lundi 19 novembre 2007
jeudi 15 novembre 2007
L'art de créer des liens sur le net, essai sur l'illusion pronétarienne
lundi 12 novembre 2007
L'Eloge de l'amour (Godard, 2001)
_ Connaissez-vous la phrase de Saint-Augustin: "La mesure de l'amour, c'est aimer sans mesure..."
_ Oui.
samedi 10 novembre 2007
Hommage à Jean-Luc Godard
Il était difficile d’imaginer ce qui pouvait nous attendre, après de nombreuses années d’absence et l’hermétisme si entretenu par l’auteur du Mépris et révéré par de sombres adorateurs, issus de petits milieux intellectuels, qui peuplent, je pense, toute bonne ville respectable. Durant la quinzaine, la place revenait à 10 francs ou peut-être moins, bien moins cher que d’habitude. Je me souviens que la petite salle du cinéma de province où je m’étais rendu était pleine et que cela constituait déjà un événement.
Le film s’appelait « L’éloge de l’amour ». Il avait la particularité d’être filmé en partie en couleur, en numérique, puis en noir et blanc, dans un autre format. Cette distinction constituait une manière de différencier le passé (traité en couleur) et le présent (traité en noir et blanc) du récit et de situer l’expérimentation de l’auteur. Je ne saurais pas vraiment que dire de plus au sujet de ce film. Il me semble que le personnage principal, joué par Putzulu, écrivait une thèse d’histoire, quelque chose d’assez fastidieux et ennuyeux, et s’interrogeait sur la Résistance en Europe, au cours de la dernière guerre, et ses fondements et son idéologie. Je me souviens qu’il faisait souvent référence aux écrits de Simone Weil, et par la même occasion, à son attachement et sa conversion au christianisme. Le film suivait ainsi la pensée et les réflexions encore brutes et schématiques du personnage, les amorces et les digressions d’un homme en prise avec l’Histoire et sa compréhension, passant d’une référence à l’autre, comme d’une liane à l’autre, baladé dans une jungle ténébreuse et insoluble. Il était question de la mémoire, du temps, de la vieillesse, de la vérité établie par l’histoire… De son efficacité.Il est possible que j’invente, mais je me souviens avec précision de la projection, qui eut lieu un samedi, au cours de l’après-midi. Je revois la petite salle tapissée de rouge qui s’est vidée avant la fin du film, à mesure qu’il vacillait entre les jeux de couleurs surexposées et poétiques, cadrant la mer et les routes automnales, les citations piquées à la volée, comme des gifles. C'était aussi amusant d'observer le visage des déserteurs qui s’échappaient dans l'ombre, par petits groupes ou courageusement seuls, exaspérés par le spectacle. Il y avait également ceux qui soupiraient en regardant leur montre, comme pour signifier leur empressement et prétexter d’un geste agacé l’urgence d'un rendez-vous. La salle se transforma rapidement en un théâtre exposant tout à la fois le désastre et la magie du cinéma. Nous ne fûmes plus que quelques uns lorsque la lumière réapparut, à peu près une dizaine. Un ou deux spectateurs s’étaient appremment endormis, d'autres avaient pris le parti de rester jusqu’au bout, de suivre ou de comprendre ou parce qu’ils avaient payé leur entrée. D’autres plus navrant encore étaient restés par snobisme, non par égard au maître, mais aux petits cercles bourgeois dont ils faisaient partie. Je fus d'ailleurs stupéfait d’apprendre que le fait de rester et « de ne pas lâcher prise » ne correspondait pas à de l’intérêt, mais plutôt à un acte insidieux de "résistance" qui désignait une forme de discrimination sociale et intellectuelle… Reconnaissons le mérite indéniable de Jean-Luc Godard: celui de nous révéler ce précieux ridicule, chèrement acquis.
J’ai relevé cette phrase magnifique dans la presse, que je vous livre telle quelle :
"Il y a un non sens absurde dans cette authentique quête de sens…"
Magnifique, non?
