dans ses petits souliers le pays replonge dans la crise politique sous la pression Astiz reste en prison il reçoit une décharge de taser et meurt peu après à l'hôpital "gorge profonde" est décédé fin de trêve entre le Hamas et Israël le choléra continue de semer la mort le bus à impériale de retour en version écolo l'institut français d'Athènes pris pour cible d'abord urbaine un expert "un choix de société" des services municipaux branchés les facteurs tentent l'aventure perquisition chez Julien Dray 150 000 emplois escomptés FO appelle tous les salariés à se mettre en grève le 29 janvier actions prévues le 8 janvier Yannick Jadot tête de liste du rassemblement europe-écologie dans l'Ouest Lemétayer candidat? un juge ordonne la remise en liberté de Coupat enquêtes préléminaires le sénat augmente la redevance TV quatre mois pour revoir la copie attention, vous êtes tracés! des spectacles à couper le souffle! la capitale n'est pas épargnée la famille porte plainte deux femmes tuées à l'arme blanche de la prison...à la galère accord sur les quotas 2009 de la recette familiale à la success story 13 milliards de dollars pour redémarer première perte d'exploitation de son histoire premier conseil d'administration naissance de Roudfenn Grafik le meccano industriel de l'Elysée quatorze ans de réclusion pour des viols sur sa belle-fille des mineurs mis en cause dans l'incendie d'une boulangerie l'ex-préfet Frémont de retour à Quimper un jeune étudiant décède à Lannion l'UMP vote le budget de la gauche l'internaute fait appel création en vue l'inégibilité de Philippe Paul demandée une charte pour améliorer la disponibilité "maltraitance institutionnelle" précautions d'usage aux manettes d'un sous-marin retards de salaires inquiétants tabernacle! c'est déjà la noël les deux prévenus relaxés encore moins de brestois en 2009? noël avant l'heure les rendez-vous du week-end entre rêves et désillusions musique aujourd'hui tendance folk à Bellevue médiavolo à Pontanézen musiques du monde à saint-Pierre concert de Noël des petits à l'auditorium concert des Groove Boys à kérinou concert à Portsall demain concert au Black Label Café concert de Noël à Saint-Renan ensemble choral du Bout du Monde à Lanildut sur les planches aujourd'hui comédie musicale au Quartz "le silence des communistes" au Quartz danse et musique de Géorgie à Plougonvelin match d'impro à la salle Saint-Louis demain la nuit la plus longue de l'année au Relecq-Kerhuon marionnettes à la mairie Michel Aumont dans "Tartuffe", faculté Segalen Ar-vro-Bragan à Plougerneau festival "Théâtre A Tout Age" à Plouguerneau Noël (et Brest) au Québec contes, films et documentaires The Enchanted Wood et pOOr bOy à Bellevue animations de Noël aujourd'hui fête de Noël pour les enfants de Bellevue invasion de lutins à Plouvien exposition de crèches de Noël à Porspoder marché de Noël à Daoulas marionnettes de Noël à Plouguerneau "les mystères de la Nativité" à Plouguerneau et aussi aujourd'hui Lunapark au parc de Penfeld VTT et BMX : festival Houpala à Lesneven surf : challenge "Tomahawk Classic" à Landunvez demain VTT et BMX indoor à Lesneven Lunapark au parc de Penfeld les Pères Noël motards brestois l'hiver 2008 se fête aujourd'hui et demain soutien au Caravansérail le braqueur présumé du "Flash" entendu pour d'autres faits une piétonne renversée par une automobile place de la Liberté fuite de gazole : un Brestois accidenté à Cast menaces sur conjointe : les deux hommes devant le tribunal un motard blessé au rond-point de Kergleuz blessé dans une chute de scooter entre Brest et Guilers BMO et les ferrailleurs animaux recueillis le gel de l'aide personnalisée votée l'autre gauche appelle à manifester à Quimper hôpitaux en danger : mobilisation nouvelles craintes sur la population en bref : prestations subventions, rémunérations... les fontaines allumées demain AE2D écrit à la chambre de commerce 4000 euros remis par les Fêlés de l'orthographe "Pour que Noël n'oublie personne" ASSEDIC Charleville-Mézières joue à Cerdan ce soir volley-ball marchés non-sédentaires des halles saint-Louis et Saint-Martin. 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Résidants et écoliers réunis pour fêter Noël. Recouvrance. Ecole de Quéliverzan. Une opération en faveur du Bénin. Quatre-Moulins. Notre-Dame de Kerbonne. Le Père-Noël gâte les petits. Plouzané. Parti socialiste. Yves Quéméneur nouveau secrétaire de section. Anita Conti et Rased. Une réponse à Yves Du Buit. A savoir. Urbanisme : dénomination de voies pour les nouveaux quartiers.
