Un champ de ruines socialiste. Voilà où prospère Marine Le Pen, candidate dans la 11e circonscription
du Pas-de-Calais, où Jean-Luc Mélenchon a décidé de se poser. C’est là
que, malgré le danger, les socialistes locaux passent leur temps à
ruminer leurs haines. Dernière passe d’armes : le choix du candidat PS
dans la circonscription, entre Albert Facon, actuel député, Jean-Pierre
Corbisez, maire d’Oignies, et Philippe Kemel, maire de Carvin. Premier
vote dans les sections en décembre, Corbisez arrive en tête. Facon
conteste le vote, dépose un recours, puis retire sa candidature.
Nouveau vote. Kemel gagne, Corbisez dépose un recours. Il trouve louche que la section de Carvin soit passée «de 140 à 293 adhérents en moins de dix mois». La fédération socialiste tranche en faveur de Kemel. «Tout a été examiné et analysé»,
dit Philippe Kemel, serein. Vendredi, au nom de l’union des forces de
gauche, Corbisez se proposait comme suppléant de… Mélenchon.
Dans la circonscription voisine, le député-maire socialiste de
Liévin, Jean-Pierre Kucheida, est l’objet d’une enquête sur
l’utilisation frauduleuse d’une carte bleue de la Soginorpa, société
gestionnaire des anciens logements miniers. Et à Hénin-Beaumont,
l’ex-maire (PS) Gérard Dalongeville a été mis en examen pour
détournement de fonds en 2009. Sa gestion calamiteuse a entraîné une
hausse de 85% des impôts.
Albert Facon, député sortant, est brouillé avec Jean-Pierre Corbisez,
qui fut son assistant parlementaire et l’a évincé en 2008 de la
présidence de la communauté d’agglomération. Et il ne manifeste guère
plus d’enthousiasme pour soutenir Philippe Kemel.«Il va falloir qu’il s’y mette enfin, parce que s’il n’est pas carré et puncheur, il ne tiendra pas le choc !» confiait-il récemment au quotidien la Voix du Nord.
Samedi, dans une salle bondée de partisans et de journalistes, Jean-Luc Mélenchon a conseillé aux socialistes locaux de «mettre entre parenthèses» «la bataille passionnante entre Pierre et Paul» pour savoir «qui a triché dans l’élection contre celui-là», parce que, «pendant ce temps, l’autre, elle fait son marché, elle fait ce qu’elle veut». Il promet d’y aller «rue par rue, porte par porte, cœur par cœur». Il n’a pas le choix : à Hénin-Beaumont, ce travail-là, le Front national le fait depuis presque vingt ans.
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