les averses se succèdent et rapportent dans leur sillage heureux un coin de ciel bleu blanc de nuages nains qui ne peuvent s'amuser, si pressés, à conter fleurette à la colonie de mouettes, ayant établie ses quartiers sur les toits de la ville en vue, des hauteurs de son vol, de sa campagne de fouille archéologo-alimentaire sur les terres du Spernot, tels ces cyclistes qui, par bande et sous celles-là, défilent en s'entraînant, et inversement, sur les belles avenues, routes, rues, maintenant sécurisées et aux nids de poule comblés, accompagnés d'une voiture barrée sur sa longueur du nom de l'équipe_le sponsor_, tel Quick Step qui passait, à l'instant, avenue Foch, celle qui longe l'Hôpital Morvan, lieu d'un tournage de film en mai dans les anciens bâtiments des urgences dont quelques photographies sont publiées dans le magazine Pen Ar Bed de ce trimestre, si sa parution est trimestrielle, reçu en début de semaine, lundi ou mardi mais certainement pas hier, sur l'une d'entre elles, il y en a deux voire trois mais certainement pas plus car s'il existe bien une autre photographie d'un lieu de tournage, et c'est avéré par une consultation pluri-quotidienne, depuis son dépôt dans la boîte aux lettres et son arrivée évidente auprès des Ouest-France du lundi et mercredi de cette semaine sur le frigo contiguë au four à micro-ondes, chaque fois qu'une tasse d'eau est mise à bouillir dans le four à micro-ondes ou une casserole d'eau sur la petite plaque du four alors l'attente de quelques minutes est réservée aux mots fléchés, mots croisés parfois sudoku du quotidien mais aussi et plus étonnamment à sa lecture c'est à dire clairement l'ensemble des articles (de la politique au sport) clairement la lecture du journal se découpe par tranche de quelques minutes et sur plusieurs jours, de ce magazine, il s'agit d'un deuxième film, n'ayant aucun lien avec le précédent si ce n'est que l'histoire se déroule dans la même ville, la salle du Vauban, contant l'histoire d'un jazz man, le ciel en pianotant sur le clavier persiste dans son goût du bleu, quoique barré de lourds nuages blancs et gris-blancs, si grands déjà, mais, soufflant sans délicatesse, les feuilles de plastique qui protégeaient les multiples vitres de la faculté des lettres et sciences sociales Victor Segalen du ravalement de ses murs battent au vent, prêtent à s'envoler, selon les classiques et poétiques et romantiques comparaisons ou images, telles les voiles d'un navire fantôme à l'abandon ou en prise avec la fureur de la tempête, et la descente de l'échafaudage, sur ce chantier, dans les cris des jeunes ouvriers, dont l'un portait avant hier un tee-shirt blanc customisé ou personnalisé à peu de frais au feutre noir et dans le dos du numéro 9 et au-dessus son nom ou son diminutif Mick ou Nick, tout aussi sûrement, retentit du claquement des poutres ou tubes qui s'entrechoquent et du chuintement de la machine élévatrice, du planant vol rapide d'une mouette, sur les bancs gris métalliques du parvis gris on en grille une, un bus passe sur l'avenue Foch, peut-être un 23, difficile à dire tant les rideaux sont tirés et le dos tourné à celle-ci, et au bruit quelle guigne, tiens! Claude fait son entrée en chantonnant, tiens! sur le sol carrelé de la salle à manger, près de la chaise rouge de laquelle le lecteur s'en est allé toujours d'un vigoureux rire, une déferlante, de vieux papiers sont déposés, après leur lecture et en attente de leur rangement, des fournitures, des comptes, des procès-verbaux d'achats, de travaux entrepris et consignés d'une écriture datée sur du papier jauni et se détachant de ce petit tas de menus documents, un titre saute aux yeux, comme cette mouette aperçue tantôt dans son vol rapide, le Certificat de Bonne Conduite fait sourire et sonne son temps d'avant mai 1968, du pouce et de l'index son extraction se fait, de l'armée de terre française signée par un lieutenant de ce régiment au sein duquel il officiait, durant son service militaire, lui qui naquit en 1899, datée de 1922, année où il en fut libéré, en tant qu'infirmier, à Casablanca, Maroc;
