mardi 2 avril 2013

Les sondages disparus de l'Elysée

par Gérald Andrieu - Marianne. 02.04.2013.

Au Palais, on ne trouve plus trace des sondages commandés par l'ex-président entre 2011 et 2012. Serait-ce parce que, payés par le contribuable, ils venaient informer... le candidat? Enquête.

Disparus, envolés, évanouis dans la nature. Les sondages payés par l'Elysée lors de la dernière année du quinquennat Sarkozy sont... introuvables ! Raymond Avrillier, militant écologiste grenoblois, a pourtant essayé de mettre la main dessus. Requérant méticuleux, citoyen acharné, l'homme avait réussi jusque-là un joli coup : il était parvenu, au prix d'un long bras de fer avec l'administration, à se faire communiquer par les services de la présidence de la République les enquêtes d'opinion commandées au début du quinquennat auprès, notamment, du cabinet Publifact de Patrick Buisson, le Docteur Folamour ès sondages de Nicolas Sarkozy. Il avait reçu par cartons entiers les documents de la première affaire de cet épique quinquennat : l'affaire dite « des sondages de l'Elysée ».
 
Voilà que les dernières études, elles, sont portées disparues. A commencer par celles, hautement sensibles, réalisées lors de l'année précédant la présidentielle de 2012. « Les études n'ont pas été transmises au service financier et ne sont pas en sa possession », lui écrit Bernard Trichet, directeur du service financier et du personnel de l'Elysée, en juillet 2012, après avoir promis à Raymond Avrillier, le 4 mai 2012, de les lui envoyer. En janvier 2013, c'est au tour de Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande, de reconnaître son incapacité à transmettre les « études manquantes » : « Après consultation du service des archives et des anciens secrétariats des membres du cabinet chargés de ces questions sous le précédent mandat, il apparaît que lesdits documents n'ont pas été conservés à la présidence de la République. » La Cour des comptes elle-même, dans son rapport public de décembre 2012 sur la gestion de l'Elysée à la fin de l'ère Sarkozy, explique qu'ils « ne [lui] ont pas été transmis, pas plus qu'au service financier ou au service des archives de la présidence ». Et de préciser : « Cette situation n'a pas permis à la cour de s'assurer du rattachement de ces dépenses à l'activité présidentielle. » Car c'est bien là le problème.
Les sondages disparus de l'Elysée

 
Les sondages disparus de l'Elysée

Et les comptes de campagne ?

Sans pouvoir consulter le contenu des sondages datés de 2011 et 2012, comment savoir si ces enquêtes payées par le contribuable venaient éclairer le président de tous les Français ou le candidat de la seule UMP ? Cette question est légitime à plus d'un titre. En octobre dernier, Marianne révélait ainsi une incongruité dans les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy parue au Journal officiel et pourtant ignorée de tous. En 2012, le candidat de la droite aurait dépensé 548 000 € de moins en matière de sondages et de communication qu'en 2007. Un demi-million d'euros disparus comme par enchantement ! On veut bien croire à une restriction budgétaire, mais il y a des limites : ainsi, pour la présidentielle de 2012, Sarkozy était-il le seul « gros » candidat à ne déclarer, comme les « petits », Cheminade, Poutou ou Arthaud, aucuns frais à la rubrique « conseil en communication »...

Des études et des conseils en com à l'attention du candidat auraient-ils été payés par le Château ? C'est la question à un demi-million d'euros ! On sait, par exemple, factures à l'appui, que, début 2011, un sondage Ifop portait sur « les sympathisants socialistes et la question de l'islam ». Que, au mois de juillet suivant, une « étude qualitative » du même institut s'intéressait à « l'électorat écologiste » et que, en septembre, enfin, c'est l'impact d'un passage à la télévision de Marine Le Pen qui était sondé ! OpinionWay, en février 2011, passait aussi au crible l'interview de Dominique Strauss-Kahn dans le 20 heures de France 2. Des centres d'intérêt très... électoraux !

