vendredi 27 juin 2008
Quand Olibrius fut Maître et Roi
Olibrius entre. Il est petit, dégarni, les cheveux qui lui restent sont blancs et forment une couronne. Il porte un polo de couleur jaune, un bermuda, de petites socquettes blanches. Il a des molets de coqs. Il se dirige vers le comptoir de la bibliothèque où deux hommes discutent, l'un d'entre eux est assis devant son ordinateur alors que l'autre se tient debout en face de lui, accoudé au comptoir. Olibrius salue d'une grosse voix les deux types qui visiblement le connaissent bien.
OLIBRIUS: Dis-moi, comment est-ce qu'on fait pour chercher une référence bibliographique ici? J'ai une liste de bouquins là, que je voudrais trouver...
Les deux autres rient:
LE BIBLIOTHECAIRE: Ah, tu travailles ici et tu ne sais pas te servir des ordinateurs, toi l'informaticien?
OLIBRIUS: Et non, c'est vrai... Je ne viens jamais ici.
Le bibliothécaire inspecte le papier d'Olibrius et entame une recherche sur l'ordinateur. Il s'en va.
OLIBRIUS: Et toi Jacques comment tu vas? ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu...
JACQUES: Ben écoute, ça va.
OLIBRIUS: Bientôt les vacances?
mardi 24 juin 2008
Visagéité

De même la forme de la subjectivité, conscience ou passion, resterait absolument vide si les visages ne formaient des lieux de résonance qui sélectionnent le réel mental ou senti, le rendant d'avance conforme à une réalité dominante...
...Le visage est lui-même redondance. Et il fait lui-même redondance avec les redondances de signifiance ou de fréquence, comme avec celles de résonance ou de subjectivité. Le visage construit le mur dont le signifiant (ou le ballon?) a besoin pour rebondir, il constitue le mur du signifiant, le cadre ou l'écran. Le visage creuse le trou dont la subjectivisation a besoin pour percer, il constitue le trou noir de la subjectivité conscience ou passion, la caméra, le troisième oeil."
lundi 23 juin 2008
Cioran et Grimault
Amis de la philosophie et fidèles à notre maigre contribution sportive -d'une jambe- intitulée "L'Eclopé". Voici un bref extrait de M. Grimault qui s'excuse d'avoir comparer les roumains à des "voleurs de poules", pas de coqs! Pris dans son élan, à travers une défense implacable, des arguments de chocs: "Car... J'aime le peuple roumain". Il finira par citer, au sommet de son art, le philosophe E. Cioran, dans le texte, en gage de son amour éternel et de sa reconnaissance: "Je ne suis qu'un plaisantin"...
Parrhèsia et Idiôtès
Platon sophiste
Paul Ricoeur
Petit sifflet, musique légère -début d'une ritournelle?- et brutalement: la question à poser au philosophe, moins fragile que les autres,
"Votre mort vous y pensez souvent?"
dimanche 22 juin 2008
Chauvinisme
LE MONDE. Article paru dans l'édition du 20.06.08
jeudi 17 avril 2008
Un pays différent des autres
Mais que s'est-il passé chez vous ces deux dernières semaines? me demande l'ami étranger. Mah, je réponds, un ministre a été accusé de concussion. Beh, dit l'ami, rien d'étrange, cela est arrivé aussi chez nous. Comment a réagi le gouvernement? Il lui a assuré de sa solidarité morale, je réponds. Juste, dit l'ami, le gouvernement doit présumer que, jusqu'à ce qu'il ne soit pas prouvé que le ministre a vraiment commis un crime, il soit une personne bien, autrement il ne l'aurait jamais coopté. Plutôt, continue, l'ami, dis-moi qu'a fait le ministre. Je réponds que, pour être libre de défendre son honneur et ne pas mettre dans l'embarras le gouvernement, il a donné sa démission. L'ami observe que nous sommes vraiment devant une personne digne du plus grand respect. Ainsi il se fait dans les pays civilisés.
lundi 7 avril 2008
De la Vérité
Amos Oz, 1995, Les deux morts de ma grand-mère, Ed. Folio, pp.74-75.