jeudi 3 juillet 2008
mercredi 2 juillet 2008
mardi 1 juillet 2008
L'Espagne Championne d'Europe, pas de Navarre
"Saluons la gloire de l'enfant". Le joueur star de Liverpool Fernando Torres, dit El Niño, est entré dans l'histoire en inscrivant le seul but de la rencontre de la phase finale opposant l'Allemagne et l'Espagne. "L'enfant a marqué et le peuple exulte. Il est enfin délivré, après quarante ans, de cette longue traversée du désert", c'est ainsi que l'on pourrait résumer la victoire espagnole. C'est une proposition qui nous amène alors à considérer les qualités du discours prophétique, l'espace d'où il emerge et le portrait de son auteur potentiel. Le monde du football est intéressant car il s'inspire et reproduit assez fidèlement les codes sociaux qui l'entourent. On a pu constater que l'enjeu de cette coupe d'Europe portait sur la "transition", sur "l'héritage" trans-générationnel, sur l'avenir d'une équipe qui fonde ses espoirs sur la JEUNESSE. Mais de quelle jeunesse s'agit-il? Le football a en effet considérablement revu à la baisse le temps de carrière et l'âge de ses joueurs. Thierry Henry, à 31 ans, est présenté comme un joueur en fin de carrière, Claude Makelele, à 35 ans, fait figure d'incroyable "vieux lion", etc.
On a ainsi pointé du doigt l'échec des vieilles grandes équipes -restes de la vieille Europe?- et relevé les brillantes promesses des jeunes sélections portées vers l'avenir. On distingue ainsi les vertus qui sont désormais révérées par notre société, au niveau de sa politique sociale valorisant la spontanéité, l'audace, la fougue, alors synonymes de jeunesse, et "les risques" pris dans le jeu. On observe aussi l'effet d'une annonce ou d'un impératif. Il faut réformer le sport au même titre qu'une entreprise s'appuyant sur le dynamisme de ses jeunes cadres! Le football n'est plus qu'un vaste et sombre commerce. Etrange coïncidence donc que le héros salué à la fin de cet Euro ne soit autre qu'un "Enfant" ou un "Gamin"...
Ce but vainqueur permet à l'équipe espagnole d'être consacrée pour la seconde fois de son histoire, Championne d'Europe des Nations.
Titre qu'elle n'avait pas remporté depuis plus de quarante ans. Mais cela peut-il avoir le même sens partout en Espagne? Si l'on considère notamment la configuration sociale et politique du pays aujourd'hui et son évolution depuis 1964 (période franquiste). La victoire hispanique peut-elle crée le même consensus, la même adhésion que dans n'importe quel pays d'europe? L'Espagne apparait en effet divisée en régions "identitairement" très fortes et plus ou moins indépendantes. Les clubs participant d'ailleurs au championnat de football espagnol apparaissent souvent comme les représentants de cette différence. On peut considérer de cette manière que la victoire espagnole au championnat d'Europe des Nations résonne comme un paradoxe inextricable. L'équipe comptait d'ailleurs plusieurs joueurs issus de ces régions et l'on peut se demander comment ces acteurs de premier plan négocient cette distinction opposant d'un côté la "région" et de l'autre la "nation". Mais ne demandons pas à des gamins, des footballeurs, de trancher sur ces questions. On peut imaginer que la victoire nationale soit communément apréciée, mais seulement à partir d'un arrangement passé avec la présence de leurs joueurs au sein de l'équipe. Mais nous connaissons aussi, l'ancien président Jacques Chirac s'en souvient très bien, les répercussions sociales, psychologiques de ces victoires sportives et leur inflence au niveau politique! Peut-on estimer, en ce sens, que la Catalogne, dans son bras de fer avec le gouvernement espagnol, a elle aussi gagné? Est-ce que le Pays Basque ne s'est pas tiré une balle dans le pied? Et l'Andalousie, la Galice? Est-ce que Xavi et Puyol n'ont pas contribué à faire gagner Madrid et son Roi? Dures questions pour les amateurs de football, supporters du F.C Barcelona, du Celta Vigo, du F.C Valence, etc. !
Joàn P.