samedi 20 décembre 2008
vendredi 19 décembre 2008
Le monde du Meshugah
brume aux confins des eaux assoupies de la rade, aux côtes qui s'y ombrent au près, l'estran faisait moirer la solitude des flaques décelées, sous un ciel bleu imberbe, sa voix subitement devint inaudible au point de lui, jeune fille incroyablement mince, aux longs et libres cheveux blonds chutant en cascade sur sa taille de guêpe, escarpins blancs à talons, jupe noire, longue et droite aux complexes coutures, un gracieux gilet blanc électrisant ses courbes allégées de flanelle et de coton nacré, révéler les dessous des précédents métiers des chauffeurs de bus, au voisinage de la librairie Dialogues une vaste boutique profonde et creuse, vide de clients, de chaussures, qui s'y exposent en petit nombre telles des oeuvres d'art en des galeries contemporaines ayant pignon sur rue ou pas, de façon Champs-Elysées, de luxe, s'est créée, une jeune femme oisive, seule, ennuyée, tête dans la main, se livrait à de solides et compliquées, et inutiles peut-être, études sur son ordinateur portable, une unique étoile apparaît Sud-Ouest, orangeraie globuleux des lampadaires le long des routes où serpentent rouges et blancs les phares obéissants et entêtants et bipolaires et nécessaires à la nuit tombante de violet,
mercredi 17 décembre 2008
A partir des tableaux de Marc Chagall
Il faut tenter l'acte poétique, entendre les silences et l'éphémère, reprendre l'oralité à son compte, étendre le chant de la prose à l'éternité. De la musique. Violons, cuivres, clarinettes, cors et tubas. Au dehors joue la fanfare hallucinée du Meshugé. Des étoiles et le ciel larmoyant de splendides bleutés. Dans la pénombre d'une nuit monte les notes d'un violon, pour les fiancailles des amants exilés, nostalgique de la vieille Russie. Dans une ronde dansent les animaux de Léautaud, les cris et les joies de l'Arche de Noé, le monde sauvé par l'éclat des couleurs. La barbe rouge d'un homme délesté de mots, une grimace de clown à la place du visage, un oeil clos, l'autre hagard, regarde autant qu'il se donne en spectacle. Voici les failles, l'ivresse des sens d'un monde enfin délivré. Nature rêveuse sans cesse renouvelée par ces lumières vives. L'oubli et le festin de jadis, les flammes de la mémoire, fleurissent et brillent dans le ciel, sous le sceau de l'éternelle inconnue. Un enfant bercé par une femme inconsolable.
Le temple de Marc Chagall.
Les oiseaux de passage
C'est une cour carrée et qui n'a rien d'étrange :
Sur les flancs, l'écurie et l'étable au toit bas ;
Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange
Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.
Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,
Dans sa berge de bois est immobile et dort.
Tout plaqué de soleil, le purin à l'eau noire
Luit le long du fumier gras et pailleté d'or.
Loin de l'endroit humide où gît la couche grasse,
Au milieu de la cour, où le crottin plus sec
Riche de grains d'avoine en poussière s'entasse,
La poule l'éparpille à coups d'ongle et de bec.
Plus haut, entre les deux brancards d'une charrette,
Un gros coq satisfait, gavé d'aise, assoupi,
Hérissé, l'œil mi-clos recouvert par la crête,
Ainsi qu'une couveuse en boule est accroupi.
