vendredi 16 janvier 2009

L'amitié de Blanchot

Maurice Blanchot donne quelque part une définition singulière de l'amitié, associée à l'épreuve du temps. Il se distingue ainsi de ces écrivains et philosophes qui situent l'amitié dans un rapport immédiat de proximité, d'intimité ou d'affinité éléctive avec cet autre semblable. Certaines personnes, sûres de leur jugement, prétendent de cette manière établir, par je-ne-sais quel examen théorique des yeux ou du coeur, des idées, une construction hiérarchique distinguant "l'ami", "le pote", "le copain", "le collègue", "le camarade". Ils s'enorgueillissent ainsi de catégorisations sociales, idéologiques, avant tout symboliques et politiques, comme autant d'étapes à franchir avant de les atteindre. C'est admettre que l'amitié se donne ou se gagne... que l'ami n'est qu'un autre soi-même. Aristote -en représentant de la Grêce Antique- estimait d'ailleurs que la seule amitié véritable était basée sur la vertu. La conception de Maurice Blanchot se détache de cette notion (de réciprocité) puisqu'il définit l'amitié à partir d'un constat, une présence, face à l'épreuve du temps et de l'espace, malgré la distance ou l'absence, introduisant l'idée d'un rapport inconditionnel les laissant être.

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