dimanche 1 février 2009

Le Tigre ou la Fouine

Cela devait arriver... Marc L. en a fait le premier l'expérience en France. (voir le lien suivant: http://www.le-tigre.net/Marc-L.html). Le tigre, cet animal majestueux déifié dans certaines régions du monde pour son allure et son élégance, ces longues rayures noires sur le dos, ses pleines moustaches, son poil rouge flamboyant et sa poitrine divinement blanche, prit certes des traits plus "cabots" en désignant en France les brigades du "père Clémenceau" en la personne de ces incorruptibles de la nation. Mais cette fois, il s'est transformé en un animal plus ingrat, plus petit, plus lâche, informe, en frappant bien sûr un grand coup mais si facilement, probablement grâce aux griffes dont il est doté. Il n'est pas moins qu'une fouine dans cette affaire et l'équipe à l'initiative de tout cela aurait bien pu s'octroyer un autre nom d'animal. Un carnivore? assurément! Mais une hyenne ou un chacal: une charogne, quoi... Le petit tigre impuissant dont il est question ici se définit comme un "curieux magazine curieux" qui piste ses proies sur le net, certes comparable à une jungle. "Le prédateur" derrière lequel se cache peut-être une équipe de nouveaux flics à la mode, d'artistes contemporains, a ainsi établi et publié pour la première fois, dans ses colonnes de papier et son site, le portait d'un de ces internautes parfaitement inconnu qui aura malheureusement égrainé ses traces sur la toile. L'animal aura bien sûr confirmé ce que nous savions déjà à savoir que le net constitue une extansion de la sphère publique et regorge d'informations sur ses usagers. Souvenons-nous en somme de cette maxime que certains d'entre nous pourraient regretter: "les paroles s'envolent, les écrits restent". Les moteurs de recherche, tels Google ou autre, les sites de "réseautage social" comme Facebook, Myspace, etc. (qui amènent d'ailleurs à s'interroger sur "le réseauteur" et le "réseauté") les documents numériques: pétitions, photos, circulant çà-et-là sont autant d'éléments qui peuvent être utilisés à charge contre soi. On peut se demander si ce coup de griffe n'est pas le premier d'une longue série de biographies du genre, d'autant que cette pratique est totalement légale dans la mesure où les informations spécifiées sont "librement accessibles" et tout à fait inattaquables sur un plan juridique. Le Tigre nous rappelle donc que nous sommes fichés, mais pas forcément par ceux que nous croyons: par nos proches, nos semblables et tout cela peut s'exprimer sous différentes formes ou à différentes fins, sous l'angle du voyeurisme, sous couvert d'une demande de renseignement, de l'innocence du savoir, de la vengeance... Et ce débalage peut se faire sur la place publique comme devant la lucarne secrète et solitaire d'un simple écran d'ordinateur. Il apparaît aussi nécessaire de considérer cet espace avec prudence, à défaut d'une législation extérieure, disons arbitraire, ou d'une meilleure maîtrise des informations données et échangées, de façon à ce qu'elles ne soient pas "traçables" et encore moins exploitables. Mais cela ne montre-t-il pas les contraintes d'un espace relativement récent et méconnu, apparemment très libre et flexible, ne présentant aucune réelle limite ? On conçoit que cet espace devienne ainsi le lieu de toutes les ambitions et de tous les fantasmes, l'objet d'une nouvelle fable où la fouine se prendrait pour un tigre.

M.Le Chat

Une Expérience sur la Perception Auditive

Le musicien de rue était debout dans l'entrée de la station de métro de L'Enfant Plaza à Washington DC. Il a commencé à jouer du violon. C'était un matin froid, en janvier 2007. Il a joué durant quarante-cinq minutes. Pour commencer, la chaconne de la 2ème partita de Bach, puis l'Ave Maria de Schubert, du Manuel Ponce, du Massenet et de nouveau Bach. A cette heure de pointe, vers 8h du matin, quelque mille personnes ont traversé ce couloir, pour la plupart en route vers leur boulot. Après trois minutes, un homme d'âge mûr a remarqué qu'un musicien jouait. Il a ralenti son pas, s'est arrêté quelques secondes puis a démarré en accélérant. Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : en continuant droit devant, une femme lui a jeté l'argent dans son petit pot. Quelques minutes ensuite, un quidam s'est appuyé sur le mur d'en face pour l'écouter mais il a regardé sa montre et a recommencé à marcher. Il était clairement en retard. Celui qui a marqué le plus d'attention fut un petit garçon qui devait avoir trois ans. Sa mère l'a tiré, pressé mais l'enfant s'est arrêté pour regarder le violoniste. Finalement sa mère l'a secoué et agrippé brutalement afin que l'enfant reprenne le pas. Toutefois, en marchant, il a gardé sa tête tournée vers le musicien. Cette scène s'est répétée plusieurs fois avec d'autres enfants. Et les parents, sans exception, les ont forcés à bouger. Durant les trois quarts d'heure de jeu du musicien, seules sept personnes se sont vraiment arrêtées pour l'écouter un temps. Une vingtaine environ lui a donné de l'argent tout en en continuant leur marche. Il a récolté 32 dollars. Quand il a eu fini de jouer, personne ne l'a remarqué. Personne n'a applaudi. Seule une personne l'a reconnu sur plus de mille personnes. Personne ne savait que ce violoniste était Joshua Bell, un musicien très fameux. Il a joué dans ce hall les partitions les plus difficiles jamais écrites avec un Stradivarius de 1713 valant 3,5 millions de dollars. Deux jours avant de jouer dans le métro, sa prestation au théâtre de Boston affichait complet avec des prix avoisinant les 100 dollars la place.