Des canards hébétés voguent, l'oeil en extase.
On dirait des rêveurs, quand, soudain s'arrêtant,
Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase
Ils crèvent d'un plongeon les moires de l'étang.
Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
Montrent dans le soleil leurs écailles d'argent,
Des pigeons violets aux reflets de turquoises
De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.
Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
Fait tantôt de l'ébène et tantôt de l'émail,
Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,
Semblent sur du velours des branches de corail.
Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,
Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.
Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies,
Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?
Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ca lui suffit, il sait que l'amour n'a qu'un temps.
Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : " C'est là que je suis née ;
Je meurs près de ma mère et j'ai fait mon devoir. "
Elle a fait son devoir ! C'est à dire que oncque
Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.
Elle ne sentit pas lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil,
pour aller voir la nuit comment le ciel s'allume
Et mourir au matin sur le coeur du soleil.
Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie
Toujours pour ces gens-là cela n'est point hideux
Ce canard n'a qu'un bec, et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir ou bien d'en avoir deux.
Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !
Qu'ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse,
De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !
N'avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
Un coucou régulier et garanti dix ans !
Oh ! les gens bienheureux !... Tout à coup, dans l'espace,
Si haut qu'il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !
Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte
Qui brise les soupirs de leur col redressé,
Et sautent dans le vide avec une culbute.
Les dindons d'une voix tremblotante ont gloussé.
Les poules picorant ont relevé la tête.
Le coq, droit sur l'ergot, les deux ailes pendant,
Clignant de l'œil en l'air et secouant la crête,
Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.
Qu'est-ce que vous avez, bourgeois ? soyez donc calmes.
Pourquoi les appeler, sot ? Ils n'entendront pas.
Et d'ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,
Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L'air qu'ils boivent feraient éclater vos poumons.
Regardez-les ! Avant d'atteindre sa chimère,
Plus d'un, l'aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.
Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous.
Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu'importe !
Là-haut chante pour eux un mystère profond.
A l'haleine du vent inconnu qui les porte
Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont.
La bise contre leur poitrail siffle avec rage.
L'averse les inonde et pèse sur leur dos.
Eux, dévorent l'abîme et chevauchent l'orage.
Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.
Ils vont, par l'étendue ample, rois de l'espace.
Là-bas, ils trouveront de l'amour, du nouveau.
Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse
Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.
Là-bas, c'est le pays de l'étrange et du rêve,
C'est l'horizon perdu par delà les sommets,
C'est le bleu paradis, c'est la lointaine grève
Où votre espoir banal n'abordera jamais.
Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux.
Et le peu qui viendra d'eux à vous, c'est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.
Sur les flancs, l'écurie et l'étable au toit bas ;
Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange
Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.
Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,
Dans sa berge de bois est immobile et dort.
Tout plaqué de soleil, le purin à l'eau noire
Luit le long du fumier gras et pailleté d'or.
Loin de l'endroit humide où gît la couche grasse,
Au milieu de la cour, où le crottin plus sec
Riche de grains d'avoine en poussière s'entasse,
La poule l'éparpille à coups d'ongle et de bec.
Plus haut, entre les deux brancards d'une charrette,
Un gros coq satisfait, gavé d'aise, assoupi,
Hérissé, l'œil mi-clos recouvert par la crête,
Ainsi qu'une couveuse en boule est accroupi.
Des canards hébétés voguent, l'oeil en extase.
On dirait des rêveurs, quand, soudain s'arrêtant,
Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase
Ils crèvent d'un plongeon les moires de l'étang.
Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
Montrent dans le soleil leurs écailles d'argent,
Des pigeons violets aux reflets de turquoises
De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.
Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
Fait tantôt de l'ébène et tantôt de l'émail,
Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,
Semblent sur du velours des branches de corail.
Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,
Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.
Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies,
Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?
Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ca lui suffit, il sait que l'amour n'a qu'un temps.
Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : " C'est là que je suis née ;
Je meurs près de ma mère et j'ai fait mon devoir. "
Elle a fait son devoir ! C'est à dire que oncque
Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.