Vive Godard! Vive la Suisse Libre!
Y-
A bout de souffle (Jean-Luc Godard)
A bout de souffle
Vidéo envoyée par Servietsky
dimanche 4 novembre 2007
samedi 3 novembre 2007
Salvador Dali, Le Christ de Saint de la Croix, 1951
Notre premier sondage a montré que la singulière perspective du tableau de Salvador Dali, intitulé Le Christ de Saint Jean de La Croix (1951), illustrant la crucifixion en plongée était perçue comme Vertigineuse, à 41%, Mortelle, à 35%, Casse-Gueule, à 17% et Rassurante, à 5%.
17 personnes ont participé:
Rassurant ! 1 votant (5%)
Casse-gueule ! 3 votants (17%)
Mortel ! 6 votants (35%)
Vertigineux ! 7 votants (41%)
Analyse:
On constate en somme que la position du Père reste délicate (Vertigineuse !) et que peu de gens seraient près à l’adopter et à soutenir l’affront de voir leur fils mourir en d’atroces souffrances (Mortel !), en d’autres termes c’est une position « Casse-Gueule », à condition de connaître les secrets de la Résurrection. La situation devient alors Rassurante !
Un Grand Malade a donc voté et nous savons qui c'est...

Nous l'avons retrouvé et lui avons posé quelques questions essentielles à la compréhension de cette oeuvre étonnante et magistrale.
EXTRAIT:
Notre reporter: Vous prendriez-vous pour Dieu le Père? Saviez-vous que la place était déjà prise et même très disputée au moment de réaliser cette toile ?
Dali: Voyez-vous, j'ai tenté au contraire de démocratiser l'espace, car je pense que le ciel est un concept fondamental qui n'est qu'une frontière de l'esprit, c'est pourquoi j'ai représenté cette vue pour penser le lien entre le spectateur et le Père et signifier ainsi la nécessité de réhabiliter la crucifixion à sa juste place, soit au milieu [...]
COMMENTAIRE:
La composition de cette œuvre populaire, sans doute la plus représentative de la période mystique de Dalí, est inspirée d’un dessin réalisé par saint Jean de la Croix au cours d’une extase et qui est conservé au couvent de l’Incarnation à Avila. Le point d’eau représenté en bas sur le tableau évoque la baie du Port de Lligat où vécut le peintre, en Catalogne. Le personnage présent à côté du bateau et la mise en scène sont une référence à un tableau de Velásquez, intitulé La Reddition de Breda, qui doit son nom à l’événement datant de 1635. Ce tableau s’illustre par la structuration de l’espace et l’intégration de l’homme au rang de paysage, ce qui caractérise l’âge classique.
Salvador Dalí avait livré quelques commentaires sur sa période mystique et a ainsi donné quelques pistes quant à son choix de perspective. On découvre que la représentation du ciel est d’ailleurs déterminante dans son travail -ce qui illustre la pertinence de notre questionnement, notre modestie ou l'aspect contagieux de sa mégalomanie :
« Le Ciel, voilà ce que mon âme éprise d’absolu a cherché tout au long d’une vie qui a pu paraître à certains confuse et, pour tout dire parfumée au soufre du démon. Le Ciel ! Malheur à celui qui ne comprendra pas cela. […] Le Ciel ne se trouve ni en haut, ni en bas, ni à droite, ni à gauche, le Ciel est exactement au centre de la poitrine de l’homme qui a la Foi. »
Dalí nous a donné plus tard sa vision du mysticisme, qui apparut à la fin des années 40. Période durant laquelle tout bon artiste surréaliste, désormais à l'abri du danger, s'est engagé :
