mercredi 3 décembre 2008

Le monde du Meshugah

dans son costard à paillettes le ciel furibard en pétard s'écroula et se déversa sans vergogne, s'adressant au fumeur accoudé au rebord de la fenêtre abritée sous son grand et solide parapluie : "qu'il fait froid! [un temps] c'est l'hiver!", les caniveaux s'enfiévrèrent, les trottoirs firent courir des ruisseaux impétueux et puissants, des torrents capricieux dévalaient vers les gueules pleines et repues des égouts, ce parapluie noir de Londres est à l'agonie, soulevé et retourné, les minces tiges de sa crinoline, de l'armature métallique, se courbent, glissent, s'échappent, se tordent et se cassent, s'effondre, ce parapluie meurt à petit feu, "AU FEU LES PRISONS!" écrit en lettres capitales noires sur le mur blanc de l'ancien garage faisant face à la bibliothèque Neptune dont les vastes locaux sont, maintenant, à louer, nul ne patientait sous l'ondée formidable, c'est à cette heure que le long du cinéma Liberté le pied se presse, les talons résonnent, le pas s'allonge, les cuisses forcent, le buste se courbe, les bras scandent une marche rythmée et forcée, ce sont des automates pressés et tendus et nerveux à l'idée d'être en retard, de manquer le début du film, d'être freinés dans une file d'attente, en groupe, seul ou alors en couple main dans la main, bras dessus bras dessous, même foulée et cadence semblable, ils sont portés par un même élan (l'amour? l'envie de faire pipi?), d'aucuns fument devant la série des lourdes portes vitrées, au-dessous des petites affiches des films et des horaires des séances, avant de s'y engouffrer happés par le puissant courant d'air chaud, sous l'ondée chacun se pressait et, le haut du corps abrité sous un parapluie, la tête sous un chapeau ou une capuche, râlait et se plaignait, des crises économique, alimentaire, financière et monétaire, industrielle, environnementale, immobilière, sanitaire, la bruine, frisquette, s'éparpillait, passagère et matinale, la ville demeura invisible de la route, de la perspective à travers champs qui s'y ouvre, qu'empruntait l'autobus, perdue, emmitouflée sous le ciel bas brumeux, le soleil et le bleu réapparurent enfin, un léger vent se faisait sentir, le chat roux passa le portail, s'en allant vers l'arrière de la maison puis, soudain, comme inquiet, d'une allure pressée, vivement revint au plus court et franchit la barrière pour disparaître,

mardi 2 décembre 2008

Le monde du Meshugah

un cloporte sans aucun doute, "voire de provoquer le déraillement du train des réformes mises en place par le gouvernement", un lombric pareille à une brindille dans la nuit se traîna de tout son long en ondulant sur le sol devenu glissant, une forte et âcre odeur nauséabonde venait du quartier des rosiers, de Meaux, la pointe d'un nuage éclatait d'un rose intense au lever du soleil cependant que plus au Nord le ciel se paraît de rose pâle et les nuages gris-blancs et immobiles paraissaient sans profondeur découpés dans du papier, les lourds nuages gris tandis qu'un téléphone sonne férocement sans qu'elle sache le nom de cette vibrante et entêtante et folle musique masturbatoire mais s'excusa trottinaient, paisiblement, vers le Sud, sans hâte, Nantes redeviendrait la capitale de la Bretagne : car celle-ci compte quatre départements "magnifiques", et ne lui dit-on pas que celle-là en est sa capitale alors que c'est les Pays de Loire; les journaux locaux font part dans leurs pages de l'effervescence et de l'émoi suscités par cette contradiction soulevée du plus haut de l'Etat, souriant, encourageant presque heureux, des filaments blancs pelotonnés grouillaient, s'étant entretenu avec le centenaire du vendredi enfin reposé, calmé, massé, la colère retombée, détendu et assagi, prêt à endurer sa leçon d'histoire, un chat à la tête démolie était étendu, une puissante grêle se mit à tomber soudainement et certaines billes blanches restèrent accrochées aux ardoises comme soudées, les os de ses pattes apparaissaient à vif et les vers y fourmillaient telle une pelote vivante, des Pères Noël répétitifs assiègent les augustes façades grises et délavées des maisons et des immeubles, sans originalité, suspendus, pendus ou simplement posés contre le rebord d'une fenêtre, soumis aux milles intempéries, il maigrissait à vue d'oeil pour n'être plus sur la fin qu'une couverture de poils, creuse, vide, un chapelet de petits os fragiles en lieu de ses pattes, de même que le Parti Socialiste, dégonflé,