Elle ne sentit pas lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil,
pour aller voir la nuit comment le ciel s'allume
Et mourir au matin sur le coeur du soleil.
Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie
Toujours pour ces gens-là cela n'est point hideux
Ce canard n'a qu'un bec, et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir ou bien d'en avoir deux.
Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !
Qu'ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse,
De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !
N'avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
Un coucou régulier et garanti dix ans !
Oh ! les gens bienheureux !... Tout à coup, dans l'espace,
Si haut qu'il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !
Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte
Qui brise les soupirs de leur col redressé,
Et sautent dans le vide avec une culbute.
Les dindons d'une voix tremblotante ont gloussé.
Les poules picorant ont relevé la tête.
Le coq, droit sur l'ergot, les deux ailes pendant,
Clignant de l'œil en l'air et secouant la crête,
Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.
Qu'est-ce que vous avez, bourgeois ? soyez donc calmes.
Pourquoi les appeler, sot ? Ils n'entendront pas.
Et d'ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,
Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L'air qu'ils boivent feraient éclater vos poumons.
Regardez-les ! Avant d'atteindre sa chimère,
Plus d'un, l'aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.
Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous.
Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu'importe !
Là-haut chante pour eux un mystère profond.
A l'haleine du vent inconnu qui les porte
Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont.
La bise contre leur poitrail siffle avec rage.
L'averse les inonde et pèse sur leur dos.
Eux, dévorent l'abîme et chevauchent l'orage.
Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.
Ils vont, par l'étendue ample, rois de l'espace.
Là-bas, ils trouveront de l'amour, du nouveau.
Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse
Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.
Là-bas, c'est le pays de l'étrange et du rêve,
C'est l'horizon perdu par delà les sommets,
C'est le bleu paradis, c'est la lointaine grève
Où votre espoir banal n'abordera jamais.
Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux.
Et le peu qui viendra d'eux à vous, c'est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.
Jean Richepin
Le monde du Meshugah
vaste ciel pure et lumineux, insensé et doux, lisse et profond, quelques nuages blancs s'y sont un temps promenés mais maintenant il n'en demeure plus, le soleil se couche, l'horizon à l'Ouest s'incendie, le saint Château s'auréole d'or, les employés municipaux binaient avec rapidité et expérience et résultat les bordures de fleurs et constataient la friabilité de la terre noire, deux jeunes gens en apprentissage se faisaient gentiment interroger par leurs sympathiques et comiques tuteurs, sur le nom de telle plante, la qualité du binage était évaluée, les plafonds de la bibliothèque saint-Martin plombés d'eau s'écroulent, ceux de Lambézellec fuient, dus à des défauts de réalisation, récemment réalisées pourtant elles sont en procès contre ces entreprises du BTP qui se renvoient la balle entre fournisseurs, main d'oeuvre... nuages bouffants gris-bleu, pincée de rose en ce ciel bleu nuit, lointains orangés, traces de violet, des caisses de macarons de tous les goûts, de toutes les couleurs, passaient de main en main de bras en bras, le vernissage de l'exposition Saint-Pol-Roux avait lieu,
Notes prises lors d'une soutenance de thèse
Vieille, ébouriffée, les cheveux blancs, roux et blonds, vêtue d'un tailleur gris, de petites lunettes lui tombent sur le nez comme une ancre austère qui pose et souligne la gravité de ce monde. Tête baissée, déclinant quelquefois un bref hochement, elle se réserve, tout à son jeu théâtral: elle écoute, absorbe l'absence en recourant à l'objet, ces lunettes noires qu'elle abandonne ou chausse comme une ponctuation, un trait diacritique, une virgule.