« L’explosion atomique du 6 août 1945 m’avait sismiquement ébranlé. Désormais l’atome était mon sujet de réflexion préféré. Bien des paysages peints durant cette période expriment la grande peur que j’éprouvais à l’annonce de cette explosion, j’appliquais ma mémoire paranoïaque-critique à l’exploration de ce monde. Je veux voir et comprendre la force des lois cachées des choses pour m’en rendre maître évidemment. Pour pénétrer au cœur de la réalité, j’ai l’intuition géniale que je dispose d’une arme extraordinaire : le mysticisme, c’est-à-dire l’intuition profonde de ce qui est, la communication immédiate avec le tout, la vision absolue par la grâce de la vérité, par la grâce divine. Plus fort que les cyclotrons et les ordinateurs cybernétiques, je peux en un instant pénétrer les secrets du réel... À moi l’extase ! m’écriai-je. L’extase de Dieu et de l’homme. À moi la perfection, la beauté, que je puisse la regarder dans les yeux. Mort à l’académisme, aux formules bureaucratiques de l’art, au plagiat décoratif, aux aberrations débiles de l’art africain. À moi Thérèse d’Avila !… C’est dans cet état de prophétisme intense que je compris que les moyens d’expressions picturaux ont été inventés une fois pour toutes avec le maximum de perfection et d’efficacité à la Renaissance et que la décadence de la peinture moderne vient du scepticisme et du manque de croyance, conséquence du matérialisme mécaniste. Moi, Dalí, réactualisant le mysticisme espagnol je vais prouver par mon œuvre l’unité de l’univers en montrant la spiritualité de toute substance.»
Rappelons que l'Espagne crevait à l'époque sous la dictature franquiste et qu'il fût bon alors de réactualiser le mysticisme espagnol.
Shalom.
Y.
Mourir à plusieurs
Des frigos, des multi robots
Des huiles de vidange, des gaz à gogo
Des liquides toxiques pour bien qu'elle astique
Et du silicone pour être esthétique
Ca fait moins peur
De mourir à plusieurs
Avec ardeur, nous sommes nos fossoyeurs
Des anti-moustiques, des bonbons chimiques
Des plaques tectoniques ou la bombe atomique
Des sacs en plastique, des boissons qui piquent
Des armes automatiques dans les villes touristiques
Ca fait moins peur
De mourir à plusieurs
Oh quel bonheur, nous sommes nos fossoyeurs
Des hommes politiques super fantastiques
Sans aucune éthique aux desseins tragiques
Des nostalgiques de la chaise électrique
Des frustrés cyniques qui règlent le cirque
Ca fait moins peur
De mourir à plusieurs
Avec ardeur, nous sommes nos fossoyeurs
Ca fait moins peur
De mourir à plusieurs
Oh quel bonheur ! Nous sommes nos fossoyeurs
Arno (2006)
BHL ou les grandes lettres du monde intellectuel français
Le grand et beau BHL, rien à avoir cependant avec les initiales du Bar de l'Hôtel de Ville, montre ici l'étendue de son panache, de sa rage et de son combat contre toutes les injustices, particulièrement celles qui touchent à sa propre personne. Il n'est pas homme à rire ou à plaisanter, Bernard ! D'ailleurs, il n'est pas philosophe, pas plus qu'écrivain et il le prouve ici ! Cet homme serait volontiers boxeur, particulièrement quand l'adversaire est à terre... C'est en cela que le commentaire de Desproges est intéressant. On découvre en effet, au cours de ce bref extrait « d’entartage », la véritable nature du personnage médiatique : ténébreux bellâtre, coutumier des plateaux télés alors de retour du « terrain » et de ses méandres. L’homme connu pour ses longues poses et chemises blanches, ouvertes, faisant ainsi illusion d'une pensée profonde, lorsqu’elle n’est pas nichée dans le confort de la grande bourgeoisie parisienne, n’est en vérité qu’un cuistre !
vendredi 2 novembre 2007
Ma Bohème
Mon paletot soudain devenait idéal;
J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal;
Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées!
Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!
Arthur Rimbaud (1870)
jeudi 1 novembre 2007
Car ce sont de mauvaises herbes difficiles à arracher
"Ce sont des mauvaises herbes difficiles à arracher".
Y. J.