dimanche 30 novembre 2008

La médiatisation des affaires judiciares

Le retour de Bertrand Cantat annoncé dans les studios d'enregistrement et sur la scène publique est l'occasion de mesurer le degré de popularité du système disciplinaire qui correspond à notre société. On s'aperçoit que les questions relatives à la réinsertion d'un ancien détenu et plus fondamentalement au principe même de la peine et du pénitencier, qui sous-entend la notion de rachat, ne sont pas intégrées et au contraire majoritairement rejetées. On en déduit que la peine désigne un principe moral irréalisable. On peut estimer sur ce point que la médiatisation des affaires judiciaires, dans un premier temps mal acceptée, constitue une charge allant à l'encontre de son déroulement. Les dérives de l'affaire d'Outreau ont récemment montré l'influence exercée par les médias dans le déroulement de l'instruction dirigée par le jeune juge alors chargé de l'enquête. De nombreuses chroniques judiciaires et autres feuilletons occupent depuis longtemps maintenant une place centrale dans les colonnes des journaux et magazines de presse. On se souvient que de nombreux écrivains ont couvert, par le passé, des affaires célèbres en prenant parfois position, ce qui a aussi contribué dans bien des cas à toucher l'opinion. On peut dès lors admettre que la place attribuée au journalisme et le relais porté par ce dernier constitue un élément intégré à la prise de connaissance des faits juridiques notamment lorsqu'il assure une forme de contre-pouvoir allant dans le sens d'une reconstitution de la réalité. L'apparition de ce volet d'investigation et d'information dans le monde télévisuel a semble-t-il contribué à transformer le mode de représentation de l'organisation judiciaire et de ces acteurs, par l'introduction de l'image et le recours aux techniques audiovisuelles, de tournage et de montage, dans un milieu clos duquel s'échappait jusqu'à présent le seul rapport d'un journaliste. On pourrait simplement estimer qu'il s'opère un changement de technique, mais au-delà du commentaire et du propos, on voit apparaitre une nouvelle force de conviction, à travers des vertus démonstratives associées à l'image qui s'impose d'elle-même comme objective. La télévision, capable de représenter la réalité, devient un instrument de vérité ou de vraisemblance. On comprend aussi le caractère incidieux de cette entrée dans le cercle intime de la justice et le secret de l'instruction. On ne compte plus les documentaires, reconstitutions, émissions spécialisées, vrai-faux objets qui fleurissent sur le petit écran et couvrent de près ou de loin ce volet. C'est que le monde juridique représente un marché lucratif, intégrant les aspects de la polémique, de la controverse, du populisme et les ficèles du feuilleton associant la peur, la violence et le voyeurisme. L'entrée des caméras dans cette sphère gardée secrète, voire invisible, au sein des tribunaux, les prisons, dans une moindre mesure, au nom des libertés fondamentales, soulève de nombreuses questions dans la mesure où cela constitue un élément nouveau qui rompt avec une ligne politique et morale adoptée il y a deux siècles. Le retour du visible, avec l'apparition et la diffusion de l'image nous renvoie à la particularité du châtiment, pratiqué autrefois. On observe une simple substitution du lieu d'exposition de la punition qui ne s'opère plus sur la place publique mais à l'échelle du réseau audiovisuel. Mais on peut surtout craindre que cette nouvelle intrusion constitue un élément contraignant du point de vue du principe social et moral qui s'effectue derrière l'application du jugement et de la peine. Le traitement médiatique des affaires judiciaires est conçu de telle sorte qu'il s'impose de façon arbitrale, et compromet l'équilibre juridique dans la recherche d'une forme de réparation idéale pour le maintien de la société. Le comportement outrancier des médias à cet égard nous amène incidieusement à oublier et mépriser l'intimité des deux parties engagées dans un procès, l'intimité des blessures et des souffrances endurées par la ou les victimes, la responsabilité et les remords de l'accusé face à ses actes, etc. Ce qui ressort des affaires citées précédemment. Cela traduit plus généralement une entreprise de vulgarisation des faits, d'infantilisation et d'aliénation des individus et de leurs droits les plus fondamentaux et représente un danger évident pour l'équilibre d'un système démocratique. Ces dérives sont également inquiétantes si l'on considère que la condamnation peut s'effectuer en dehors du cadre légitime de la justice, par la pression et le pouvoir d'un jury autoproclamé et que le condamné peut être jugé pour un autre crime que celui qu'il a commis.