Puis vient son tour de chant, elle se déploie sans doute, partant de la raison, décollant du sol, de la table où trône les volumes de cette fameuse thèse, de ce replis derrière les barriquades, aucun signe jusqu'alors n'était allé vers l'étudiante. Elle regarde enfin la coupable entamant dans le même temps quelques gammes d'orateurs, des phrases de grimoires de lignées professorales, de vieilles femmes. Elle élève la voix vers un point inaudible, bien au-dessus de la mêlée, sordide, noire, qu'elle estime probablement aveugle. Elle "réfute", "critique", "reproche", "note", "remarque", "reprend", autant de verbes performatifs qui puisent dans l'autorité le miroir de Narcisse. "Des manques et des absences figurent dans ce travail" et son orgueil de tragédienne est touché: ses écrits n'apparaissent pas dans la bibliographie... Le travail et le temps apparaissent sans mesure, en-deça des sphères insondables du savoir. Mais qui sont ces juges et quel est ce jeu, le sens étrange de ce rituel?
Il semble que le jury naisse ainsi, dans un rapport de domination, face à ses semblables et devant l'élève ou le novice à travers la pertinence de ses remarques et le nombre de ses critiques. La voix prend ainsi son envol et la jouissance de l'être supérieur, jeté tel un phoenix, à ce ton croissant dans l'espace, dans la vibrante mesure du savoir et de la prophétie, selon l'altitude vertigineuse de l'inventaire et l'assurance grave de ce corps tourné vers la foule avec l'approbation, le regard tendre et complice des autres sexagénaires.
mardi 16 décembre 2008
Le monde du Meshugah
le ciel s'est maintenant voilé, une brume suave et délicate, surprenante, presque imperceptible, ou bien n'est-ce que l'air du soir plus frais qui développe ainsi que les prémisses fausses un raisonnement hasardeux cette incertaine impression, avant-garde ou marche du voilement nocturne, épaissit subrepticement, comme à la dérobée, l'espace, la gelée matinale blanchissait les toits et le givre s'était déposée sur les vitres des voitures, à l'arrière-ban serein moineaux, mésanges, merles, grives et, giclant comme une tape sur l'épaule, le vol à tire d'ailes épaisses et claquantes, qui, soudain, brisa la tranquillité de l'air, d'une tourterelle peut-être fâchée, en tout les cas pressée, c'est au Passage Fleuriot de (la barre de la lettre "d" est effacée, grattée dans sa partie supérieure, et cette quatrième lettre de l'alphabet atrophiée, scalpée, décapitée, décoiffée tire la tronche en "o") Langle que la vaste tente chauffée aux bandes grises, blanches et vertes de Dialogues, qui bruisse de tant de passage, a été plantée, une grappe humaine patientait calmement devant les établis de planches posées comme à l'entrée d'une ruche, l'air est sec et doux, près du centre de torture Physic Form sarl, à la lettre "y" bleue coiffée d'un point blanc, deux bras levés en signe de victoire et d'effort et de souplesse, aux étoiles bleues croissant et décroissant au rythme d'un cardio-training, des cris comme des croassements ce sont les injonctions féroces d'une voix féminine qui s'envolent des fenêtres, souvent embuées, ouvertes desquelles apparaissent de sombres machines, des silhouettes en cadence, des corps en action, comme les motards de la police nationale qui, en bas de ces salles de torture, venait d'arraisonner sur le trottoir un véhicule fautif et, descendus de leurs machines, vérifiaient la carte grise et autres papiers administratifs, sautillent, volent, batifolent et glissent, piquent les branches du pommier,
samedi 13 décembre 2008
Le monde du Meshugah