Pas d'archivage

Si l'on en connaît certains thèmes, les études, elles, se seraient donc volatilisées. Ont-elles seulement été réalisées ? Si ce n'est pas le cas, il s'agirait alors de prestations fictives facturées plusieurs centaines de milliers d'euros à la présidence. Auraient-elles été égarées ? Difficile à croire : la boulimie sondagière de Sarkozy en début de mandat se comptait déjà en volumineux cartons. Peut-être alors ces enquêtes d'opinion ont-elles été exfiltrées ou passées à la broyeuse à l'heure du grand déménagement de l'Elysée ? Cette étrange disparition de documents qui doivent pourtant être conservés et archivés a été révélée mi-mars par Raymond Avrillier au procureur de Paris. Ce militant qui, par le passé, contribua à la chute du maire UMP de Grenoble Alain Carignon estime aujourd'hui que ce « détournement de fonds publics » («fonds», au sens d'«archives») relèverait du pénal. Me Jérôme Karsenti, avocat de l'association anticorruption Anticor, a d'ailleurs informé de cette « disparition » le juge Serge Tournaire, chargé du dossier des sondages élyséens portant déjà sur des faits de favoritisme, de recel de favoritisme et de détournement de fonds publics. Voilà qui devrait apporter de l'eau au moulin du juge Tournaire. Selon une source proche de l'enquête, celui-ci progresserait en effet « à grands pas » dans ses investigations.

Ces sondages mystérieusement disparus devraient toutefois intéresser une autre vénérable institution : le Conseil constitutionnel. Fin décembre 2012, les comptes du candidat Sarkozy avaient été rejetés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Pour quelles raisons ? Nicolas Sarkozy ayant déposé un recours auprès du Conseil constitutionnel, les conclusions de la CNCCFP n'ont pas été rendues publiques. Selon plusieurs médias, certains déplacements datant d'avant son entrée en campagne officielle, le 15 février 2012, auraient été réintégrés, conduisant ainsi au dépassement du plafond de dépenses autorisées. Selon des informations transmises à Marianne par un haut dirigeant de l'UMP chargé des comptes de campagne, la CNCCFP aurait également réclamé que les contrats de travail de certains membres de l'équipe de campagne soient corrigés. Motif : ils débutaient « trop tard ». Est-ce parce que ces contrats prenaient effet, par exemple, une semaine avant la fin de la campagne ? Ou est-ce parce que la CNCCFP a jugé que la campagne du candidat président avait en réalité commencé bien avant la date « officielle » du 15 février 2012 ? Rien ne permet de répondre.

Cependant, dans la seconde hypothèse — campagne ouverte avant la date « officielle » —, la commission pourrait également demander que soient ajoutés aux dépenses de Nicolas Sarkozy les quelque 500 000 € portés disparus et révélés par Marianne. Avrillier, lui, considère qu'il faudrait « affecter aux comptes de campagne du candidat Nicolas Sarkozy » toutes les dépenses de l'Elysée en matière de « conseils en communication » et d'« études et sondages » à partir d'avril 2011. Soit, selon les estimations du militant isérois, plus de 1,3 million d'euros. Il l'a d'ailleurs suggéré par courrier à la CNCCFP. Mais comment savoir quelles sont les enquêtes qui étaient destinées au candidat puisque l'on sait désormais qu'elles ont disparu ?

Difficile d'en savoir plus pour l'instant. Le dossier est « en cours d'instruction », explique-t-on au Conseil constitutionnel. Les sages devraient rendre leur décision « avant la fin de l'année », peut-être « d'ici à l'été ». En tout cas, Nicolas Sarkozy, membre de droit dudit conseil, « ne siégera pas », assure-t-on. Il n'aurait d'ailleurs pas mis les pieds Rue de Montpensier depuis fin 2012.

Si jamais le Conseil constitutionnel suit l'avis de la CNCCFP, l'UMP perdrait automatiquement plus de 10 millions d'euros de remboursement de frais de campagne versés par l'Etat. Le non-remboursement ? Décidément, voilà un puissant outil de pression, y compris pour Jean-François Copé. Par le passé, le patron de l'UMP a fait savoir autour de lui, un brin bravache, que, « si Nicolas Sarkozy [l']emmerde, l'UMP ne remboursera pas sa campagne »...

Le "mystère français" : Le Bras et Todd sont-ils trop optimistes ?

par Coralie Delaume, in "L'arène Nue", Marianne,
le Dimanche 31 Mars 2013

Le "mystère français" : Le Bras et Todd sont-ils trop optimistes ? On connait les travaux d’Emmanuel Todd, qui aime à interpréter les grands mouvements de l’histoire à l’aune de phénomènes anthropologiques tels que les progrès de l’alphabétisation ou la baisse du taux de fécondité des femmes.

On se souvient également de L’invention de la France, co-écrit avec Hervé Le Bras. Les deux chercheurs y scannaient le territoire français pour mettre en lumière nombre de discontinuités, notamment quant aux structures familiales. Une France très diverse se dessinait alors, avec, schématiquement, deux grands ensembles : l’un caractérisée par la famille nucléaire et égalitaire, qui fut la France révolutionnaire L’autre (l’Ouest et une partie du Sud) historiquement catholique et conservatrice, terre d’élection de la famille-souche. Ainsi, Le Bras et Todd reprenaient à leur compte, pour l’appliquer à la France, la distinction établie par l’anthropologue Louis Dumont, entre les sociétés de type individualiste et égalitaire, et les sociétés de type holiste et hiérarchique.

