vendredi 16 janvier 2009

Un homme au comptoir

Je me brûle au café, je me crame, j'avale des fumées, des souvenirs interdits. Noyant les cicatrices et l'intranquilité. Je bois, j'avale des gorgées d'éternité, une bière au comptoir et regarde celui qui campe derrière la glace: ce démon d'albâtre, les ailes rouges de son nez, ses yeux mouillants de désespoir... Et je bois à celui qui meurt, à celui qui lui cède la place. Je bois à tous ceux-là, en m'enivrant de l'ivresse de n'être plus tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Je bois tel que je voudrais boire, comme je voudrais être ailleurs.

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