torrents et cascades formés par les pluies diluviennes du concert nocturne de la nature au sortir de son marathon atlantique et qui, au petit matin, déshydratée, essorée, comateuse, en reprise de souffle, épuisée, semble s'être plongée sous une couette bleue, l'air d'un opéra célèbre était diffusé à la radio du bus numéro 28 de 20 heures 12, crise de l'intégration à la française ce matin sur France Culture, d'Asie la grippe aviaire réentonne son couplet et les poulets sont derechef éliminés... les crises s'égrènent et se psalmodient comme un chapelet mais une relance est promise, créée et élevée à la dignité d'une vérité effective_ un ministère, un avocat et une majuscule y suffiraient; viennent de fleurir quelques timides primevères communes ou Primula vulgaris, curieux éclats d'un doux jaune pâle sous la haie vert sombre, pigeons et choucas de concert quêtaient de leur bec, sans transiger de leur effort, du talus et de l'amas de feuilles qui tel un plaid lui couvre les pieds, leur pitance en vers ou lombrics ou limaces ou araignées ou larves en tout genre,
vendredi 12 décembre 2008
Un hêtre
Il se pouvait que rien n'arrivât, ni personne. L'avenue ne conduirait nulle part. L'hiver déploierait sa solitude glaciale et limpide. Plus tard, dans un avenir incertain mais prévisible, la neige commencerait à fondre. Des ruisseaux, de l'eau vive partout dans la forêt. Le bois travaillerait, la terre aussi, les sèves, les germes. Un jour ce serait vert. Viride même, foisonnant. Il y a un mot pour cela: le printemps. Alors, sur sa gauche, dans cette sorte d'éternité neigeuse, il voyait l'arbre. Au-delà du talus, de la rangée de la longue théorie de colonnes hiératiques, il y avait un arbre. Un hêtre, sans doute. Il supposait, tout au moins. ça en avait tout l'air. Détaché de la masse confuse des hêtres, au milieu d'un espace dégagé, somptueusement solitaire. L'arbre qui empêchait de voir la forêt, qui sait? Le hêtre suprême. Il faisait trois pas de côté, il se trouvait très drôle. Il soupçonnait pourtant que ce n'était pas de lui, qu'il ne venait pas d'inventer. Non, sans doute: une réminiscence littéraire. Il souriait, fisait encore quelques pas de côté. Il semblait bien qu'il allait traverser l'avenue, sans préméditation, selon une marche oblique. Il ne se souvenait d'aucun autre arbre. Il n'y avait aucune nostagie d ans sa curiosité. Pas de souvenir enfantin, pour une fois, surgi dans un remous de sang. Il n'essayait pas de retrouver quelque chose d'inaccessible, une impression d'autrefois. Pas de bonheur ancien, nourrissant celui-ci. Juste la beauté d'un arbre, dont le nom même, supposé, vraisemblable, n'avait aucune importance. Un hêtre, sans doute. Tout aussi bien un chêne, un sycomore, un saule pleureur, un bouleau blanc, un frêne, un tremble, un cèdre, un tamaris. La neige et le tamaris pourtant, ça n'avait pas de sens. Il disait n'importe quoi. Emporté par l'alégresse, en somme. Un arbre, c'est tout, dans sa splendeur immédiate, dans l'immobilité transparente du présent. Il avait franchi le talus, il marchait dans la neige molle, immaculée. L'arbre était là, à portée de la main. L'arbre était réel, on pouvait le toucher. Il tendait la main, il touchait l'écorce en touchant la neige glacée que le vent avait plaquée sur le tronc du hêtre. Il s'écartait aussitôt, prenant du champ, du recul, pour mieux voir. L'ensemble du paysage minime sous ses yeux. Il réchauffait ses doigts au souffle de sa bouche, il enfonçait les mains dans les poches du caban bleu. Il se campait sur ses jambes, regardait. Le ciel de décembre était pâle, une vitre à peine teintée. On pouvait rêver au soleil. Le temps passerait. Le hêtre se déprendrait de son manteau neigeux. Avec un frémissement sourd, les branches de l'arbre laisseraient s'écraser sur le sol des touffes poreuses, friables. le temps ferait son travail, le soleil aussi. Il le faisait déjà. Le temps s'enfonçait dans l'hiver, sa splendeur rutilante. Mais au coeur même, glacé, de la saison sereine, un futur bourgeon vert se nourrissait déjà de sèves confuses. Il pensait immobile, toute sa vie devenue regard méticuleux, que le bougeon niait l'hiver niait l'hiver, et la fleur le bourgeon, et le fruit la fleur. Il riait aux anges, presque béat, à l'évocation de cette dialectique élémentaire, car ce bourgeon fragile, encore impalpable, cette verte moiteur végétale dans le ventre enneigé du temps, ne serait pas seulement la négation mais aussi l'accomplissement de l'hiver. Le vieux Hegel avait raison. La neige éclatante s'accomplirait dans le vert éclatant.