C’est dans cette même optique que Todd et Le Bras publient aujourd’hui Le mystère français (Seuil, mars 2013). En complément de la démarche, par exemple, d’un Laurent Davezies, les deux auteurs entendent faire parler le territoire. Partant de l’hypothèse qu’il existe une « mémoire des lieux », ils proposent une vision alternative à celles de la sociologie ou de l’histoire, qui, parfois prisonnières de la mythologie du « roman national », tendent à gommer l’hétérogénéité. Un type d’approche matérialiste, en somme, si l’on accepte de définir le matérialisme autrement que comme un économisme réducteur. Car si les démographes entendent révéler « le primat des mentalités », c’est bien l’importance d’une infrastructure anthropologique, allant des traditions familiales et religieuses à la configuration de l’habitat, qu’ils mettent en lumière.

L’une de forces de cet ouvrage réside dans la présence de nombreuses cartes : plus d’une centaine. De sorte que le réel saute aux yeux. Un réel qui va à l’encontre de bien des idées reçues, conduisant les auteurs à un optimisme auquel on n’est guère habitué. De fait, ils décrivent une France différente du pays désenchanté que montrent parfois les sondages. Et, comme s’ils voulaient confirmer l’analyse faite ici par Guénaëlle Gault et Philippe Moreau-Chevrolet, ils tâchent de révéler un « optimisme inconscient de la société ».

La France irait mieux que prévu, donc, notamment grâce aux progrès très massifs de l'éducation. On acquiesce en partie. Todd et Le Bras excipent de chiffres sans appel : il y a plus de diplômés que jamais. Notamment, ce qui pourrait sembler un paradoxe, dans les zones structurellement les moins égalitaires, où se déploie le « catholicisme zombie » - concept central de l’ouvrage. Plus de diplômés certes, mais faut-il immédiatement se réjouir ? Quid de la qualité de diplômes, dont nombre d’enseignants attestent, expérience à l’appui, qu’elle ne cesse de baisser ? Et que faire de ces diplômes dans un pays déserté par l’emploi ? De cette « nouvelle pauvreté éduquée », identifiée par les auteurs ?

Si les cartes parlent, si le réel saute aux yeux, c’est parfois au corps défendant des deux chercheurs. Et l’optimisme - comme le souffle - vient à manquer lorsqu’on découvre les cartes comparées de l’industrie en 1968 et en 2008 (avant même la crise de 2009, donc), où celles qui témoignent de la relégation des classes populaires au plus loin des villes, là où toutes les difficultés – manque de transports, de services publics – s’accumulent. Pour nos auteurs, un facteur explicatif serait la globalisation, qui aurait perturbé le passage à une société postindustrielle équilibrée. Mais c’est aussi - et surtout - le résultat de trente années de politiques économiques d’orientation libérale, qui ont favorisé la globalisation au lieu de la contenir. Emmanuel Todd le sait mieux que personne, lui qui défend de longue date le protectionnisme, et fut l’un des soutiens d’Arnaud Montebourg et de la « démondialisation ».

Dans une seconde partie du Mystère français, les duettistes s’attèlent à tirer les conclusions politiques des données anthropologiques révélées. Certaines observations sont saisissantes, telle la rémanence du catholicisme dans les régions périphériques et ses conséquences sur les choix électoraux des Français. Décidément, ce « catholicisme zombie », d’autant plus structurant qu’il a cessé d’être une croyance, semble travailler en profondeur la société.

A la suite de politologues comme Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin, les démographes valident la thèse d’une droitisation du paysage politique, que ne démentent nullement les récentes victoires électorales d’une gauche elle-même « centrisée ». Symbolique de cette droitisation, le Front national est longuement évoqué, et ses mutations étudiées. Qu’il s’agisse de la doxa du FN « marinisé »ou de l’électorat auquel il s’adresse, la « métamorphose du FN » est mise en évidence. Ce qui est moins évident, en revanche, ce sont les perspectives proposées par les auteurs sur ce point, sans doute les plus optimistes de l’ouvrage.

Car pour Le Bras et Todd, « le phénomène FN est navrant mais nullement terrifiant, puisque clairement limité dans sa capacité d’expansion ». Ayant conservé, en dépit de son évolution, un « vieux fond culturel d’extrême-droite », le FN serait condamné à se confronter un jour au « fond révolutionnaire » de son électorat populaire. On peut douter. La récente élection législative partielle dans l’Oise semble au contraire avoir montré l’épuisement de la logique du « front républicain ». Comme l’explique ici David Desgouilles, à une UMP radicalisée sur les questions de l’islam et de l’immigration mais demeurée économiquement libérale, certains électeurs issus de la gauche préfèrent désormais un Front national également radical, mais eurosceptique et antilibéral.