A ton étoile (Noir Désir/Tiersen)

vendredi 28 novembre 2008

Le monde du Meshugah

"on est tous des stars en All-Star", un climat de coalition règne désormais au Parti Socialiste avec une montée des marches tout en sourire des deux amies devant caméras de télévision et photographes de la presse politique ou people afin de rejoindre le nouveau bureau de "Martine" tandis que, debout, Nicolas Sarkozy, revenu des Etats-Unis, en tribune, le doigt tendu et vengeur de la main droite, admonestait, s'emportait, s'agitait, grondait, s'essuyant une goutte de sueur qui perlait ou se frottant ou se grattant ou n'est-ce qu'un tic du bout de ce même doigt le coin de son sourcil droit, au Congrès des maires de France, l'air farouche et coléreux, car nul n'est au-dessus des lois de la République, se tournant vers un public sur sa gauche un peu en retrait, afin de renforcer son avertissement ou de n'en exclure personne, hors cadre de la caméra de la télévision exclusivement braquée sur lui, avec cependant un plan large vers la salle des maires assis, la pluie abondante de la nuit avait laissé place à un ciel bleu, le soleil y faisait du rase-motte, parsemé de quelques nuages blancs sans un souffle de vent, un escargot s'était hissé jusqu'en haut de la haie puis disparut, une araignée momifiait sa proie, d'autres compères, tapies dans leur trou et n'y laissant apparaître que certaines de leurs pattes, prêtes à bondir, bilaient dans l'obscurité du garage sur la venue de quelques chalands naïfs et intrépides le long du mur, en maraude, embusquées, France culture fêtait ce vendredi les cent ans de Claude Lévi-Strauss, "ce grand esprit de notre temps",

mardi 25 novembre 2008

Le monde du Meshugah

s'invectivaient en se postillonant sournoisement des Frêche ou Fabius selon le camp auquel ils appartenaient, car il y aurait eu triche selon le camp de "Ségolène", en appelaient augustement aux grands Anciens, pour ainsi magiquement retrouver une dignité égarée et une légitimité absente, ces imminents hommes politiques ayant fondés et dirigés le Parti, Jean Jaurès ou Léon Blum, ameutaient de futures manifestations rue de Solferino, se braquaient les uns les autres, certains menaçant d'aller en justice, d'autres de revoter, les mêmes peut-être, "Parti Suicidaire" à la Une de Libération, scission ou implosion, énervement des uns agacement des autres, les politologues de tout poil à cran s'enflammaient à leur tour en proie à l'abattement, à la fatalité, saisis d'écoeurement mêlé d'une amère ironie, proposaient des solutions pour sortir de cette impasse au nom de l'amitié qui unit, en dernière analyse et d'après ce qu'elles mêmes semblent prétendre en l'insérant, ce mot d'amitié, dans leurs discours hargneux et emphatiques, tout ce monde houleux rangé en deux fronts : les Royalistes et les Aubryistes, chacun insultant l'autre d'archaïsme pour mieux se draper des oripeaux de la modernité tant désirée : cet esprit de changement, de radicalité ou de changement radical, cette vision politique en phase avec son époque... ce Parti est en crise, de même que la finance, les banques, l'économie, l'industrie, le Chivu, l'automobile, Libourne saint-Seurin ou Arsenal... Nicolas Sarkosy et Carla Bruni-Sarkosy couraient amoureusement et dignement dans les rues nocturnes de Washington, une commission dite de récolement siégait et étudiait dans "une ambiance de camarades" les résultats du vote et devait conclure en la victoire de "Martine" avec 102 voix d'avance, les caméras de la télévision française à leur suite,