Semprun. J. 2002, Quel beau dimanche
Descartes par Henri Lefebvre
Les premiers chapitres tendent à situer l'émergence de la pensée cartésienne dans un processus historique et philosophique (les conditions historiques du cartésianisme). Lefebvre s'intéresse donc aux idées dominantes du XVIème siècle et des périodes précédentes correspondant au Moyen-Age. L'analyse de Lefebvre s'inscrit dans une conception marxiste qui vise aussi à observer l'organisation sociale du pouvoir en place. C'est sur ce point que l'on perçoit l'écho d'une réflexion menée par Michelet à l'égard du Moyen-Age. Lefebvre revient sur les figures politiques du féodalisme, telles que le serf et le vassal qui marquent l'expression d'une structure politique fortement hiérarchisée. Cette analyse s'établit aussi sur la base d'une réflexion sur le pouvoir religieux (ecclésiastique). Selon Lefebvre et Michelet la religion catholique s'est établie selon un « Ordre » strict qui détermine socialement la place de chacun. On y perçoit les notions caractéristiques de la pensée marxiste. Lefebvre s'interroge aussi sur la place de la personne (de l'individu par extension, terme moderne) au sein de la structure sociale, ce qui le place dans un rapport spécifique au Tout. Michelet évoque en ce sens la rupture des représentants de la religion, des théologiens, avec la « base ». La mortification de la nature constitue pour lui un symbole puissant qui démontre la pauvreté d'une idéologie peu innovatrice et imaginative, contrairement aux mythes grecs, romains ou juifs. Ces éléments situent globalement les conditions historiques du cartésianisme. Selon Henri Lefebvre, la conception philosophique de Descartes marque un changement ontologique du point de vue de la conception chrétienne du monde, dans la mesure où la réflexion du philosophe tend à modifier, voire supprimer la hiérarchie des substances, des intermédiaires dans un rapport personnel ou individuel au divin. Descartes modifie en ce sens une structuration des faits entre la conscience individuelle (le cogito, la res cogitans ou substance pensante) et la Vérité, scientifique et absolue. C'est en lui-même, dans sa conscience, qu'il trouve ou croit trouver l'infini. Descartes situe la découverte de la Vérité au coeur de la conscience et tend à prouver que celle-ci ne vient pas de lui-même. Elle est là, pourrait-on dire, apparaissant à l'examen de la conscience. On note aussi la nécessité de revenir sur la traduction de la fameuse proposition: « Cogito ergo sum ». La philosophie cartésienne rompt aussi avec un processus d'analyse syllogistique, basé sur le modèle de catégorisation aristotélicien. (Tout homme est mortel. Socrate est un homme, donc Socrate est mortel). Descartes s'oppose ainsi à une conception théologique et politique linéaire (observable sur un plan vertical) représentée par l'influence des écrits de Saint-Thomas d'Aquin au cours du moyen-âge. On comprend mieux encore, sous cet éclairage, l'impact de la philosophie cartésienne à l'échelle de l'histoire des idées. Il serait intéressant de s'interroger sur les réactions et les conséquences de cette nouvelle pensée, d'ailleurs similaire en certains points à la réforme protestante (ou janséniste), auprès des contemporains de Descartes et surtout des ecclésiastiques. Parmi les objections formulées à l'encontre des Méditations, on compte les écrits du théologien Catérus, qui déduit malicieusement de l'expression cartésienne la conclusion suivante: « Je pense donc je suis; or cette pensée et cet esprit, ou il est par soi-moi-même ou par autrui; si par autrui, celui-là enfin par qui est-il ? S'il est par soi, donc il est Dieu... » (Premières objections contre III, V et VI Méditations). Monsieur Descartes se prendrait-il pour Dieu ? Il y aurait là en somme une observation tout à fait critiquable et condamnable pour celui qui chercherait à maintenir l'ordre. La méthode de Desartes est en ce sens révolutionnaire et l'on perçoit depuis ce postulat l'apparition de nouveaux positionnements philosophiques: matérialiste d'une part, pour Spinoza et les philosophes du XVIIIè, spiritualiste et conservatrice pour les philosophes comme Malebranche ou Leibniz). Le Cogito pose un nouveau rapport dans la conception de l'individu (pensant) à la Vérité. Descartes y intègre une « donnée immédiate », objet de la conscience. Il en découle un certain nombre de questions qui porteront sur l'ordonnancement de la réalité. Si l'on pose comme un fait le rapport direct de de chaque « individu pensant » avec la vérité, comment établir un ordre de pensée entre les individus et surtout entre les pensées? Si l'ordre ne peut être préexistant à la connaissance, si la pensée qui avance constitue en avançant son ordre, comment fonder en réalité cet ordre? (réflexion posées par Leibniz et Spinoza).