Enfin, les clés mêmes de compréhension du Mystère français données par les auteurs peuvent conduire à de toutes autres conclusions que les leurs. S’il existe, dans la partie anciennement déchristianisée du pays, un substrat anthropologique nourrissant une exigence égalitariste forte, si cette exigence est sans cesse contrariée par les difficultés économiques et l’accroissement des inégalités, et si le communisme ne joue plus son rôle de « couche protectrice », on peut craindre, justement, les effets toxiques d'un choc en retour. N'est-ce pas déjà de cela qu'il s'agit lorsque l'ouvrage dévoile « la force de la droite en zone idéologique égalitaire »? Peut-on se contenter de n'y voir qu'un phénomène « pathologique »?

Il pourrait s'agir, au contraire, d'une sorte de « frustration égalitaire », qui risque de pousser des pans sans cesse plus larges de l’électorat dans les bras du FN. D’autant plus que celui-ci poursuit la « gauchisation » de son discours économique. D'autant que le cœur de sa stratégie consiste à se présenter comme le parti des sans-grade, des invisibles et de la lutte des petits contre les gros. Et d’autant que Marine Le Pen a parfaitement intégré cette appétence très française pour la « dimension d’incarnation1 » (Laurent Bouvet) du pouvoir politique.

« L'optimisme des démographes » les conduit à ignorer cette hypothèse. On ne peut que souhaiter qu'ils aient raison.

L'Etat tente la reconquête de 39 cités de Marseille

Le Monde 

De l'aveu en politique

Michel Foucault décrivait il y a vingt ans le rôle fondamental de l'aveu dans notre société. L'aveu, contribuant à l'éclosion de la vérité, a contribué à l'apanage d'une société qui avoue.
 
"Faute admise, à moitié pardonnée", dit le proverbe. Mais que devient le mensonge, l'acte de foi du politicien qui prend la parole et s'engage? Quel est le sens de la morale?

Cahuzac : Hollande a pris "acte avec grande sévérité des aveux"


Le Monde


Le président François Hollande et Jérôme Cahuzac, le 4 janvier 2013 à l'Elysée.
Le président François Hollande et Jérôme Cahuzac,
le 4 janvier 2013 à l'Elysée. | AFP/MIGUEL MEDINA

La réaction de François Hollande ne s'est pas fait attendre très longtemps. Le chef de l'Etat a pris "acte avec grande sévérité des aveux de Jérôme Cahuzac", explique un communiqué de l'Elysée. L'ancien ministre du Budget a "commis une impardonnable faute morale" en "niant l'existence de ce compte devant les plus hautes autorités du pays ainsi que devant la représentation nationale". Jérôme Cahuzac a avoué mardi 2 avril avoir détenu des comptes en Suisse pendant des années et en posséder toujours un à Singapour, avec plus d'un demi-million d'euros dessus.
 
Jean-Marc Ayrault a exprimé sa "tristesse et sa consternation". "Un homme politique doit être irréprochable. Il doit, plus que tout autre citoyen, respecter la loi", ajoute dans un communiqué le Premier ministre, pour qui "le mensonge n'est pas acceptable en démocratie".
 
LE PS VEUT QUE CAHUZAC S'EXPLIQUE

Au PS, la plupart des cadres n'en reviennent pas. "Les bras m'en tombent, je n'ai pas de mots", a expliqué Arnaud Montebourg, en déplacement à Marseille. "C'est un rude coup pour la parole publique", a ajouté le ministre du redressement productif, estimant qu'il est "difficile à admettre" que des "déclarations solennelles devant le président de la République et la représentation nationale" soient "fausses".
 
Harlem Désir a lui été "stupéfait" et "choqué par "les faits", "inacceptables " et "le mensonge", selon le porte parole du PS David Assouline. "C'est très grave, il a menti à la représentation nationale", s'est indigné de son côté le porte-parole des députés, Thierry Mandon. Selon lui, Jérôme Cahuzac est "disqualifié moralement" pour "revendiquer un mandat de parlementaire". L'ancien ministre du budget devait réintégrer son poste de député après avoir démissionné du gouvernement.
 
La députée de Paris, Annick Lepetit, souhaite quant à elle que Jérôme Cahuzac revienne à l'Assemblée nationale, pas pour y siéger, mais pour "s'expliquer de son mensonge". L'ancien ministre avait toujours nié devant les parlementaires détenir un compte à l'étranger.