La prestation de Joshua Bell jouant incognito dans une station de métro a été organisée par le Washington Post dans le cadre d'une enquête sur la perception, les goûts et les priorités d'action des gens. Les questions étaient : dans un environnement commun, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté ? Nous arrêtons-nous pour l'apprécier ? Reconnaissons-nous le talent dans un contexte inattendu ? Une des possibles conclusions de cette expérience pourrait être : si nous n'avons pas le temps pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde jouant quelques-unes des plus belles partitions jamais composées, à côté de combien d'autres choses passons-nous ?
Dr M. Vatani

Aural Perception. DC Metro's Experience

Washington Post's aural experience made in the DC Metro. The famous violonist Joshua Bell plays in the Metro and everybody ignores him.

samedi 31 janvier 2009

Attali vs Sand

Au détour d'un bureau de presse: la lecture d'un entretien entre Jacques Attali et Shlomo Sand retranscrit dans l'Express. Le terme d'entretien est plutôt galvaudé pour qualifier cet échange, ce dialogue de sourds qui illustre deux points de vue opposés, fondamentalement inconciliables. Ce qui fait rire d'ailleurs, par cette absurdité révélée, ce jeu de ping-pong auquel se prêtent deux érudits qui se rapportent tantôt à l'histoire "mythique" puis à l'histoire "réelle", traduit aussi l'obstination et le doute, la dualité qui habite l'état d'Israël, le peuple qui s'y réfère.


http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/les-racines-et-le-doute-de-l-identite-juive_736405.html

Goldberg Variations 1-7 de J.S Bach (interp. Glenn Gould)

Quand on sait que cet interprète de génie était un grand misanthrope...

Ma résilience (Nâdiya)

La Résilience selon Nâdiya

La chanteuse expose sa vision de la résilience... qu'elle a manifestement confondu au départ avec le mot silence, puis résistance... On est alors en droit de se demander si cette affaire n'est pas qu'une histoire de syllabes, de pieds ou de rime. La présence de ce terme introduit par l'éthologue français Boris Cyrulnik peut en effet surprendre. Mais après tout cette notion peut tout à fait trouver sa place dans une chanson, dans la mesure où elle désigne la capacité des hommes à surmonter des épreuves traumatisantes à travers l'expérimentation d'actes de compensation. C'est un principe qui est d'ailleurs dans le registre de la chanteuse qui a, comme chacun sait, déjà surmonté tant d'épreuves, tel un roc ou "comme un rock", entend "vivre et survivre" et écouter, selon le titre de son tube: "parle-moi", sur la base de son expérience acquise au fil des années... La voici cette fois "debout", "face à [sa] résilience", "face à [elle]-même", observant fièrement le chemin parcouru, se félicitant avec sagesse et humilité de son parcours: femme méprisée puis chanteuse à succès, désormais émancipée, engagée quotidiennement dans le combat de Toutes... La tournure des paroles peut prêter à sourire mais on perçoit l'idée ! La chanteuse fait partie de ces jeunes gens qui chantent la réussite sur fond de misère sociale, comme ceux qui exaltent LA RUE, (pas la grève, ce combat n'est pas le leur), tout en prônant la voie d'une réussite immédiate, illégale ou méritante et vertueuse, quasi-divine... Ils traduisent ainsi l'arrachement d'une génération (notamment issue de l'immigration) à certains déterminismes, voire à la fatalité. Ce sont des "One self men" qui se sont faits "tout seul", selon l'expression de "la rue", de cet état sauvage qui s'étend jusqu'à Neuilly. On note que ces derniers n'ont d'ailleurs aucune culture politique, ce qui explique sans doute leur rapide adhésion au ventre mou du showbiz et l'inspiration qu'ils trouvent du côté de la musique militaire. C'est là le chant d'une époque...

Le monde du Meshugah

pas de vent et un petit train circule fidèlement et courtoisement autour de la caisse d'une échoppe, un gendarme qui aurait aussi un métier et, amusé, nul ne voit les hommes en bleu dans certaines bourgades reculées des Landes, un ronronnement bruyant dévale les rues et le ciel est comme cisaillé de tonnerre, les toits et les murs reflètent, teintent et apaisent l'air du gris-blanc des nuages, c'est le temps de la stabilité, du sursis précédant fraîcheur et timide bruine éparse,

jeudi 29 janvier 2009

Shlomo Sand

Shlomo Sand, historien israélien:
L'historien israélien Shlomo Sand a récemment publié un livre qui a soulevé l'attention par son titre provocateur, « Comment le peuple juif fut inventé ? », et par conséquent la polémique. Les critiques divergent à son égard. Il faut dire que la thèse de l'historien consiste à revoir l'unité du peuple juif.

Entretien avec l'historien (Télérama n° 3081)

http://www.telerama.fr/idees/israel-a-t-il-perdu-la-guerre-entretien-avec-l-historien-israelien-shlomo-sand,38589.php