samedi 22 novembre 2008

Le monde du Meshugah

hésitaient et s'agaçaient, tremblaient, désespéraient et huaient puis votèrent et "Martine" obtint 42 voix de plus que "Ségolène", au second tour du suffrage, elle s'excusa de ne pas lui avoir retenu la porte qui se refermait, Nicolas Sarkosy si occupé ces dernières semaines pour le bien des français, et cela n'avait rien à voir avec un manque de respect à leur avers prétendait-Il, interrogé par un journaliste de TF1 à la porte de Sa chambre d'un hôtel de Washington, d'une voix basse, d'un air las, le teint livide voire blafard, de ne pas s'intéresser à la cuisine interne, au congrès de Reims du Parti Socialiste, à son destin, au débat en son sein en vue de l'élection du prochain Premier Secrétaire du parti, Tania Young recueille l'unanimité des suffrages d'un certain public masculin de France 2, entre sa présentation "révolutionnaire" de la météo et la douce impression pour d'autres de reconnaître en sa personne les qualités des jeunes filles de leur jeunesse, n'hésite pas à leur promettre de passer une bonne nuit en concluant son office, et le lendemain, dès potron-minet, en short, baskets et tee-shirt, et pour se remettre les idées en place, sous la pluie de l'Est américain, escorté de quelques gardes du corps, il s'en va dans les rues de Washington faire son footing, sautant pour éviter les flaques d'eau sur son passage, saluant d'un geste vif d'essuie-glaces de la main droite tendue, les doigts collés les uns aux autres, les employés de l'hôtel qui, plus loin en face de lui, au-delà du cordon de sécurité, fumaient une clope ou traînaient en sirotant un café ou faisaient une pause en discutant entre eux ou attendaient pour les voir et les saluer les Hauts Dignitaires des richissimes États, en particulier celui de la France, pressé mais piétinant car l'attendant, ils semblaient hilares et répondirent à Son salut, Son Épouse, qui exécutera la même danse sportive à Ses côtés dans les rues de Washington, vêtue d'un rose jogging, Son auguste Tête protégée d'une radieuse casquette, Elle était très appliquée et Sa foulée assurée,

vendredi 21 novembre 2008

Hommage à Julien Gracq

-Jean Guillou à l'orgue-

mardi 18 novembre 2008

Le monde du Meshugah

un lombric aussi long que la tige fourbue de Rocco Siffredi et fin comme la queue octogénaire de Mickey s'était égaré dans le garage où gisent des feuilles pétrifiées de courbure que le vent apporte lors des nuits de mauvais temps quand la porte s'ouvre, que la nuit épaisse s'éclaircit avec patience, qu'un chat gris s'étant faufilé par le creux de la haie se sauve par l'allée vers l'arrière de la maison, que soudain la fumée de cigarette prend des airs de fantôme, que l'air embaume de tilleul, que les nuages claquent quelques averses timides, que le souffle rauque des avions au-dessus des nuages ou que leurs lumières clignotantes et leurs longues traînes célestes apparaient entre les étoiles et les constellations, ou est laissée durablement ouverte dans la journée, en ville la Renaissance à la devanture bordeaux se sera substituée au World's end, les guirlandes électriques et publiques de Noël dans la rue de Siam ont été montées ainsi au centre de la future frise lumineuse une grosse boule surmontée d'un cône encore gris, les militants du Parti Socialiste supputaient entre "Ségolène", "Martine" et "Benoît"

samedi 15 novembre 2008

L'avenir du Parti Socialiste ?

Ségolène Royal Zenith -27/09/08- Partie 2

L'avenir du Parti Socialiste?

Ségolène Royal Zenith -27/09/08- Partie 1

vendredi 14 novembre 2008

Le monde du Meshugah

,chagrin et crachin le ciel, les choucas patientent telles des gargouilles sur les antennes des toits, deux mésanges traînent avec une bande de moineaux nerveux et craintifs, un rapide bruissement d'ailes, timide courant d'air, le temps est en attente,