De la pauvreté infantile, Unicef 2012

Energie, allocations, contraception : ce qui change au 1er avril


Une aide à domicile en milieu rural dans le Calvados.
Une aide à domicile en milieu rural dans le Calvados. |
AFP/MYCHELE DANIAU
 

Les retraites, le minimum vieillesse et les prestations familiales sont revalorisées, le prix du gaz baisse légèrement. La pilule devient gratuite pour les mineures, l'IVG est remboursée à 100 %.
 
 
 
  • L'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA)
Le minimum vieillesse augmente de 1,3 % au 1er avril, soit une revalorisation identique aux pensions de retraite. C'est la première fois depuis cinq ans que le minimum vieillesse ne bénéficie pas d'un coup de pouce avec une revalorisation supérieure à celle des pensions de retraite de base. En 2012, l'allocation de solidarité aux personnes âgée (ASPA) avait progressé de 4,7 %, contre 2,1 % pour les retraites.
Sous le précédent quinquennat un effort particulier avait été fait pour cette allocation, qui avait augmenté au total de 25,1 %. Mais auparavant le minimum vieillesse était également revalorisé comme les retraites. L'ASPA est versée en complément des revenus de personnes démunies qui n'ont pas suffisamment cotisé pour toucher une pension de retraite, afin de leur assurer un revenu de subsistance. L'an dernier le montant maximum mensuel de cette allocation pour une personne seule était de 777,16 euros, un revenu toutefois inférieur au seuil de pauvreté (954 euros).
 
  • Prestations familiales
Les prestations familiales sont elles revalorisées de 1,2 %.

  • Contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie
Une taxe pour financer la dépendance est institutée avec la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie (CASA), qui sera prélevée à hauteur de 0,3 % sur les pensions de retraite, de préretraite (pour les salariés et non-salariés) et sur les pensions d'invalidité.

Prévision d'inflation pour 2013 servant de base à la revalorisation des pensions des régimes de sécurité sociale et des prestations familiales
 
  • Contraception et IVG
Les pilules contraceptives de première et deuxième générations deviennent gratuites pour les jeunes filles âgées de 15 à 18 ans, qui pourront l'obtenir auprès des pharmacies sur ordonnance et en présentant la carte vitale de leurs parents. Cette mesure, promise par la ministre de la santé, Marisol Touraine, vise à faciliter l'accès à la contraception aux mineures et à réduire le nombre d'interruptions volontaires de grossesses (IVG), environ 12 000 par an. Elle était inscrite dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) voté à l'automne 2012. Elle s'applique également aux stérilets ou aux implants contraceptifs, selon le ministère.
 
La prise en charge à 100 % de l'interruption médicale de grossesse entre en vigueur : elle était jusqu'à présent remboursée à 100 % pour les mineures et entre 70 % et 80 % pour les femmes majeures.
 
  • Energie
Les tarifs réglementés du gaz de GDF Suez baissent de 0,6 %. La mesure qui avait été annoncée la semaine dernière par le ministère de l'écologie a été validée par le Commission de régulation de l'énergie (CRE). Dans une délibération mise en ligne sur son site, la CRE a estimé que cette baisse proposée par l'opérateur historique était conforme aux règles de calcul des tarifs du gaz. Cette petite baisse est la troisième appliquée depuis le début de l'année, après des reculs de 0,5 % et 0,3 % enregistrés le 1er février et le 1er mars. Les prix du gaz avaient à l'inverse augmenté de 2,4 % le 1er janvier.
Comme en février et en mars, ce petit coup de pouce supplémentaire aux consommateurs découle de la réforme des prix du gaz annoncée en décembre par la ministre de l'écologie et de l'énergie, Delphine Batho. Les prix du gaz sont désormais recalculés chaque mois (et non plus chaque trimestre), en fonction de facteurs en principe plus favorables aux consommateurs. Le repli des tarifs gaziers reste toutefois modeste par rapport à la flambée observée ces dernières années. En effet, les tarifs réglementés du gaz, qui concernent 85 % des 11 millions d'abonnés au gaz en France, s'étaient envolés au total de plus de 80 % entre la mi-2005 et le début de 2013.

Une synagogue millénaire de Damas pillée et ravagée

http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2013/04/02/une-synagogue-millenaire-de-damas-pillee-et-ravagee_3152195_3218.html

La Syrie est notre guerre d'Espagne



Le Monde
 
Qui veut appréhender la dimension universelle de la tragédie syrienne gagnera à se (re)plonger dans Hommage à la Catalogne (Gallimard, 1955) de George Orwell (1903-1950). Il y retrouvera les civils trop confiants dans la justesse de leur cause pour s'armer en conséquence. Les miliciens formés à la hâte derrière leurs barricades de fortune. Les trésors d'ingéniosité populaire pour faire vivre les familles les plus démunies. Et les querelles des différentes factions qui se disputent le contrôle d'une République pourtant menacée de toutes parts.
 