S.D à Marta
Les signes de la misère
Nous passons notre temps à fantasmer sur les "lieux" où se délierait l'éclosion du temps ou plus précisément de l'événement. Alors que nous vivons en permance dans ce retrait, ces non-lieux, comme suspendus au jaillissement du temps le plus proche, le plus intime, nous guettons chaque signes avec plus d'insistance, nous interprétons et "surinterprétons" ce qui nous est donné à vivre en imaginant ce qui viendra, sans y déceler ce que nous espérons ou ce que nous désirons avant tout. Tout cela tient à "l'orgueil" d'une société, qui croit en son pouvoir et à son fondement, et qui ne peut, par conséquent, admettre ou concevoir son déclin.
lundi 30 juin 2008
Heidegger -6
Ce volet marque la fin de la série "Life and Philosophy" consacrée à Heidegger. La série porte davantage sur la biographie du philosophe et la question de son adhésion au parti Nazi, que sur l'oeuvre elle-même.
dimanche 29 juin 2008
Epicure
Epicure (341-271)
L'oeuvre d'Epicure domine l'histoire du matérialisme antique. Peut-être vaut-il la peine de rompre avec l'ordre de la chronologie pour dresser le bilan de cette oeuvre capitale... Epicure naquit en 341. Son père Néoclès, du vieux clan athénien des Philaïdes, avait émigré à Samos, que les Athéniens avaient colonisée: il y vivait pauvrement sur une ferme coloniale, et faisait le maître d'école. Quand il eut quatorze ans, Epicure alla faire ses études dans l'île voisine de Téos, où Nausiphane professait les mathématiques et la physique ioniennes: c'est sans doute là qu'il connut les idées de Démocrite. A dix-huit ans, il se rendit pour la première fois à Athènes pour accomplir son année de service militaire. Xénophane dirigeait alors l'Académie de Platon. Aristote vivait à Chalcis.
L'oeuvre d'Epicure domine l'histoire du matérialisme antique. Peut-être vaut-il la peine de rompre avec l'ordre de la chronologie pour dresser le bilan de cette oeuvre capitale... Epicure naquit en 341. Son père Néoclès, du vieux clan athénien des Philaïdes, avait émigré à Samos, que les Athéniens avaient colonisée: il y vivait pauvrement sur une ferme coloniale, et faisait le maître d'école. Quand il eut quatorze ans, Epicure alla faire ses études dans l'île voisine de Téos, où Nausiphane professait les mathématiques et la physique ioniennes: c'est sans doute là qu'il connut les idées de Démocrite. A dix-huit ans, il se rendit pour la première fois à Athènes pour accomplir son année de service militaire. Xénophane dirigeait alors l'Académie de Platon. Aristote vivait à Chalcis. L'année suivante, Perdiccas de Thrace attaqua Samos et en chassa les colons athéniens. Néoclès vint habiter Colophon. On lit dans Gilbert Murray un tableau vraisemblable de ces années de la jeunesse d'Epicure:
Les années qui viennent de s'écouler nous ont appris qu'il y a peu de formes de la misère plus dures que celles qu'endure une famille de réfugiés, et il y a peu d'apparences qu'elles aient été plus faciles dans l'antiquité. Epicure, semble-t-il, édifia sa philosophie tandis qu'il aidait ses parents et ses frères à passer ce mauvais moment. Le problème était de rendre supportable la vie de la petite colonie et en somme il le résolut. Ce n'était point le genre de problème que le stoïcisme et les grandes religions abordaient spécialement: c'était à la fois un problème trop terre à terre et trop pratique. On peut aisément imaginer les conditions auxquelles devaient s'appliquer ses préceptes. Les malheureux réfugiés qui l'entouraient se torturaient de terreurs inutiles. Les Thraces les poursuivaient. Les Dieux les haïssaient: il fallait qu'ils eussent commis quelque péché qui mérite châtiment. Il aurait mieux valu mourir immédiatement, mais ce péché leur aurait infligé les plus dures souffrances par-delà la tombe. Dans leur détresse, ils s'énervaient mutuellement, et cette amertume réciproque doublait leur misères*...
