vin, et ne regarde pas la paire de perdrix sommeillant sur sa poitrine Et attends la."
Mahmoud DARWICH: La guerre ne peut pas tuer l’amour. L’un des objectifs de la guerre est, très en général, de tuer l’amour chez l’homme, l’amour entre l’homme et la femme, l’amour entre les hommes, et les relations entre les peuples. C’est la victoire du sentiment humain. Il constitue une arme pour faire la guerre à la guerre, car le poète combat la guerre à travers l’amour, et l’amour de la nature et l’amour de l’homme, et l’amour de la liberté en tout premier lieu, et bien sûr, je ne peux réaliser ce rêve, uniquement dans la poésie. Mais je ne peux créer une réalité calme et humaine au travers de la poésie, et c’est l’une des formes de ma résistance par l’esthétique qui me protège de la violence de la réalité.
Ce que je voulais dire à travers ce poème, c’est de dire que la guerre est un obstacle, entre les amants, entres les amoureux, entres les êtres humains. Il ne s’agit pas d’une agression contre un peuple, mais d’une agression contre l’être humain pour qu’il vive ses sentiments, sa jeunesse et ses émotions, et sans forcément donner la carte d’identité de celle que j’aime ou que j’aurais aimé.
vendredi 9 janvier 2009
vendredi 2 janvier 2009
Le monde du Meshugah
ils étaient 550 000 sur les Champs-Elysées et les Clinton donnaient le coup d'envoi de la nouvelle année à New-York où des hauts-de-forme bleus sponsorisés par Nivea avaient été distribués à la foule, les couples s'embrassaient sous l'oeil des caméras, des bouchons de champagne sautaient, des danses s'improvisaient et Gaza était sous les bombes israéliennes,
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