Ce parallèle avec la guerre d'Espagne a été tracé dans la presse dès septembre 2012, lorsque des reporters à Alep ont comparé les bombardements incessants de la ville à un moderne Guernica. Les éditoriaux dénonçaient en première page "un crime d'Etat sans précédent".
 
Plus de six mois se sont écoulés, les raids aériens n'ont pas cessé, pas plus que les barrages d'artillerie. Pire, les pilonnages aux missiles Scud se sont banalisés. Quant à l'utilisation avérée des armes chimiques par le régime Assad, elle est niée par les puissances occidentales : ayant tracé cette ligne rouge, elles refusent d'admettre qu'elle a été franchie, certes de manière ponctuelle, mais sans contestation possible.
 
PASSIVITÉ COMPLICE
 
Comme la République espagnole, la Syrie révolutionnaire souffre de la cobelligérance active des uns, de la passivité complice des autres et de l'intolérance partisane des derniers. La Russie et l'Iran sont aussi impliqués dans les crimes de masse de la dictature syrienne que l'étaient l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste aux côtés des franquistes espagnols.
 
La "non-intervention" des démocraties occidentales en 2011 est aussi fatale pour les démocrates de Syrie qu'elle le fut pour ceux d'Espagne en 1936.
 
Quant aux staliniens dénoncés par Orwell à Barcelone dès 1938, ils n'ont rien à envier aux djihadistes d'aujourd'hui en Syrie. Leur hiérarchie implacable et leur discipline aveugle leur permettent de compenser progressivement leur caractère ultraminoritaire.
 
Leur soutien sans faille par un parrain étranger, l'URSS en Espagne, des "mécènes" du Golfe en Syrie, leur confère un avantage terrible sur les formations locales, dramatiquement sous-équipées. Et leur projet totalitaire vaut négation des aspirations à la libération, hier du peuple espagnol, désormais du peuple syrien.
 
Après plus de deux années d'abstention coupable, aucune solution n'est dénuée de risque pour éviter une escalade dans l'horreur en Syrie. Seule l'installation d'une autorité révolutionnaire sur une portion du territoire libéré pourra renverser la course à l'abîme.
Mais pas un pouce de Syrie ne sera vraiment "libéré" tant que l'aviation d'Assad et ses blindés pourront le frapper en toute impunité. C'est en ces termes que se décline la problématique de l'approvisionnement en matériels antiaériens de l'Armée syrienne libre.
Les polémistes qui fustigeaient la solidarité du Front populaire avec les "rouges" espagnols n'employaient au fond pas d'autres arguments que les partisans acharnés de la "neutralité" en Syrie.
 
SURENCHÈRE DJIHADISTE
 
Quant à la question des "mauvaises mains" dans lesquelles les armes pourraient tomber, le Mali est là pour prouver que pas une seule arme livrée aux rebelles libyens n'a été découverte aux mains d'AQMI. En revanche, les djihadistes du Sahel se sont amplement servis dans les arsenaux de Kadhafi comme ceux de Syrie dans les stocks d'Assad.
 
L'universitaire sait trop le danger des analogies historiques, à manier avec doigté. La grande différence entre la tragédie d'Espagne et celle de Syrie est que le camp de la dictature sera défait, tôt ou tard.
C'est dans cette incertitude de calendrier que réside l'intérêt stratégique de la France et de l'Europe : une Armée syrienne libre victorieuse à court terme permettra à la coalition révolutionnaire de ménager une transition politique, tandis qu'une agonie prolongée favorisera la surenchère djihadiste, la polarisation confessionnelle et la déstabilisation régionale.
Hollande n'est pas Blum. Car Léon Blum, au moins n'ayant jamais promis d'armer la République espagnole, n'a pas eu à s'en dédire.
Mais l'actuel président pourrait méditer cette déclaration de François Mitterrand devant le Parlement européen, en 1989, au sujet de l'Intifada palestinienne : "Rien n'autorise cette répression continue où l'homme devient gibier et où reprend l'éternel va-et-vient de l'agresseur et de l'agressé, de celui qui tue, de celui qui meurt."
 
Un quart de siècle plus tard, l'Europe a encore failli. A la France d'assumer enfin ses responsabilités.

Le contribuable va devoir payer la défense de Guérini

Selon La Provence, le conseil général des Bouches-du-Rhône a voté vendredi 29 mars la prise en charge par la collectivité des frais juridiques de Jean-Noël Guérini, président PS de ce même conseil général, et Jean-David Ciot, député du département.
 