En 310, Epicure quitta Colophon et fonda une école de philosophie à Mytilène. Mas il alla bientôt s'établir à Lampsaque, sur la mer de Marmara. Les disciples affluaient; il y avait parmi eux des hommes importants, commeLéontéus et Idoménée. Ces amis d'Epicure pensèrent qu'un tel maître devait enseigner dans la capitale de la philosophie et ils achetèrent pour lui, à Athènes, une maion et un jardin et les lui offrirent. Epicure revint donc à Athènes en 306. Il s'y mêla quelque temps au mouvement philosophique, mais il s'en dégoûta promptement, et s'en éloigna. Il demeura tout le reste de sa vie, malgré les angoisses de l'époque, dans le célèbre jardin qui porta son nom à l'école. Il nefit guère que quelques courts voyages à Lampsaque et dans le voisinage. Mais ses disciples d'Asie le rejoignirent, d'autres élèves se joignirent à eux: il y avait là des philosophes comme Métrodore, Colotès, Hermarque, Léontéus, Idioménée, des esclaves comme Mys, des filles, comme Léontion, Nikidon, Mammarion.
Epicure mourut de la pierre, après quatorze jours de souffrances qu'il supporta comme il convenait à sa philosophie. Diogène Laërce raconte ainsi sa mort:
Se sentant mourir, il se fit mettre dans un baignoire de bronze remplie d'eau chaude et demanda une coupe de vin pur qu'il vida. Ayant adjuré ses disciples de se rappeler ses leçons, il expira. J'ai composé sur lui l'épigramme suivante:
Adieu, rappelez-vous mes leçons. Ainsi parla à sa mort Epicure.
Ce furent les derniers mots qu'il dit à ses amis.
Il se fit mettre dans un bain chaud, un gobelet de vin demanda;
Il le but et bientôt aspira les souffles glacés de Hadès.
Telles furent la vie et la mort d'Epicure*.
*MURRAY Gilbert, 1935, Five stages of Greek religion, London: Watts & Cie.
*LAERCE Diogène, X, 15, 16
NIZAN Paul, 1938, Les Matérialistes de l'antiquité, Paris: Maspero.
Heidegger -1
L'émission "Life and Philosophy" de BBC consacre différents volets au philosophe allemand, Martin Heidegger...
Le long regard
Qui connaît le long regard, en silence, dans la demi-obscurité que le ravissement répand sur toutes les choses et les hommes, quand seuls nous voient encore les yeux de la femme aimée et que nous y voyons comment nous sommes vus, dans un temps, un espace insaisissable qui serait intolérable s'il ne possédait la suprême légèreté, comme on sourit quand les choses deviennent sérieuses - qui connaît ce regard n'en est plus au simple orgasme mâle, il a établi en lui-même la femme et par conséquent cet espace érotique qui réside non dans la courte extase des culminations mâles mais dans le "point d'orgue", qui n'a même pas besoin en réalité du coït comme clef et qui dans tous les cas est un espace féminin. Mais l'homme ne peut y demeurer longtemps. Il y a l'amour qui commence par le grand regard long, qui culmine dans ce regard et doit disparaître avec lui. La musique a là-dessus son mot à dire: au deuxième acte de Tristan, on trouve quelque chose de cette situation, le regard immobile presque sans contact. Il n'est pas plus le substitut chaste ou le "signe" du commerce sexuel que le duo des regards plongés l'un dans l'autre n'est cette musique. Mais tout serait plus vrai si Tristan lui-même abandonnait Iseult, ce Venusberg nullement souterrain, situé au contraire très haut et très loin, où seule l'amante peut continuer de respirer, où seule peut aimer la femme à l'oeil grand ouvert d'une ivresse sans acune ombre, mais aussi impénétrable. L'homme peu après détourne lâchement le regard, à moins qu'il ne cherche dans ce silence sans fenêtre l'espace de tout ce qui est important, de tout ce qui lui tient à coeur profondément, afin d'y pouvoir demeurer. Il est rare que l'infidélité et la fidélité aient un plus terrible lien dans le même acte, l'amour mâle s'éteint facilement dans le rien-que-l'amour qui pour la femme est le tout. Ce n'est pas auprès de la femme insatiablement érotique qu'échoue l'homme normal. Il réussit auprès d'elle quand la nature de ces femmes s'apparente d'assez près à celle de l'art.Ernst Bloch, 1968, Traces, Paris: Gallimard, pp.74-75.
Inscription à :
Articles (Atom)