La sorcière de Michelet
Lecture de La sorcière de Michelet, dont l'écriture et le sens critique annoncent d'une certaine manière la naissance d'une réflexion poursuivie par Michel Foucault ou encore aujourd'hui par Michel Onfray. Leur œuvre tient au même souci de compréhension de la société et de la politique, ce à travers un travail de réhabilitation de l'histoire. Les pages consacrées à l'avènement du christianisme, l'instauration de son pouvoir, voire son emprise, en Europe, notamment au cours du Moyen-Age, sont lumineuses. Quelques lignes illustrent ainsi le passage d'une religion et d'une philosophie à l'autre. Michelet constate que ce changement apparaît à travers le statut réservé à la nature, désormais bannie et mortifiée. Il note aussi l'absence d'imagination de la pensée chrétienne, représentée par l'austérité des « moines copistes » du Moyen-Age, qui ont en quelque sorte renoncé à l'approfondissement d'une réflexion ontologique.
Le monde du Meshugah
,pompiers et ambulanciers, nerveux, fuyant les ralentissements et les feux rouges, indisposés par les priorités, attentif à sa seule distraction, un homme, à la barbe grisonnante et drue, fumant un demi sur la table auprès de laquelle il se tient debout dans l'officine bâchée de l'entrée du bar Le Lakatao près des halles saint-Louis, dans le froid, à la nuit tombante, recroquevillé dans sa lutte contre l'engourdissement, un stylo à la main, planche sur les mots fléchés du journal, avec des gestes pesés et lents, bombardaient de leur passage éclair un son et lumière rouge et bleue les rues de la ville, les moineaux fébriles, rapides, une mésange paisible lissait son plumage blanc bleu et jaune, semblent ne s'occuper qu'à folâtrer dans les haies, sautillant de branche en branche, quittant quelque poste de guet pour mieux y revenir l'instant suivant, le temps d'une course et d'une visite dans l'antre d'un sapin, trottoirs et caniveaux se tapissent d'épines, leur odeur sauvage comme une ultime et intense réminiscence, des pins abattus et exposés à la vente, Brest se découvre telle une blanche ville lunaire, au Forum Roull, une tente aux bandes blanches et vertes a été montée, face à Dialogues Musiques, et les étudiants-employés-saisonniers y exercent de leurs doigtés le fastidueux labeur de l'empaquettage des livres ou disques ou DVD, une petite dame vêtue à la brestoise leur demanda mi anxieuse mi comique s'ils n'avaient pas vu un homme chercher sa femme, il s'était remis à pleuvoir, lourde, lente et cependant délicate, elle prenait son temps, les bus déclinent à l'actif des itinéraires bis, les consignent du P.C. affluent, de contournement, d'évitement, la pluie grésille et crépite sur les toits et les vitres, de courts tracts traînaient dans les poubelles et sur les marches métalliques de l'escalier s'adressait à "la jeunesse en crise" et invitaient prestement de commander pour Noël les cadeaux suivants : Les Conseils Ouvriers d'Anton Pannekoek, De la Misère en Milieu Etudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier et La Folle Histoire du Monde de Michel Bounan, les auteurs de ce tract invitaient ensuite à laisser commentaires et critiques sur http://nantes.indymedia.org/article/15565, ce soubresaut final "Contre l'Exploitation du Bétail Humain", et cette dernière formule "communisation vs socialisation",
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