Au terme d'un vote vendredi matin, communistes, indépendants et la majorité des socialistes se sont prononcés en faveur d'un paiement de la défense au pénal de M. Guérini, et du licenciement de M. Ciot. La droite a voté contre. A gauche, note La Provence, seuls Michel Pezet, Marie-Arlette Carlotti et Janine Ecochard se sont abstenus.
 
M. Guérini avait été mis en examen le 5 mars pour détournement de fonds publics dans l'affaire du licenciement abusif présumé de M. Ciot, actuel premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, également mis en examen.
 
La justice s'intéresse aux indemnités touchées par M. Ciot au printemps 2011 lors de son licenciement après neuf années passées au cabinet de M. Guérini. Elle soupçonne derrière ce licenciement transactionnel une démission arrangée, destinée notamment à permettre à M. Ciot de se présenter aux élections législatives en juin 2012, à l'issue desquelles il a été élu député d'une circonscription d'Aix-en-Provence.
 
Le contribuable financera la défense de Guérini

 
La Provence - Marseille / Publié le vendredi 29 mars 2013 à 12H32

Au budget ce matin, le Conseil général des Bouches-du-Rhône vote la prise en charge des frais juridiques par la collectivité pour la défense au pénal de Jean-Noël Guérini et le licenciement de Jean-David Ciot.
La droite a voté contre. A gauche, seuls Michel Pezet qui a pris la parole, Marie-Arlette Carlotti et Janine Ecochard se sont abstenus. Communistes, indépendants et la majorité des socialistes ont voté pour. Le rapport a été adopté, le contribuable paiera.

Jean-Noël Guérini en garde à vue à Marseille

Le Monde 02.04.2013
Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône devait être entendu dans un des volets d'un vaste dossier portant sur des marchés publics présumés frauduleux dans le département. 
Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône devait être entendu dans un des volets d'un vaste dossier portant sur des marchés publics présumés frauduleux dans le département. | AFP/GERA





Le sénateur PS Jean-Noël Guérini est arrivé chez les gendarmes à Marseille pour être entendu en garde à vue dans le cadre d'un des volets d'un vaste dossier portant sur des marchés publics présumés frauduleux.
 
Le dossier pour lequel M. Guérini a été placé en garde à vue, à la demande du juge d'instruction Charles Duchaine – qui avait obtenu du Sénat une nouvelle levée de l'immunité parlementaire de l'élu en décembre – porte sur des malversations financières de grande ampleur touchant à des marchés publics de collectivités de Haute-Corse et des Bouches-du-Rhône. Il implique des membres présumés du grand banditisme, dont Bernard Barresi, arrêté en 2010 après dix-huit ans de cavale.
Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, arrivé seul, sans ses avocats dans un premier temps, devait être entendu par les enquêteurs à la mi-janvier, mais il avait été hospitalisé pour une péritonite.
Dans sa demande de levée d'immunité, le juge Duchaine avait évoqué un dossier "à caractère mafieux", précisant qu'il n'envisageait aucune mesure de détention ou de contrôle judiciaire à l'encontre de M. Guérini à l'issue de sa garde à vue et d'une éventuelle nouvelle mise en examen.
 
DES MARCHÉS SUSPECTS
L'enquête a identifié une série de sociétés ayant remporté des marchés dans des conditions suspectes auprès de collectivités, et dont les dirigeants étaient proches du frère de M. Guérini, Alexandre, un entrepreneur spécialisé dans les déchets, mais aussi du milieu marseillais.
De source proche du dossier, on indique que le sénateur pourrait être déféré à l'issue de sa garde à vue devant un juge pour une possible mise en examen, notamment pour des faits de trafic d'influence. Son frère Alexandre pourrait de nouveau être placé en garde en vue avant la fin de la semaine.
 
Jean-Noël Guérini est aussi mis en cause pour avoir "arrangé" le licenciement de Jean-David Ciot, élu depuis député PS d'Aix-en-Provence et responsable de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, et pour sa part mis en examen pour recel de détournement de fonds publics.
 
Malgré ses ennuis judiciaires, Jean-Noël Guérini a réaffirmé sa volonté de demeurer à son poste et a annoncé qu'il briguerait sa propre succession. C'est l'une des raisons qui ont poussé le Parti socialiste français à mettre sous tutelle la fédération des Bouches-du-Rhône, fragilisée par plusieurs affaires de corruption et paralysée par des querelles locales en vue des élections municipales de 2014. Vendredi, le conseil général des Bouches-du-Rhône a voté la prise en charge par la collectivité des frais juridiques de Jean-Noël Guérini et de Jean-David Ciot, député du département.

La mort de Lumumba, une mission du MI6 ?

Le Monde 02.04.2013
Patrice Lumumba, père de l'indépendance de la République démocratique du Congo, a été assassiné le 17 janvier 1961.
Patrice Lumumba, père de l'indépendance de la République démocratique du Congo, a été assassiné le 17 janvier 1961. | AF


Une mission pas si impossible. Un membre de la Chambre des lords britannique a évoqué l'hypothèse d'une implication de son pays dans l'assassinat en 1961 de Patrice Lumumba, héros de l'indépendance congolaise, assurant se baser sur les confidences d'une ex-agent des services secrets aujourd'hui décédée.
Dans une contribution au magazine London Review of Books d'avril, le lord travailliste David Lea affirme que Daphne Park, une ancienne cadre du MI6, lui a confié en 2010 avoir "organisé" cet assassinat jamais éclairci, pour lequel la Belgique – ancienne puissance coloniale – a admis "une responsabilité morale".

 
La confidence était reprise mardi 2 avril par plusieurs médias britanniques. Selon le Guardian, Daphne Park, surnommée "la reine des espionnes", était considérée comme l'un des meilleures agents secrets britannique durant ses quatre décennies de service. Elle aurait été envoyée par le MI6 au Congo belge en 1959 sous couverture diplomatique, alors que les Belges étaient sur le point de se faire évincer du pays.
 
CONFIDENCES AUTOUR D'UNE TASSE DE THÉ
"Je prenais un jour une tasse de thé avec Daphne Park – nous étions collègues, de bords opposés, à la Chambre des lords – quelques mois avant qu'elle ne meure en mars 2010", écrit l'ancien responsable syndical. "Elle avait été consul et première secrétaire à Léopoldville, aujourd'hui Kinshasa, de 1959 à 1961, ce qui en pratique (cela a été ensuite admis) signifiait qu'elle était chef du MI6 là-bas", poursuit-il.

"J'ai évoqué la controverse autour de l'enlèvement et le meurtre de Lumumba et la théorie selon laquelle le MI6 pouvait avoir joué un rôle. 'En effet', a-t-elle répondu. 'Je l'ai organisé'", affirme David Lea.
Toutefois, des doutes persistent, soulevés par des historiens et d'anciens officiels. Un ancien cadre de l'Agence britannique qui connaissait l'espionne a ainsi confié au Times : "Cela ne ressemble pas à Daphne Park. Elle restait toujours discrète. D'autant que le MI6 n'a jamais eu de permis de tuer."
 
L'OMBRE DE LA CIA
Premier chef du gouvernement du Congo-Kinshasa, Lumumba fut assassiné, le 17 janvier 1961, après la prise du pouvoir par Joseph-Désiré Mobutu, par des responsables du Katanga, région minière qui fit un temps sécession avec le soutien de la Belgique.
 
Les forces de sécurité belges ont été accusées d'avoir à tout le moins couvert l'opération, voire de l'avoir commanditée ou coordonnée. En pleine guerre froide, l'ombre de la CIA a aussi plané sur l'opération fatale au dirigeant congolais, jugé trop proche de Moscou.
Une commission d'enquête parlementaire belge de 2001 avait conclu à la "responsabilité morale" de la Belgique. Le gouvernement avait alors présenté les excuses de la Belgique au Congo. En décembre dernier la justice belge a annoncé qu'à la demande de la famille de l'ancien dirigeant congolais elle allait lancer une enquête sur cet assassinat.

Les cadres parisiens songent à quitter l'Ile-de-France

Plus de huit cadres parisiens sur dix envisagent de changer de région, beaucoup songeant à quitter la grisaille de la capitale pour le Sud-Ouest ensoleillé, selon une étude publiée dans le Journal du dimanche et réalisée par Cadremploi.
 
Selon l'enquête, 86 % des cadres pensent à quitter la région parisienne, plus d'un tiers (38 %) envisageant de le faire dans l'année. Interrogés sur leurs motifs, 27 % évoquent l'équilibre vie privée-vie professionnelle, 18 % l'attrait de la ville ou de la région et autant le prix de l'immobilier. Viennent ensuite la question d'un changement de carrière ou d'orientation, un rapprochement familial ou encore le niveau de rémunération.
Pour se retrouver dans une nouvelle région, 70 % des cadres seraient prêts à changer de métier ou de secteur. Ce sont avant tout les régions du Sud-Ouest qui attirent le plus les cadres (27 %) devant le Sud-Est (23 %) et l'Ouest (20 %), le Centre, l'Est et le Nord étant les moins attractifs.
 
Le Monde/AFP, le 02.04.2013